Actualités du marché des devises

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mars 23, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Léger recul de l’EUR/USD ce matin alors que les indices de confiance des ménages allemands (9,8 vs 10,0) et des entreprises françaises (104 vs 107) reculent, ce qui n’était pas anticipé par les marchés.
  • Le cours EUR/GBP chute à son plus bas niveau (point bas à £0,8628) depuis le 6 mars dernier en amont de la publication des nouvelles statistiques de ventes au détail (10h30).
  • Essoufflement du sentiment d’aversion au risque consécutif au rebond des marchés actions américains hier. L’EUR/JPY se maintient sous ¥120 tandis que le cours EUR/CHF remonte au-dessus du niveau de ₣1,0710.
  • Le dollar continue de naviguer en eaux troubles en attendant le discours de Janet Yellen et le vote ce soir par le Congrès de la réforme de l’Obamacare                                                              

Focus de la veille : Sentiment d’aversion au risque favorable aux « valeurs refuges »… Rebond du rand sud-africain vers ses plus hauts niveaux depuis 19 mois…Le Brent vu sous les $50

Sentiment d’aversion au risque : Plusieurs évènements sont venus hier provoquer une perte d’appétence au risque des investisseurs et corollairement un regain d’intérêt pour les valeurs refuges afin de se couvrir contre d’éventuelles turbulences à venir. La forte chute des marchés actions américains ce mardi sur fond d’érosion du crédit accordé à Trump et sa capacité à mettre en place ses réformes fiscales et budgétaires a eu une résonnance mercredi sur les marchés asiatiques et européens. La poursuite des tests de missile en Corée du Nord, ainsi que l’attentat intervenu dans l’après-midi au Parlement britannique ont par la suite alimenté un sentiment de crainte générale sur les marchés. Dans ce contexte, le yen et le franc suisse se sont significativement renforcés hier. Le cours EUR/JPY a reculé de plus de 0,6% et chuté à son plus bas niveau depuis trois semaines (point bas = ¥119,66 / clôture = ¥119,99). Le cours EUR/CHF a quant à lui reculé de près de -0,4% et touché son plus bas niveau de la semaine (point bas = ₣1,0684 / clôture = ₣1,0703).

Afrique du Sud : Le rand sud-africain s’est apprécié hier de plus de 0,9% face à l’euro et tutoyé de nouveau avec ses plus hauts niveaux depuis 19 mois (EUR/ZAR : point bas = ZAR 13,53 / clôture = ZAR 13,56). Malgré un sentiment général d’aversion au risque sur les marchés hier, généralement défavorable aux devises émergentes, le rand a été stimulé par des fondamentaux économiques rassurants. L’inflation générale a chuté comme attendu à son plus bas niveau depuis 5 mois à 6,3%, et se rapproche ainsi de la borne haute des objectifs fixés par les banquiers centraux (3-6%). La déficit courant s’est réduit en 2016  et s’élève à 1,7% du PIB, soit le plus bas niveau en 6 ans. 

Pétrole : L’indice Brent a été hier vu pour la première fois sous le niveau de $50 depuis le jour de l’accord convenu par les pays de l’OPEP le 30 novembre dernier. Les prix du pétrole restent fragilisés par un sentiment de doute des investisseurs qui questionnent actuellement la volonté et capacité des membres de l’OPEP à poursuivre pendant une période de temps étendue la politique de quota de production afin de tenter de rééquilibrer le ratio offre/demande. Ce doute est notamment alimenté par une production américaine en pétrole qui ne cesse de s’accroître. Le niveau des stocks pétroliers américains a atteint hier un nouveau pic historique de 533,1Mln de barils. Fragilisé par cette faiblesse récurrente des cours du pétrole et un sentiment d’aversion au risque global, la couronne norvégienne a touché hier son plus bas niveau depuis plus de 4 mois face à l’euro, le cours EUR/NOK franchissant le seuil des NOK 9,20 pour la première fois depuis le 9 novembre dernier.

Focus du jour : Premier test important pour Trump ce soir au Congrès…Un œil tourné vers Janet Yellen (13h45)…Ventes au détail au Royaume-Uni (10h30)

Etats Unis : Ayant fait de l’abrogation de l’Obamacare une de ses priorités, n’hésitant pas au passage de mettre en suspend ses projets de réforme fiscale et budgétaire, Donald Trump va passer ce soir un test décisif devant les membres de la Chambre des représentants. Un refus de la proposition de réforme de la loi sur la protection des patients et les soins abordables par les membres du Congrès enverrait deux message clair aux marchés. Le premier est que malgré les nombreuses promesses faites durant la campagne et une majorité parlementaire, la capacité de négociation et de persuasion du nouveau président américain, au sein même de son propre camp, n’apparaît pas aussi forte qu’attendu. Le second message envoyé est qu’en cas de refus du nouveau texte de loi et de prolongation des discussions autour du remplacement de l’Obamacare, les réformes fiscales et budgétaires pourraient rester dans les cartons pendant un certain temps, et ainsi renforce le sentiment de défiance grandissant des marchés américains. 26 députés ont publiquement annoncé qu’ils ne voteront pas le nouveau texte de loi, ce qui signifie qu’il y a une forte probabilité que la réforme ne passe pas.

Fed : Une semaine après l’annonce d’une nouvelle hausse de taux et le choix revendiqué d’une stratégie de normalisation graduelle des taux d’intérêt dans le pays, Janet Yellen tiendra une conférence à Washington lors d’un évènement organisé par la Fed. S’il apparaît peu probable que la présidente de la Fed nous offre un message différent de celui prononcé la semaine dernière, les investisseurs resteront malgré tout attentifs aux signaux ou indices délivrés durant son discours.

