Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

mars 06, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Dans la continuité de la séance de vendredi, l’euro se renforce face à ses pairs sur fond d’essoufflement des incertitudes politiques en marge des élections françaises. En cas de retour d’A.Juppé, des sondages voient la candidate eurosceptique M. Le Pen exclue du 2nd tour.
  • Le cours EUR/USD touche son plus haut niveau depuis plus de deux semaines à $1,0640 et le cours EUR/CHF brise la résistance de ₣1,0710 qui tenait depuis plus d’une mois.
  • Le cours EUR/CAD fluctue autour des C$1,42 ce matin (plus haut depuis 6 semaines) tandis que le cours EUR/AUD brise ce matin la barrière des A$1,40 pour la 1ère fois depuis le 9 février dernier.
  • Le cours EUR/CNH fluctue lui autour du seuil de ¥7,32 – Plus haut niveau atteint depuis le 13 février dernier.                                 

Focus de vendredi/weekend : Janet Yellen confirme qu’une hausse de taux en mars est possible…Une tendance favorable à E.Macron…La Chine abaisse ses objectifs de croissance…La banque centrale suisse attentive à la montée des incertitudes politiques

FED/Yellen  : Très attendue en marge de la réunion monétaire programmée les 14 et 15 mars prochain, la présidente de la Fed a confirmé vendredi qu’une nouvelle hausse de taux en mars était probable si les progrès sur le marché de l’emploi et de l’inflation sont en ligne aux projections des membres de la Fed. L’indice privilégié par les banquiers centraux américains pour mesurer l’inflation – indice de prix des dépenses de consommation personnelle – est ressorti la semaine dernière à 1,9%, soit très proche de l’objectif de 2% fixé par la Fed. Les chiffres de l’emploi en février, qui seront publiés vendredi après-midi (14h30), apparaissent comme le dernier obstacle à une nouvelle intervention de la Fed en mars. D’après l’indice CME FedWatch Tool, la probabilité d’une hausse de taux en mars est désormais proche de 80%.

France  : Les défections se succèdent pour le candidat du parti Les Républicains, François Fillon. Après avoir perdu un de ses conseillers suite à sa conférence de presse durant laquelle il a confirmé son intention de poursuivre sa campagne malgré sa prochaine mise en examen pour une affaire de détournement de fonds publics, revenant ainsi sur une promesse faite quelques semaines auparavant, ce dimanche c’est le maire Nice Christian Estrosi qui a retiré son soutien au candidat. Selon plusieurs médias, plusieurs responsables du parti organiseraient dans les coulisses le retour d’Alain Juppé pour remplacer François Fillon dont la position semble intenable et qui voit sa côte de popularité rétrécir au fil des sondages. Ce dernier apparaît en effet désormais distancé par le candidat libéral E.Macron et la candidate d’extrême droite M.Le Pen. Un sondage mené par la cabinet Odoxa publié vendredi indique que le candidat E.Macron arriverait en tête au premier tour avec 27% des voix contre 25,5% en faveur de Marine Le Pen et 19% en faveur de F.Fillon. C’est la première fois que le candidat libéral est annoncé en tête au 1er tour. Autre conclusion, cette fois-ci plus surprenante, de ce sondage, en cas d’abandon de F.Fillon et de retour d’A.Juppé, celui-ci remporterait le 1er tour avec 26,5% des voix, juste devant E.Macron (25%).

Chine : A l’occasion du Congrès du Parti Communiste Chinois, le premier ministre a indiqué que le gouvernement viserait désormais l’atteindre d’une croissance d’« environ 6,5% », un objectif revu à la baisse par rapport à la fourchette de 6,5%-7,0% préalablement fixée. Si le premier ministre chinois estime que la majorité des risques systémiques sont sous contrôle, celui-ci se veut prudent face aux potentiels effets néfastes provoqués par le financement parallèle (« shadow banking »), l’important niveau d’endettement des entreprises (risque de défaut et de fragilisation du système bancaire via l’émergence de créances douteuses dans le bilan des banques), et le risque d’implosion du marché immobilier.

Suisse : Dans un entretien donné au journal Schweizam Wochenende, le gouverneur central Thomas Jordan est revenu sur la montée des instabilités politiques dans le monde, et plus particulièrement Europe avec les prochaines élections françaises et allemandes, les instabilités en provenance d’Italie ou encore le prochain début du ‘Brexit’. Face à ce nouvel environnement qui ne laisse peu de place à la prise de risque, Jordan indique être très vigilant aux mouvements de volatilité sur le franc suisse qui reste considéré comme une valeur refuge en période de turbulence. Le franc suisse est apparu ces dernières semaines comme le moyen de couverture favori des investisseurs pour se prémunir contre une possible montée de la volatilité sur les marchés européens en marge des élections françaises.

