Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 22, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :  

  • Regain d’intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges au lendemain de la plus forte chute enregistrée par les marchés actions américains depuis octobre dernier.
  • L’EUR/JPY chute sous ¥120,5 ce matin et l’EUR/CHF retombe sur son seuil support de ₣1,0710 après avoir atteint hier son plus haut niveau depuis une semaine.
  • L’EUR/USD est stable autour de $1,08. Potentiel haussier sur l’EUR/USD questionné malgré la faiblesse du dollar (possible plafond de verre).

Focus de la veille : Forte accélération de l’inflation au Royaume-Uni…L’euro porté par un reflux du risque politique en Europe…Erosion du crédit accordé par les marchés à Trump…Sommet européen sur le ‘Brexit’ programmé fin avril

Royaume-Uni : La livre sterling a rebondi à son plus haut niveau depuis deux semaines face à l’euro (point bas enregistré à £0,8646 sur le cours EUR/GBP) et depuis trois semaines face au dollar (point haut enregistré à $1,2494 sur le cours GBP/USD) en réaction à des chiffres d’inflation bien meilleurs qu’attendu. La dynamique d’inflation générale au Royaume-Uni a accéléré de 1,8% à 2,3% au mois de février (consensus = 2,1%), soit le plus haut niveau observé depuis septembre 2013. Face à cette montée rapide de la croissance des prix à la consommation, certains investisseurs – une minorité pour le moment - se mettent à anticiper une possible intervention de la Banque d’Angleterre via un rehaussement de ses taux d’intérêt.

EUR/USD : Le cours de change est repassé au-dessus de la barrière de $1,08 pour la première fois en 6 semaines, enregistrant un pic à $1,0819, au lendemain du premier débat présidentiel français durant lequel Emmanuel Macron a été jugé le candidat le plus convaincant, très largement devant sa rivale Marine Le Pen ; d’après une enquête d’opinion menée auprès des spectateurs.

Etats Unis : Les marchés actions américains ont lourdement chuté hier (l’indice S&P 500 a chuté de plus de 1% pour la première fois depuis le 11 octobre dernier) sur fond d’érosion du crédit accordé par les investisseurs au président Donald Trump alors que les détails de ses réformes fiscales et budgétaires se font toujours attendre plus de deux mois après son investiture. Engagé dans le projet de remplacement de l’Obamacare dont les modifications proposées peinent à séduire les membres du Congrès et pourraient être refusées par ce dernier lors du vote programmé ce jeudi, le président américain ne semble pas disposé à se pencher tout de suite sur les projets d’allègements fiscaux et d’investissement en infrastructure. Le dollar américain a lui chuté hier à son plus bas niveau depuis le 6 février dernier face à un panier de devises.

Brexit : Les responsables européens n’auront pas mis longtemps à réagir à l’annonce faite lundi par le gouvernement britannique sur son souhait d’activer l’article 50 le 29 mars prochain. Le président du conseil européen Donald Tusk a indiqué hier qu’un sommet européen, destiné à définir la ligne de conduite de l’UE lors des négociations à venir avec le Royaume-Uni, sera organisé le 29 avril prochain. Cela signifie que les négociations ne devraient pas réellement commencer avant le mois de mai, voire de juin.

Focus du jour : Plus forte hausse des exportations japonaises depuis 2 ans…Inflation en Afrique du Sud

Japon : Les exportations japonaises ont progressé de 11,3% en glissement annuel au mois de février, bien aidé notamment par la forte hausse des exportations vers la Chine sur cette période (+28,2% A/A). Le Japon enregistre ainsi son premier surplus commercial avec la Chine en 5 ans. Le surplus commercial japonais en février s’élève à ¥813,4Mds, soit le plus haut niveau observé en près de 7 ans (mars 2010).

Afrique du Sud : La dynamique d’inflation générale en Afrique du Sud est attendue en baisse au mois de février (consensus =6,3% A/A vs 6,6% en janvier) d’après la médiane des projections des 16 économistes sondés par Reuters. Un rapprochement de l’inflation vers le niveau de 6% - borne haute du tunnel de 3-6% dans lequel les banquiers centraux tentent de maintenir la croissance des prix à la consommation  – serait bien accueilli par les responsables monétaires sud-africains et pourrait relancer les spéculations sur une possible baisse de taux à venir alors que la croissance économique peine toujours à décoller dans le pays, la faute à un taux de chômage trop important et de faibles investissements.

EUR

L’euro s’est apprécié hier face à l’ensemble des devises du G10 à l’exception de la livre sterling (stimulée par de bons chiffres d’inflation) et du yen (inquiétudes soulevées par la chute des marchés actions américains). L’atténuation temporaire du risque politique dans la région au lendemain du premier débat %présidentiel durant lequel le candidat libéral et europhile Emmanuel Macron est ressorti à son avantage (cf sondages post-débat) a favorisé un regain d’intérêt pour l’euro. Hier le cours EUR/AUD a progressé de 1,2%, le cours EUR/ZAR de 0,9%, les cours EUR/USD et EUR/CAD de 0,7%.