Royaume-Uni : La forte accélération de l’inflation ce mardi a réveillé les spéculations d’une possible hausse de taux à venir prochainement au Royaume-Uni. Les banquiers centraux britanniques ont en effet laissé entendre en mars qu’il pourrait considérer un tel scénario en cas de renforcement des fondamentaux économiques. Si ces spéculations restent pour le moment mineure, elles pourraient néanmoins s’accroître au gré de la publication des  chiffres économiques dans le pays. Les nouvelles statistiques de ventes au détail publiées ce matin, attendues en légère hausse au mois de février (consensus : +0,4% M/M), pourraient venir alimenter ce sentiment et ainsi stimuler davantage la livre sterling qui a touché mardi son plus haut niveau depuis deux semaines face à l’euro, sous £0,8650.

EUR

L’euro a reculé hier face à l’ensemble de ses pairs du G10 (à l’exception du dollar australien), et plus particulièrement face au yen et au franc suisse alors qu’hier prédominait sur les marchés un sentiment d’aversion au risque. Malgré une atténuation des incertitudes politiques suite à la victoire des démocrates aux Pays-Bas, et la « supposée » prestation convaincante du candidat libéral Emmanuel Macron lors du premier débat de la campagne présidentiel, les investisseurs restent malgré tout prudents et n’ont pas tendance à augmenter leurs positions en euro lors de période de turbulence.

Le cours EUR/USD s’est approché de son plus haut niveau de l’année ($1,0828 atteint le 2 février dernier) en atteignant hier un pic à $1,0825, sous l’impulsion notamment des pressions baissières dont fait actuellement face le dollar américain. Le cours de change s’est replié en fin de journée pour clôturer sous le niveau de $1,08, qui semble confirmer son statut de seuil de résistance clé pour le cours de change.

A suivre aujourd’hui la publication d’une série d’indices de confiance des ménages et entreprises en Allemagne, France et Zone Euro. L’euro apparaît globalement relativement insensible aux fondamentaux, le biais politique demeurant le facteur de volatilité prédominant sur la devise européenne…et pourrait le rester encore un certain temps.

Aujourd’hui :  Indice de confiance des ménages en Allemagne et Zone Euro / Indice de confiance des entreprises en France / Conseil général de la BCE

EUR/USD à  1,0785 (-0,09%)

USD

Le dollar navigue en eaux troubles subissant tantôt des pressions baissières émanant d’une dégradation du sentiment d’optimisme à l’égard de la présidence de Donald Trump et de sa capacité à réformer le pays, et tantôt des pressions haussières sous couvert de son statut de « valeur refuge ». Le dollar reste malgré tout sur ses plus bas niveaux depuis plus de trois semaines face à un panier de devises alors que l’on observe actuellement sur les marchés options une réduction des positions longues en dollar américain de la part d’investisseurs a rapporté hier l’agence Bloomberg. L’érosion du crédit accordé à Donald Trump dont nous parlions dans notre édition de la veille semble se confirmer. Celui-ci passe un test important ce soir à travers le vote devant le Congrès de sa réforme de l’Obamacare (voir Focus du jour). En cas de refus du nouveau texte de loi, le dollar pourrait subir de nouvelles pertes sur fond de défiance grandissante des marchés à l’égard de Donald Trump.

Outre le vote du Congrès sur l’Obamacare qui devrait intervenir en fin de journée, voire dans la nuit en Europe. Les marchés jetteront un regard attentif à la première sortie publique de la président de la Fed, Janet Yellen, depuis l’annonce d’une nouvelle hausse de taux intervenue la semaine dernière.

Aujourd’hui : Discours de Janet Yellen / Vote de la Chambre des représentants sur la réforme de l’Obamacare / Ventes de maisons neuves

GBP

Malgré un retour temporaire du cours EUR/GBP vers le seuil de £0,87, les pressions autour de la livre sterling restent haussières, et cela malgré l’attentat intervenu hier après-midi au Parlement britannique. En attendant le début officiel du ‘Brexit’, et alors que les incertitudes à l’égard du cas écossais semblent contenus (refus de T.May de laisser un référendum s’organiser dans les deux ans à venir et récents sondages plutôt favorables au camp du maintien au sein du Royaume-Uni), la devise britannique apparaît de nouveau sensible aux fondamentaux économiques. Il faut dire que les signaux envoyés par la Banque d’Angleterre mi-mars ne sont pas étrangers à revirement de sentiment (voir Focus du jour). Si pour le moment le seuil de £0,8650 fait office de support sur le cours de change EUR/GBP, le recul temporaire de la paire sous le niveau de £0,8630 laisse percevoir une propension à briser cette barrière et à reculer davantage. Les nouvelles statistiques de ventes au détail seront l’évènement majeur à suivre aujourd’hui.

Aujourd’hui :  Ventes au détail

EUR/GBP à  0,8635 (-0,14%)

CHF

Le franc suisse a très largement profité du sentiment global d’aversion au risque sur les marchés financiers. Ainsi le cours EUR/CHF a reculé de près de 0,4% et touché son plus bas niveau de la semaine à ₣1,0684. Il s’agit là d’une réaction épidermique à un sentiment pour le moment passager. La bonne valorisation actuelle de l’euro et l’atténuation récente des incertitudes politiques en Europe assurent un maintien à flot du cours EUR/CHF autour du niveau de ₣1,0710. On pourrait assister aujourd’hui à une légère normalisation haussière du cours de change consécutive aux pertes enregistrées la veille. La paire reste malgré tout dépendante du flux d’actualité politique en France et du contexte géopolitique mondial.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/CHF à  1,0711 (+0,07%)


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