Actualités du marché des devises

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mars 08, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Léger renforcement du yen après la légère révision à la hausse du PIB japonais au T4  (1,2% vs 1,0% T/T annualisée). L’EUR/JPY fluctue sous le niveau de ¥120,5
  • La Chine enregistre son premier déficit commercial en 3 ans. Le cours EUR/CNH rebondit et frappe à la porte des ¥7,30 ce matin
  • Pressions baissières maintenues sur la livre sterling alors que T.May a subi un nouveau revers à la Chambre des lords. Résistance apparente à £0,87. Présentation du nouveau budget par Philip Hammond en début d’après-midi.
  • Décélération continue mais modeste de l’EUR/USD. Potentiel haussier sur le dollar en marge de la réunion de la Fed semble modeste. L’EUR/USD fluctue autour de $1,0550 ce matin.

Focus de la veille : Nouveau revers pour T.May…Réserves des banques centrales suisse et chinoises en hausse…Rebond de la NOK sur fond d’optimisme à l’égard des perspectives économiques

Royaume-Uni : La Chambre des lords a voté hier un nouvel amendement au texte de loi sur le lancement du ‘Brexit’. Les députés britanniques de la Chambre haute du parlement réclame un droit de véto sur l’accord final conclu entre responsables britanniques et européens. Cela permettrait de renvoyer le Royaume-Uni à la table des négociations sur l’accord n’est pas jugé satisfaisant, et ainsi d’éviter un divorce brutal qui pourrait s’avérer préjudiciable à l’économie britannique, du moins sur le court terme. Les modifications du texte de loi seront donc renvoyées à la Chambre des communes qui les étudiera la semaine prochaine. Bénéficiant d’une petite majorité de 17 sièges au sein de la Chambre basse, Theresa May devrait faire pression pour tenter d’annuler ces amendements qui selon elle mettent le Royaume-Uni en position de faiblesse face aux responsables européens au moment de débuter les négociations.

Chine : Les réserves en devises étrangères de la banque centrale chinoise ont, contre toute attente, enregistré en février leur première hausse en 8 mois (+$6,92Mds) et repassent au-dessus de la barre symbolique des $3Trds. Il faut croire que les mesures de durcissement de la régulation financière ont limité les mouvements de sortie de capitaux.

Suisse : Les réserves en devises étrangères de la banque centrale suisse ont enregistré en février leur plus forte hausse depuis décembre 2014, mois précédant l’abandon du taux plancher de ₣1,20 sur le cours EUR/CHF. Les signes évidents d’intervention de la BNS sur le marché des changes pour affaiblir un franc à la valorisation « exagérée » ont accentué les pressions baissières sur le franc débutées en fin de semaine dernière. Le cours EUR/CHF a enregistré hier un nouveau pic depuis 6 semaines à ₣1,0747, avant de progressivement effacer ses gains durant la séance américaine (EUR/CHF à ₣1,0704 en clôture)

Norvège : La couronne norvégienne s’est appréciée hier de 0,6% face à l’euro (EUR/NOK à NOK 8,93 en clôture), le cours EUR/NOK enregistrant un point bas à NOK 8,92, en réaction à la publication d’une enquête optimiste de la Norges Bank illustrant une accélération de l’activité des entreprises norvégiennes dans les 6 prochains mois sur fond de hausse de la demande domestique. L’enquête indique que les perspectives de croissance ont augmenté dans l’ensemble des secteurs de l’économie norvégienne, à l’exception du secteur des exportations, un chiffre qui se situe dans la moyenne

Focus du jour : Révision à la hausse du PIB japonais…Premier déficit commercial en Chine en 3 ans…Chiffres ADP aux Etats Unis (14h15)…Présentation du nouveau budget britannique (~13h30)

Japon : La croissance du PIB japonais au 4ième trimestre a été révisée à la hausse de 1,0% à 1,2% en croissance trimestrielle annualisée. Cet ajustement est en partie dû à une forte révision inattendue de la croissance des investissements des entreprises de 0,9% T/T à 2,0% sur cette période.

