Actualités du marché des devises

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mars 09, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • La dynamique à 12 mois des prix à la production en Chine a atteint en février son plus haut niveau depuis septembre 2008, tandis qu’à l’inverse l’inflation générale a significativement chuté de 2,5% à 0,8% sur la période. Les incertitudes économiques actuelles qui émanent de Chine (1er déficit commercial en 3 ans observé hier) maintiennent une pression sur les devises liées aux cours des métaux dont la Chine est une grande consommatrice. AUD et ZAR poursuivent leur recul amorcé hier.  L’EUR/AUD est de retour au-dessus du niveau de A$1,40 (plus haut depuis un mois touché ce matin à A$1,4037) et l’EUR/ZAR est de retour ce matin au-dessus du niveau de ZAR 13,90 (pic à ZAR 13,96).
  • Rebond des cours du pétrole ce matin après avoir reculé à leur plus bas niveau depuis 3 mois (Brent à $53,11 & WTI à $50,28 en clôture). L’indice Brent oscille ce matin autour du niveau de $53,5 et l’indice WTI autour de $50,5. Ce matin le cours EUR/NOK oscille autour du niveau de NOK 9,0 et le cours EUR/RUB chute sous le seuil de RUB 62,0.
  • Le cours EUR/NZD enregistre actuellement sa 7ième séance consécutive de hausse (recul des prix du lait & faiblesse des fondamentaux économiques) et a atteint ce matin un pic depuis 4 mois (NZD 1,53 touché).                            

Focus de la veille : Chiffres ADP très largement supérieurs aux attentes…P.Hammond dévoile un budget sans réelle fantaisie…Pas de hausse de taux prévu en Pologne en 2017…Les réserves américaines de pétrole menacent le prix du baril de brut

Etats Unis : Le pays a enregistré 298k embauches dans le secteur privé au mois de février selon l’enquête ADP publiée hier. Outre le fait que ce volume s’avère bien supérieur aux attentes des analystes (consensus = 190k), il s’agit d’une des plus fortes dynamiques observées depuis la création de ce rapport en 2001. Sauf surprise, le rapport officiel sur l’emploi publié vendredi pourrait être de la même veine, ne laissant pas d’autres choix à la Fed de répondre aux attentes qu’elle a elle-même suscité la semaine dernière et ainsi de procéder la semaine prochaine à une seconde hausse de taux en 3 mois. La probabilité d’une intervention en mars illustrée par l’indice CME FedWatch Tool a bondi de 82% à 91% suite à la publication de ces chiffres.

Royaume-Uni : Philip Hammond a présenté hier devant le parlement le nouveau budget britannique. Comme on pouvait s’y attendre, celui-ci ne comporte pas de grandes surprises en matière de réformes fiscales ou de dépenses publiques affirme Hammond. Si la projection de croissance pour cette année a été significativement révisée à la hausse par rapport à novembre (2,0% vs 1,4%), Hammond a concédé que l’économie devrait cependant ralentir à partir de 2018 (projection de 1,6% en 2018 et 1,7% en 2017). Dans ce contexte, il n’est pas question de céder à un excès d’optimisme d’où le maintien d’une certaine rigueur en matière budgétaire (révision à la baisse de la projection de déficit budgétaire pour l’année fiscale 2016/17 de £68,2Mds à £51,7Mds). Pour se faire, le gouvernement va continuer à restreindre son train de vie et compte réduire ses emprunts de l’ordre de £23,5Mds sur les cinq prochaines années.

Pologne : A l’issue de la réunion monétaire durant laquelle la banque centrale polonaise a maintenu sans surprise son taux directeur inchangé à 1,5%, le gouverneur central Adam Glapinski a indiqué qu’il ne voyait aucune raison de procéder à une hausse de taux cette année. Ce dernier précise que l’agenda monétaire de la NBP dépendra majoritairement du rythme de progression de l’inflation. Le cours EUR/PLN se maintient sur ses plus bas niveaux observés sur les quatre derniers mois, autour de PLN 4,30.