Focus de la semaine : Réunions monétaires de RBA (mardi) et BCE (jeudi)…Nouveau budget britannique dévoilé mercredi …Rapport sur l’emploi aux Etats Unis (vendredi)

Australie/RBA : Alors que la RBA se réunit en ce début de semaine pour une nouvelle réunion monétaire, une large majorité des économistes tablent sur un maintien des taux inchangés au niveau actuel de 1,5%. Malgré la forte valorisation actuelle du dollar australien face au dollar américain et l’euro, le haut niveau d’endettement des ménages australiens inquiètent les banquiers centraux. L’abaissement des taux d’intérêt lors de ces deux dernières années a favorisé les investissements immobiliers, et par conséquent une flambée des prix des logements dans les principales villes du pays. Alors qu’une nouvelle baisse de taux à court terme semble exclue compte tenu des progrès réalisés par l’économie australienne, l’inflation reste toujours bien inférieure à l’objectif de 2-3% fixé par les banquiers centraux tandis que le marché de l’emploi voit un déséquilibre avec une plus forte dynamique de créations d’emploi à temps partiel au détriment d’emplois à temps plein. La semaine dernière, l’OCDE a publié un rapport indiquant qu’une chute brutale du marché de l’immobilier demeure à ce jour le principal risque économique de l’Australie. C’est donc un optimisme mesuré dont devrait faire part les banquiers centraux australiens ce mardi.

Zone Euro/BCE : La nouvelle réunion monétaire de la BCE devrait de nouveau être l’occasion de voir un affrontement entre le camp des « optimistes », mené notamment par l’Allemagne, prônant un arrêt progressif du QE et le camp des  « pessimistes » , dont le chef de file n’est autre que Mario Draghi lui-même, prônant un statu quo alors que les incertitudes politiques, et indirectement économiques, demeurent importantes en amont du calendrier électoral chargé en Zone Euro. L’accélération de l’inflation à 2% en février – objectif fixé par la BCE et plus haut niveau depuis janvier 2013 – ne devrait pas être un argument suffisant pour faire fléchir Draghi qui devrait de nouveau pointer du doigt le caractère non-durable de cette hausse illustré par un taux d’inflation sous-jacent qui reste stable à 0,9%. Quel est l’intérêt de cette réunion ? La BCE publiera ses nouvelles projections économiques en marge de cette réunion, aussi ce sera l’occasion de voir si la BCE entrevoit un redressement plus rapide de l’économie de la Zone Euro dans les prochains mois ou au contraire reste mesurée et prudente.  

Royaume-Uni : Ce mercredi, le ministre des finances britannique, Philip Hammond, délivrera le contenu du nouveau plan budgétaire du pays, une sorte de « carte routière » que le gouvernement compte suivre dans les prochains mois, et trimestres. Ce budget inclura notamment les projections économiques du gouvernement, ainsi que les réformes que ce dernier souhaite privilégier. Selon les propos tenus par Hammond au journal Sunday Times, le budget sera axé en trois points : 1) Soutien de T.May dans les négociations de sortie, 2) Cibler les investissements stratégiques et bénéfique à l’économie en marge de la sortie de l’UE, et 3) Aider les familles les plus modestes. Si Hammond a indiqué que le Royaume-Uni avait « besoin d’essence dans le réservoir » afin d’anticiper les potentiels effets néfastes du ‘Brexit’, la solidité actuelle de l’économie britannique, mais surtout les nombreuses incertitudes qui entourent ces futures négociations laissent à penser que les annonces faites mercredi ne seront en aucun cas « grandiloquentes ». Le gouvernement devrait maintenir une certaine discipline fiscale, et ainsi se garder des marges de manœuvre en cas de décélération importante de l’économie dans les mois à venir.

Etats Unis : Comme évoqué un peu plus haut, le nouveau rapport sur l’emploi apparaît comme le seul obstacle susceptible d’empêcher la Fed de procéder à une nouvelle hausse de taux, trois mois seulement après la précédente. Outre le nombre des créations d’emploi (consensus = XXXk), la croissance des salaires (consensus = +0,3% M/M) sera l’indice sur lequel les marchés auront un regard tout particulier. Une faible croissance, ou pire une contraction, des salaires en février sèmerai le doute parmi les investisseurs sur la décision prise par la Fed en mars, et serait donc défavorable au dollar. Inversement une solide croissance des créations d’emploi et des salaires entérinerait une nouvelle hausse de taux de 25pbs lors de la réunion de mars, la seconde en l’espace de trois mois. Surtout, une telle intervention crédibiliserait l’objectif de trois hausses de taux en 2017 que s’était fixé la Fed en décembre dernier.