Chine : La Chine a enregistré au mois de février son premier déficit commercial en 3 ans (-$9,15Mds), la faute à une accélération des importations de 38,1% A/A - plus forte dynamique depuis début 2012 - résultant d’une forte demande en matières premières (pétrole, charbon, minerai de fer). Plusieurs observateurs pointent du doigt une possible distorsion provenant du fait que les congés de la nouvelle année lunaire ont eu lieu cette année fin janvier tandis qu’en 2016 ils avaient eu lieu en février. A noter tout de même le fort recul de l’excédent commercial chinois avec les Etats Unis de $14,5Mds à $10,4Mds, un résultat qui pourrait apaiser quelque peu les risques de tensions commerciales entre Washington et Pékin.

Etats-Unis :   En début après-midi, le cabinet ADP publiera les statistiques d’embauche au mois de février dans le secteur privé. Comme d’habitude les résultats de ce rapport permettront d’avoir une première tendance avant la publication du rapport officiel sur l’emploi ce vendredi. Dans l’état actuel des choses, à moins d’un rapport « catastrophique » ce vendredi, la Fed semble déterminer à procéder à une nouvelle hausse de ses taux directeurs en mars. La projection médiane des analystes sondés par Reuters table sur 190k embauches (vs 246k en janvier) dans le secteur privé au mois de février, un chiffre au-dessus de la moyenne observée en 2016 (175k).

Royaume-Uni : Ce mercredi, le ministre des finances britannique, Philip Hammond, délivrera le contenu du nouveau plan budgétaire du pays, une sorte de « carte routière » que le gouvernement compte suivre dans les prochains mois, et trimestres. Ce budget inclura notamment les projections économiques du gouvernement, ainsi que les réformes que ce dernier souhaite privilégier. Selon les propos tenus par Hammond au journal Sunday Times, le budget sera axé en trois points : 1) Soutien de T.May dans les négociations de sortie, 2) Cibler les investissements stratégiques et bénéfique à l’économie en marge de la sortie de l’UE, et 3) Aider les familles les plus modestes. Si Hammond a indiqué que le Royaume-Uni avait « besoin d’essence dans le réservoir » afin d’anticiper les potentiels effets néfastes du ‘Brexit’, la solidité actuelle de l’économie britannique, mais surtout les nombreuses incertitudes qui entourent ces futures négociations laissent à penser que les annonces faites mercredi ne seront en aucun cas « grandiloquentes ». Le gouvernement devrait maintenir une certaine discipline fiscale, et ainsi se garder des marges de manœuvre en cas de décélération importante de l’économie dans les mois à venir.

EUR

Peu de nouvelles à se mettre sous la dent hier en Zone Euro, si ce n’est que la 3ième estimation de croissance du PIB au 4ième trimestre est restée inchangée à 0,4% T/T et 1,7% A/A. Les taux obligataires français continuent de se tendre alors que la candidature de François Fillon, qui sera entendu par un juge d’instruction le 15 mars prochain, reste en suspens. L’OAT 10 ans est repassé temporairement au-dessus du niveau de 1% pour la première fois en une semaine et demi. Le fort recul des commandes industrielles allemandes (-7,4% M/M en janvier) a également contribué à alimenter un sentiment de pessimisme général à l’égard de l’euro. Le cours EUR/USD a enregistré hier sa seconde séance consécutive de recul et clôturé à $1,0565.

On pourrait voir la volatilité sur l’euro s’intensifier légèrement entre aujourd’hui et demain sur fond de prises de position d’investisseurs en amont de la réunion de la BCE dont les conclusions seront rendues demain en début d’après-midi. Compte tenu du peu d’attentes autour de cette réunion – Draghi ayant été ferme sur sa volonté de maintenir le QE jusqu’à son terme compte tenu des incertitudes politiques dans la région – et des récents bons fondamentaux économiques en Zone Euro (inflation à 2% notamment), le potentiel haussier sur l’euro apparaît plus important que le potentiel baissier en cas d’ajustement de la communication habituellement prudente de M.Draghi.