Pétrole : Les prix du pétrole ont chuté hier de plus de 5% et atteint leur plus bas niveau depuis 3 mois (Brent à $53,11 & WTI à $50,28 en clôture) suite à la publication des statistiques des réserves américaines en pétrole qui ont récemment atteint leur plus haut niveau depuis 1982 d’après l’agence Bloomberg. La hausse des réserves en pétrole aux Etats Unis vient saper les efforts faits par les pays de l’OPEP et certains membres hors de l’organisation, la Russie notamment, pour équilibrer le rapport de force entre l’offre et la demande sur le marché. Une extension dans le temps de la politique de quota par l’OPEP apparaît inévitable. Les investisseurs quant à eux s’impatientent face à la lenteur des changements, la surabondance de l’offre en pétrole sur les marchés demeurant toujours une réalité.

Focus du jour : Quelle position de la BCE ?...Début d’un sommet européen de deux jours à Bruxelles…Croissance des prix à la production en Chine à son plus haut depuis septembre 2008

BCE : Une intervention de la BCE cette après-midi semble exclue si l’on se réfère aux récentes enquêtes menés auprès des économistes (Aucune des 64 personnes sondées par Reuters ne projettent une modification du taux de refinancement de la BCE actuellement à 0%, ou du taux de dépôt actuellement à -0,4%), ou aux récentes sorties de Mario Draghi qui au fil des réunions a adopté un ton délibérément prudent. Comme pour la dernière réunion, le communiqué officiel publié à 13h45 ne devrait offrir peu de surprises, aussi l’intérêt des marchés se portera essentiellement sur le discours de Mario Draghi durant sa traditionnelle conférence de presse qui débutera à 14h30. Si les incertitudes politiques en amont des échéances électorales à venir lui offre un alibi solide pour éviter d’entrer dans un débat sur l’élaboration d’une possible stratégie de sortie du QE cette année, les récents bons fondamentaux économiques en Zone Euro, et notamment la forte accélération de l’inflation qui a atteint le seuil de 2% recherché par la BCE, pourraient forcer Draghi à sortir de sa zone de confort. A noter que la BCE publiera lors de cette réunion ses nouvelles projections économiques trimestrielles, chiffres qui seront ensuite commentés par le président de la BCE durant sa conférence de presse.

Sommet européen : Aujourd’hui débutera à Bruxelles un sommet européen de deux jours réunissant les 28 membres de l’Union Européenne (Royaume-Uni inclus). Si ce sommet devrait permettre aux responsables européens de débattre sur le futur de l’Union Européenne alors que se profile des échéances électorales clés dans la région (‘Brexit, élection aux Pays-Bas, France et Allemagne en 2017 , Italie en 2018), l’évènement majeur sera l’élection du nouveau président du conseil européen pour la période de juin 2017 à novembre 2019 (30 mois). Donald Tusk est candidat à sa propre réélection, ce à quoi la Pologne s’oppose.

Chine : La dynamique à 12 mois des prix à la consommation en Chine a atteint en février son plus haut niveau depuis septembre 2008 tandis qu’à l’inverse l’inflation a significativement reculé de 2,5% à 0,8% sur cette période à cause d’un net recul des prix alimentaires. Selon plusieurs économistes cette forte poussée des prix à la production n’est pas inquiétante et devrait se résorber dans les prochains mois grâce à un effet de base, et un potentiel essoufflement des prix des matières premières qui ont significativement augmenté lors des récents mois. L’autre actualité ce matin est la forte demande des entreprises chinoises pour le dollar américain, ce qui oblige plusieurs banques d’Etat à vendre ce matin leur positions en devise américaine pour limiter un trop fort affaiblissement du yuan face au dollar.

EUR

En l’absence d’actualités économiques et politiques majeures en Zone Euro, l’euro reste comprimé par les incertitudes politiques qui demeurent importantes dans la région. Si les élections françaises concentrent l’essentiel de l’attention, les élections législatives programmées mercredi aux Pays-Bas pourraient réveiller à nouveau les craintes des marchés ou au contraire les apaiser quelque peu. Une large victoire du parti d’extrême droite PVV du leader Geert Wilders – même si à ce jour une coalition permettant à ce dernier d’arriver au pouvoir apparait peu probable – viendrait renforcer la progression d’une mouvance contestataire et eurosceptique en Europe, et rendrait plus crédible l’élection de la candidate Marine Le Pen en France en mai prochain.

