Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 30, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

*Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • L’EUR/USD poursuit son recul sous l’impulsion d’une BCE qui se veut prudente & de nouveaux débats sur une possible accélération du rythme de hausse de taux aux Etats Unis. Le cours de change fluctue autour de $1,0750.
  • Rebond de plus de 1% du ZAR avant la publication des conclusions de la réunion monétaire de la SARB. Le cours EUR/ZAR repasse sous le niveau de ZAR 14,0.
  • Livre sterling stable autour de £0,8650 au lendemain du lancement du ‘Brexit’
  • Marchés des devises assez stables ce matin. Inflation en Allemagne & PIB US à suivre.                                                                      

*Focus de la veille :  Lancement officiel du ‘Brexit’…La BCE soucieuse de ne pas provoquer un emballement des marchés…Poursuite des débats sur le « bon » nombre de hausse de taux de la Fed en 2017…Le candidat E.Macron soutenu par l’ancien premier ministre socialiste…Rebond des cours des matières  premières

Royaume-Uni  : La première ministre britannique Theresa May a fait parvenir au président de Conseil Européen, Donald Tusk, une lettre de 6 pages signifiant que le Royaume-Uni activait l’article 50 du traité de Lisbonne, synonyme de lancement officiel du processus de sortie hors de l’UE. Le ‘Brexit’ n’est plus un concept mais est désormais réel. Le ton de cette lettre se veut constructif et sous-entend une volonté de la chef du gouvernement britannique de trouver un terrain d’entente avec ses homologues européens pour éviter tout risque de sortie brutale sans accord. Dans sa lettre, May milite pour la mise en place rapide, en accord avec les membres de l’UE, d’une phase de transition afin d’atténuer les potentielles répercussions néfastes sur l’activité des entreprises britanniques que pourrait provoquer cette période d’incertitude ; et s’est montrée favorable à un accord permettant aux services financiers présents à Londres de continuer à travailler avec les pays de l’UE.

BCE  : L’agence Reuters rapporte que des sources proches de la BCE signalent que les banquiers centraux européens pourraient rester très prudents dans ses futures communications compte tenu de la réaction jugée « exagérée » des marchés suite aux légers ajustements opérés dans le communiqué de presse officiel et l’introduction du discours de Mario Draghi lors de la réunion de mars. La BCE veut éviter tout emballement des marchés alors que de nombreuses incertitudes demeurent et qu’une sortie du cycle accommodant n’est pas encore d’actualité, même si on commence à y penser du côté de Francfort. Cette annonce a pesé sur l’euro qui a reculé hier à son plus bas niveau depuis une semaine face au dollar américain (point bas observé à $1,0738 / clôture à $1,0766).

Etats Unis  : Deux responsables d’antenne régionale de la Fed, Rosengren de Boston et Williams de San Francisco, ne disposant pas tous les deux d’un droit de vote cette année au conseil de gouvernance, ont ouvert la porte à une possible accélération du rythme de normalisation monétaire par la Fed cette année. Selon eux, un scénario de trois hausses de taux dans les 9 prochains mois ne peut être exclu.

France : E.Macron a reçu hier un soutien de poids en la personne de l’ancien premier ministre socialiste Manuel Valls. Cette annonce a été très mal accueillie dans le camp du candidat socialiste B.Hamon qui parle de trahison.

Matières premières : Sous l’impulsion d’un rebond important des cours du pétrole (+2,1% pour l’indice Brent à $52,4 / +2,4% pour l’indice WTI à $49,5) et des prix des métaux (+1,8% pour le prix du minerai de fer côté sur le marché chinoise de Dalian), les devises sensibles aux fluctuations des matières premières telles que le dollar australien (+0,9%), le dollar canadien (+0,9%) ou encore la couronne norvégienne (+0,7%) ont enregistré hier la plus forte performance face à l’euro au sein de l’univers du G10 (devises des principales économies mondiales dites « développées »)

*Focus du jour : Une confiance des acteurs européens toujours au beau fixe ? (11h00)… Ralentissement attendu de l’inflation en Allemagne (14h00)…Estimation finale du PIB américain au T4 2016 (14h30…Theresa May livre ses premières indications en ce qui concerne la transformation du cadre juridique britannique)…Statu quo attendu de la part de la SARB (Afrique du Sud)