Aujourd’hui :  Production industrielle en Allemagne / Balance commerciale en France

EUR/USD à 1,0554 (-0,10%)

USD

Le dollar continue de surfer sur la perspective d’une hausse de taux en mars, et le positionnement tardif d’investisseurs avant mercredi prochain. Hier le déficit commercial américain au mois de janvier est ressorti conforme aux attentes à $48,5Mds - soit le plus haut niveau depuis mars 2012 – cependant cette publication n’a été suivi d’aucun commentaires particuliers de la Maison Blanche. En observant la faible volatilité sur le dollar, on se rend compte que cette décision apparaît comme pratiquement totalement intégrée par les marchés. La Fed n’a laissé nulle place aux doutes quant à ses intentions lors de la prochaine réunion, cependant si cette décision intervient plus tôt que prévu (projections initiales tablaient sur une hausse de taux en mai ou juin), il apparaît peu probable que les banquiers centraux ne changent leurs plans et optent pour un rythme de normalisation monétaire plus rapide. La Fed devrait maintenir ses projets de trois hausses de taux en attendant d’avoir un peu plus d’éléments concrets en ce qui concerne les plans de la Maison Blanche, les marchés étant toujours orphelins de détails concrets concernant la réforme fiscale et le plan d’investissement en infrastructure à venir. Dans ce contexte, le potentiel haussier sur le dollar apparaît modeste. 

On suivra aujourd’hui les résultats de l’enquête ADP sur l’emploi dans le secteur privé (voir Focus du jour). Si des résultats conformes ou au-dessus des attentes ne devraient avoir qu’un impact minime sur le dollar, un rapport décevant pourrait faire émerger un sentiment de doute chez les investisseurs quant à la décision finale de la Fed mercredi prochain.

Aujourd’hui :  Rapport ADP sur l’emploi

GBP

La livre sterling a enregistré hier sa 7ième séance de recul face à l’euro sur les 8 dernières séances, soit une chute de 2,9% depuis le 23 février dernier. Le cours EUR/GBP a touché hier un nouveau point haut sur les 7 dernières semaines à £0,8683 alors que les signes de ralentissement de l’économie en amont de l’ouverture de la procédure de divorce avec l’UE se sont multipliés ces derniers jours (contraction des ventes au détail hier) et que le revers subi hier par Theresa May à la Chambre des lords (voir Focus de la veille) jette un vent d’incertitude quant à la date effective de lancement du ‘Brexit’. Les pressions baissières pourraient rester importantes au moins jusqu’à la semaine prochaine, alors que la devise britannique pourrait être sous le feu de spéculations avant l’examen la semaine prochaine des modifications du texte de loi sur le ‘Brexit’ par les députés de la Chambre des Communes. La barrière des £0,87 apparaît malgré tout comme un seuil psychologique qui pourrait réfréner cette dynamique baissière sur la livre sterling.

La présentation du nouveau budget par le ministre des finances Philip Hammond en début d’après-midi sera fortement suivi par les marchés aujourd’hui, mais ne devrait au mieux qu’offrir un léger répit temporaire à la livre sterling . En effet, ce nouveau budget ne devrait pas faire l’objet de grandes annonces, la solidité actuelle de l’économie britannique et les incertitude autour des potentielles répercussions économiques du ‘Brexit’ ne se prêtant pas à cet exercice.

Aujourd’hui :   Présentation du nouveau budget par le ministre des finances P.Hammond

EUR/GBP à 0,8669 (+0,13%)

CHF

Le franc suisse a reculé hier à son plus bas niveau depuis 6 semaines face à l’euro (pic à ₣1,0747 sur l’EUR/CHF) et depuis 8 semaines face au dollar (pic à ₣1,0170 sur le cours USD/CHF) en réaction à la publication des nouvelles statistiques de la réserve en devises étrangères de la BNS illustrant une activité importante et indéniable de la part des banquiers centraux suisses pour réfréner les pressions haussières sur le franc, devise qui fut fortement recherchée en février par les investisseurs internationaux pour se protéger contre un risque de dégradation des actifs européens en marge des élections françaises à venir. Ce rebond s’est cependant rapidement essoufflé  en séance américaine, ce qui semble indiquer que cette dynamique baissière n’a pas vocation à perdurer compte tenu des nombreuses sources d’incertitudes à court terme, notamment en Europe.

On observe ce matin un fort rebond de 0,5% M/M de l’inflation au mois de février, bien aidé par une hausse des prix de l’énergie. La dynamique à 12 mois double de 0,3% à 0,6%, atteignant en février son plus haut niveau depuis mars 2011. On observe un léger renforcement du franc ce matin suite à ces résultats, et le cours EUR/CHF fluctue de nouveau autour de la barrière de ₣1,07.

Aujourd’hui :   Inflation

EUR/CHF à 1,0701 (-0,03%)


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