L’évènement majeur de la journée sera la publication des conclusions de la réunion de la BCE et la traditionnelle conférence de presse de Mario Draghi. Les attentes des analystes sont extrêmement faibles alors que l’on s’attend à ce que ce dernier mettent en avant les incertitudes politiques et le manque de durabilité de l’inflation générale en Zone Euro (indice sous-jacent à 0,9% en février) pour justifier la politique accommodante actuelle de la BCE, aussi le potentiel haussier de l’euro apparaît important en cas d’ajustement modérément « optimiste » de la communication de Mario Draghi cette après-midi.

Aujourd’hui :  Communiqué de la BCE & conférence de presse de Mario Draghi

EUR/USD à 1,0546 (+0,07%)

USD

Une hausse de taux en mars apparaît désormais inévitable suite à la publication de chiffres de l’emploi ADP très largement au-dessus des attentes (298k vs 190k attendu). A moins d’une véritable distorsion dans les chiffres officiels publiés ce vendredi, ces statistiques laissent entre-apercevoir une solide dynamique du marché du travail américain au mois de février. Le dollar continue sa lente progression et enregistre un rebond de 0,5% face à un panier de devises depuis le début de la semaine. La semaine dernière, l’indice DXY a stoppé son rebond au niveau de 102,3 suite aux successions de communication de membres de la Fed favorables à une intervention en mars. Il faudra voir si cette semaine l’indice parvient à franchir ce seuil alors qu’il apparaît clair qu’un scénario de hausse de taux est déjà intégré par les marchés.

Peu de chiffres clé à suivre aujourd’hui. Les marchés devraient essentiellement porter leur attention vers l’Europe et la BCE, en attendant la publication demain après-midi des nouveaux chiffres de l’emploi.

Aujourd’hui :  Indices de prix à l’export et import

GBP

L’agence de notation Standard & Poor’s a indiqué, dans un nouveau rapport publié hier, que l’économie britannique commençait à s’essouffler, pointant du doigt un affaiblissement de la consommation des ménages dont le pouvoir d’achat est directement impacté par le recul des salaires, et la montée de l’inflation dans le pays, et une baisse de la demande de crédit des entreprises. Demeurant le principal pourvoyeur de croissance au cours des derniers trimestres, un recul significatif de la consommation domestique pourrait avoir des répercussions néfastes sur l’économie. Le cours EUR/GBP s’est approché hier très près du niveau de £0,87 (pic à £0,8695) qui n’a plus été atteint depuis le 18 janvier dernier, mais cette barrière clé a joué son rôle de résistance et repoussé la paire vers le niveau de £0,8660. L’absence, sans surprise, d’annonces majeures dans le nouveau budget dévoilé par le ministre des finances Philip Hammond n’a pas réussi à inverser la dynamique actuellement baissière sur la livre sterling. L’annonce ce matin par la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, qu’un référendum réclamant l’indépendance de l’Ecosse pourrait être organisé à l’automne 2018 jette un nouveau vent d’incertitude dans la région et met la devise britannique sous pression.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/GBP à 0,8670 (+0,10%)

CHF

Hier la volatilité implicite à deux mois sur le cours de change EUR/CHF (ie coût pour se protéger contre une possible variation importante du cours EUR/CHF) a atteint hier son plus haut niveau depuis novembre (6,75%) face à la menace de voir la candidate eurosceptique Marine Le Pen remporter les élections présidentielles françaises en mai prochain. Il est également fort probable que les inquiétudes qui entourent les élections législatives néerlandaises de mercredi prochain alimentent ce sentiment général d’aversion au risque. Ce désir des investisseurs de se protéger contre un risque de turbulences à venir sur les marchés européens semblent confirmer que le rebond observé par la cours EUR/CHF en début de semaine n’était que temporaire. Tant que les incertitudes politiques resteront importantes en Zone Euro, le franc suisse restera un actif prisé par les investisseurs pour se protéger contre le risque de dégradation de la valorisation des actifs européens.

Compte tenu du relatif calme dans l’actualité politique française cette semaine, le cours EUR/CHF continue de naviguer autour du seuil technique de ₣1,0710, cependant on sent qu’il suffirait d’une étincelle pour que l’intérêt pour le franc suisse s’embrase de nouveau.

Aujourd’hui :   Taux de chômage

EUR/CHF à 1,0703 (+0,09%)


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