Zone Euro : Sous l’impulsion d’un redémarrage croissant de l’économie de la Zone Euro (indices PMI observés la semaine dernière à leur plus hauts niveau depuis 6 ans), la confiance des acteurs économiques européens (ménages & entreprises) tend à progresser également. Les économistes sondés par Reuters tablent sur une légère hausse de l’indice de sentiment économique général en Zone Euro au mois de mars (consensus : 108,3 vs 108,0 en février). Si ces projections se matérialisent, ce serait le plus haut niveau atteint par l’indice depuis 6 ans.

Allemagne : Après avoir atteint un pic depuis plus de 4 ans en février, la dynamique d’inflation générale pourrait reculer en mars pour la première fois depuis presque un an (consensus : 1,9% A/A vs 2,2% en février), la faute à une chute importante des prix de l’énergie en mars. Si ce léger ralentissement de la croissance des prix à la consommation se confirme, cela viendrait donner du grain à moudre au discours prudent de Mario Draghi qui répète depuis des mois que l’accélération récente de l’inflation n’a pas un aspect durable car principalement guidée par le rebond important des prix du pétrole depuis le point bas touché en février 2016. Dans ce contexte, la BCE aurait un argument de plus pour rester prudente dans sa communication (voir Focus de la veille).  

Etats Unis : Si les débats autour du « bon » nombre de hausses de taux devraient se poursuivre aujourd’hui alors que plusieurs membres de la Fed s’exprimeront publiquement (R.Kaplan de la Fed de Dallas & Loretta Mester de la Fed de Cleveland), les marchés jetteront un regard sur l’estimation finale des chiffres de croissance américaine lors du dernier trimestre de 2016. Les économistes tablent sur une légère révision à la hausse de ce chiffre de 1,9% à 2,0%, ce qui conforterait le choix de la Fed d’avoir opéré à une hausse de taux dès mars, et potentiellement stimulerait un nouvel intérêt des marchés pour le dollar américain alors que l’on commence à reparler de possible accélération du rythme de hausse de taux dans la bouche de certains banquiers centraux américains.

Royaume-Uni : Au lendemain du lancement officiel du ‘Brexit’, Theresa May doit s’exprimer aujourd’hui sur son plan afin d’assurer une transition efficace et sans accroc du cadre juridique et législatif européen actuellement en vigueur au Royaume-Uni vers un cadre intégralement britannique.   

Afrique du Sud : Les banquiers centraux sud-africains publieront en milieu d’après-midi les conclusions de leur dernière réunion monétaire. Parmi les 30 analystes sondés par Reuters, pas un seul n’envisage un autre scénario qu’un maintien des taux directeurs inchangés à 7,0%. Cependant, compte tenu l’émergence récente de nouvelles incertitudes politiques qui pèsent sur la confiance des investisseurs et acteurs économiques locaux, et le recul progressif de l’inflation vers la fourchette d’objectifs de 3-6% fixée par la banque, un scénario de baisse de taux pourrait être évoqué par les banquiers centraux. Si tel est le cas, le rand pourrait être confronté à de nouvelles pressions baissières.

EUR

 Déjà en prise depuis mardi avec un mouvement de normalisation baissière consécutif à une clôture de positions après la bonne performance enregistrée au mois de mars, l’euro a connu une nouvelle séance difficile hier. La devise européenne a reculé face à l’ensemble de ses pairs du G10, sous l’impulsion notamment de la divulgation d’informations suggérant que la BCE envisageait de rester prudente dans sa communication lors de sa prochaine réunion programmée fin avril, afin d’éviter tout emballement non justifié des marchés autour d’une possible stratégie de sortie du cycle accommodant actuel. Le cours EUR/USD a reculé de plus de 0,4% hier, ce qui porte ses pertes à 0,9% sur les deux derniers jours. Sans l’appui de la BCE, et compte tenu les incertitudes politiques persistantes en Zone Euro en marge des élections françaises qui arrivent, on peut penser que le cours de change reste encore un certain temps coincé sous le « plafond de verre » de $1,08, avec malgré tout une possibilité de franchir temporairement ce cours en réaction immédiate à une nouvelle décevante du côté américain, ou au contraire une réduction « inattendue » des risques politiques en Europe.