EUR

L’euro a fini la fin de semaine dernière sur une bonne note, bien aidé par un important recul des incertitudes politiques dans la région . Aux Pays-Bas, le parti libéral du premier ministre Mark Rutte est désormais en tête des sondages, devant le parti d’extrême droite du leader Geert Wilders. En France, les récents sondages placent Macron en tête devant Marine Le Pen, et commencent à intégrer le possible abandon du candidat F.Fillon par A.Juppé, un choix qui pourrait s’avérer salvateur pour la droite compte tenu la popularité de ce dernier. La volatilité à 3 mois sur le cours EUR/USD a chuté significativement ce vendredi  et est désormais à son plus bas niveau depuis un mois. Le cours EUR/USD a fait son retour vendredi au-dessus du niveau de $1,06 (clôture à $1,0620) et terminé la semaine sur une performance de +0,6%. Ce rebond du cours de change pourrait n’être temporaire alors que semble se préparer une nouvelle hausse de taux par la Fed dans moins de deux semaines. Toutefois la nouvelle réunion de la BCE pourrait alimenter ce rebond temporaire en cas de léger inflexion, néanmoins peu probable (voir Focus de la semaine), de la position très prudente de Mario Draghi.

Aujourd’hui :  Pas de chiffres clés

EUR/USD à 1,0627 (+0,07%)

USD

Malgré la confirmation ce vendredi par Janet Yellen qu’une hausse de taux en mars est très probable, le dollar a fortement reculé face à un panier de devises (-0,65% lors de la séance de vendredi), la devise américaine étant principalement victime d’un recul général des incertitudes politiques en Europe et d’un mouvement de « achetez la rumeur, vendez la nouvelle ». Ce repli du dollar pourrait n’être qu’un mouvement tactique des investisseurs en amont d’une intervention qui apparaît désormais comme imminente. Il faudra cependant attendre vendredi après-midi et les résultats du nouveau rapport sur l’emploi afin d’avoir un feu vert définitif en ce qui concerne le plan de la Fed de rehausser les taux d’intérêt dès Mars. De solides créations d’emploi et croissance des salaires ce vendredi pourraient marquer le début d’un nouveau mouvement haussier important du dollar. En attendant vendredi, la devise américaine pourrait naviguer en eaux troubles et fluctuer au gré de l’actualité politique aux Etats Unis et en Europe.  

Aujourd’hui :  Commandes des usines

GBP

Dure semaine pour la livre sterling qui a reculé de près de 2% face à l’euro (clôture à £0,8640) alors que les incertitudes se multiplient à l’approche du début officiel du processus de sortie du Royaume-Uni hors de la Zone Euro. Le texte de loi offrant le pouvoir au gouvernement d’activer l’article 50 devra repasser par la Chambre des communes cette semaine suite à l’amendement voté par la Chambre des Lords la semaine dernière. Ce jeu de ping-pong entre les deux chambres parlementaires menacent un report dans le temps de la date officielle de sortie. Parallèlement aux débats parlementaires, le Royaume-Uni a publié une enquête PMI sur le secteur des services assez décevante (plus bas niveau depuis 5 mois atteint en février) on a vu surgir ces derniers jours deux possibles conflits qui pourraient, s’ils se matérialisent, troubler les marchés britanniques : 1) Velléités d’indépendance de l’Ecosse, 2) Facture du ‘Brexit’ de €60Mds réclamée par l’Europe en amont des négociations de sortie.

Dans quelle mesure ces pressions baissières réapparues la semaine dernière sur la livre sterling peuvent s’accentuer ? Compte tenu du peu de données économiques clés publiées cette semaine (production industrielle & manufacturière à suivre), la devise britannique devrait continuer d’être influencée par l’actualité politique et l’évolution des débats parlementaires qui auront lieu cette semaine. L’évènement clé de la semaine sera la présentation du nouveau plan budgétaire par le ministre des finances Philip Hammond ce mercredi (voir Focus de la semaine)

Aujourd’hui :   Pas de chiffres clés

EUR/GBP à 0,8661 (+0,24%)

CHF

Après avoir passé plus d’un mois entre les bornes de ₣1,0630 et ₣1,0710, le cours EUR/CHF vient de briser cette borne supérieure et évolue désormais autour du niveau de ₣1,0720 sous l’impulsion notamment d’un ralentissement des incertitudes politiques en marge des élections françaises. En cas d’abandon du candidat de droite François Fillon et retour d’Alain Juppé, ce dernier arriverait en tête au 1er tour juste devant le candidat libéral E.Macron. Dans ce scénario, la candidate eurosceptique Marine Le Pen serait exclu du second tour. Le cours EUR/CHF devrait de nouveau être principalement influencer par le degré d’aversion au risque des investisseurs européens, et la volatilité globale sur le cours EUR/USD qui s’annonce importante en cette semaine de BCE et de rapports sur l’emploi américain. 

Aujourd’hui :   Rapport annuel de la BNS

EUR/CHF à 1,0708 (-0,01%)


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