Le palier des $1,08 touché hier par le cours EUR/USD apparaît malgré tout toujours comme un plafond de verre sur le cours de change tant que le risque politique lié à l’élection française n’aura pas définitivement disparu et/ou tant que la BCE n’aura pas envoyé des signaux clairs de stratégie de ralentissement de sa politique ultra-accommodante.  Le franchissement du seuil de $1,0830 – niveau le plus haut vu cette année – pourrait être un signe annonciateur d’une dynamique haussière prise par le cours de change. En attendant, l’EUR/USD reste toujours la proie des résultats de sondages sortant au fil de l’eau, et n’est pas à l’abri de déconvenue si il apparaît que Marine Le Pen maintient toujours une marge d’avance sur ses principaux rivaux.

Aujourd’hui :  Balance courante en Zone Euro

EUR/USD à  1,0804 (-0,04%)

USD

Le crédit accordé par les investisseurs à Donald Trump et sa politique « reflationniste » , censée permettre à l’économie américaine de croître à un rythme de 3-4% par an et de créer 25 millions de nouveaux emplois sur les 10 prochaines années, s’effrite peu à peu. En l’absence depuis maintenant deux mois de détails clés sur le contenu et le timing des réformes fiscales et budgétaire dont les bienfaits ont été maintes fois vantés par le président américain, les marchés se questionnent de savoir si l’optimisme né au lendemain de son élection est aujourd’hui justifié. On assiste ainsi à une normalisation baissière d’une valorisation trop importante des actifs américains, dont le dollar. On attendait hier un éventuel commentaire du président de la Fed de New York William Dudley sur la politique monétaire américaine une semaine après l’annonce d’une nouvelle hausse de taux, or ce dernier n’a pas abordé le sujet et n’a offert ainsi aucun support pour freiner la chute du dollar qui a atteint hier son plus bas niveau depuis le 6 février dernier face à un panier de devises.  

Peu d’évènements à suivre aujourd’hui aux Etats Unis si ce n’est la publication des statistiques immobilières de ventes de maisons existantes. La séance d’aujourd’hui pourrait être calme en attendant la journée de jeudi où l’on attend un discours de Janet Yellen et le vote par le Congrès américain des modifications apportées par Washington sur l’Obamacare.

Aujourd’hui :  Ventes de maisons existantes

GBP

Comme évoqué dans l’édition d’hier, l’accélération plus forte qu’attendu de l’inflation au Royaume-Uni a fait naître (ou renaître) des spéculations autour d’un scénario d’une prochaine hausse des taux directeurs par la Banque d’Angleterre. Ces spéculations restent pour le moment minoritaires sur le marché alors que plane toujours les incertitudes économiques liées au Brexit et que Mark Carney lui-même a réclamé hier aux investisseurs de ne pas sur-réagir à ce chiffre dont l’ampleur est principalement gonflée par une hausse des prix de l’énergie et des produits alimentaires, considérés tous deux comme très volatils. Cependant une hausse notable de la croissance des ventes au détail ce jeudi pourrait conforter le sentiment des investisseurs les plus optimistes vis-à-vis de la solidité actuelle de l’économie britannique et de son éventuelle capacité à accueillir un resserrement des conditions monétaires. Dans ce contexte, nous pourrions être témoin d’un nouveau renforcement de la livre sterling d’ici la fin de semaine. Pour le moment le palier de £0,8650 fait office de seuil support et contient un nouveau recul de la paire EUR/GBP.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/GBP à  0,8655 (-0,05%)

CHF

Hier le cours EUR/CHF a atteint son plus haut niveau depuis une semaine à ₣1,0762 sous l’impulsion d’un important renforcement de l’euro au lendemain du premier débat présidentiel français. Néanmoins comme évoqué ces dernières semaines, ces pics haussiers sont temporaires et le resteront tant que le risque politique perdurera en Zone Euro. Si les investisseurs sont rassurés de voir que les téléspectateurs ont apprécié la prestation du candidat E.Macron, qui apparaît actuellement comme le principal rival de M. Le Pen, il reste encore à prouver que celle-ci se matérialise dans les sondages. Par ailleurs, la forte chute des marchés américains sur fond d’émergence de doutes à l’égard de la politique « réflationniste » de Donald Trump, et donc implicitement sur les perspectives d’accélération de la croissance mondiale, favorise ce matin un intérêt des investisseurs pour les valeurs refuges telles que le yen et le franc suisse. Le cours EUR/CHF abandonne ce matin ces gains de la veille, et retombe sur son niveau support de ₣1,0710.

Aujourd’hui :   Bulletin trimestriel de la BNS

EUR/CHF à  1,0711 (-0,29%)


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