Un ralentissement de l’inflation en Allemagne viendrait donner du grain à moudre à la frange la plus pessimiste de la BCE (voir Focus du jour), et pourrait peser sur la valorisation de l’euro.

Aujourd’hui :  Indice de sentiment économique en Zone Euro / Inflation préliminaire en Allemagne

EUR/USD à 1,0752 (-0,13%)

USD

Le dollar continue sa marche en avant et reprend des forces grâce notamment à des fondamentaux économiques solides (croissance bien plus importante que prévue des promesses de vente de maisons en février : +5,5% M/M vs +2,4% attendu et -2,8% en janvier) et la multiplication des sorties de banquiers centraux américains aux discours optimistes à l’égard de l’économie américaine malgré les incertitudes qui entourent la réalisation de l’agenda de Donald Trump après l’échec de la réforme de l’Obamacare. Depuis le début de la semaine, on voit un consensus des membres de la Fed pour deux nouvelles hausses de taux en 2017 ; scénario déjà intégré par les marchés ; mais une volonté non dissimulée chez certains de considérer l’hypothèse d’une accélération du rythme de normalisation monétaire incluant trois nouvelles hausses de taux lors des neuf prochains mois. 

Une nouvelle fois, les sorties publiques des membres d’antennes régionales de la Fed seront très largement observées et commentées par les marchés. A suivre également, l’estimation finale du PIB au T4 2016 (voir Focus du jour).

Aujourd’hui :  Estimation finale du PIB au T4 2016

GBP

 Le ‘Brexit’ a enfin été officiellement lancé hier…et réouvert  toute une série de questionnement autour de la future direction prise par l’économie britannique, et donc par la livre sterling. Après avoir atteint un pic à £0,8736 en séance asiatique hier, le cours a finalement reculé, bien aidé également par les pressions baissières en action sur l’euro, sur fond de soulagement général des marchés. Après des mois de spéculations, le divorce est enfin lancé, aussi on devrait y voir enfin plus clair, notamment du côté européen qui est resté silencieux pour le moment. Par ailleurs, le ton conciliant de la lettre adressée par Theresa May au président du Conseil Européen tend à penser qu’un scénario de ‘hard Brexit’ n’est pas l’objectif du camp britannique, qui cherche au contraire à première vue à protéger ce qui fait la force de son économie (services financiers & commerce avec l’UE).

Après un recul observé à £0,8622, le cours EUR/GBP s’est finalement stabilisé au-dessus du seuil de £0,8650. Alors que Donald Tusk ne devrait pas envoyer avant demain aux 27 membres de l’UE une première ébauche de ce qui pourrait être la feuille de route européenne dans les négociations à venir, on suivra aujourd’hui les déclarations de Theresa May en ce qui concerne la transformation du cadre juridique et législatif actuellement en vigueur au Royaume-Uni. Alors que l’on n’attend pas de gros mouvements durant cette séance, la livre sterling reste cependant sensible aux rumeurs et informations liées au ‘Brexit’.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/GBP à 0,8656 (+0,02%)

CHF

Le cours EUR/CHF est repassé temporairement sous le niveau de ₣1,07 hier sur fond d’incertitudes générales avant le lancement officiel du ‘Brexit’. Cependant le ton conciliant de la lettre adressée par la première ministre Theresa May suggérant une volonté de construire un partenariat fort et étroit avec l’UE ont soulagé les marchés qui voient dès lors (du moins temporairement) se dissiper la perspective d’un « hard Brexit ». Le cours EUR/CHF a finalement clôturé à un niveau quasiment similaire de celui auquel il avait ouvert la séance, aux portes du seuil de ₣1,0730. Un recul de l’inflation en Allemagne devrait convaincre la BCE de rester prudente, et ainsi contenir le potentiel haussier du cours de change.

Aujourd’hui :   Indice économique  KOF

EUR/CHF à 1,0719 (-0,06%)


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