Actualités du marché des devises

Retrouvez les dernières informations sur le marché des devises telles que EUR/USD, EUR/GBP, USD/JPY, GBP/USD.

janv. 05, 2017 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

*Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Au lendemain de la publication des minutes de la Fed, le yuan s’est fortement apprécié face au dollar (jusqu’à près de 0,9%), déclenchant de nouvelles pressions vendeuses sur le dollar face aux autres devises. Le cours USD/CNY est repassé ce matin sous le niveau de ¥6,90. Il s’agit du plus fort recul de la parité depuis plus de 10 mois.
  • Le cours EUR/USD a enregistré un pic à $1,0575 ce matin. L’indice dollar DXY est en repli de 0,9%.
  • Fort recul de la livre sterling alors que le journal The Telegraph réveille les craintes de sortie brutale du Royaume-Uni. Entretien de T.May avec Sky News programmé ce dimanche. Pic du cours EUR/GBP à £0,8582, mais la résistance de £0,86 pourrait être testée
  • Le premier ministre japonais dans un discours de rentrée à insister pour que les entreprises soutiennent le redressement économique du pays en procédant à une réévaluation à la hausse des salaires.                                                                    
*Focus de la veille  –  Des signes sérieux d’amélioration en Europe…sentiment d’incertitude qui émane de la Fed…l’économie britannique continue de positivement surprendre…le peso mexicain à un plus bas historique  

Zone Euro : L’indice PMI agrégé (composite) en Zone Euro est ressorti au mois de décembre à son plus haut niveau depuis plus de 5 ans et demi. Les économistes restent néanmoins prudents sur la durabilité de cette bonne dynamique de l’économie européenne compte tenu du degré d’incertitude qui émane des prochaines élections programmées cette année en France, en Allemagne et au Pays Bas. Dans le même temps, les estimations préliminaires d’inflation en Zone Euro au mois de décembre indiquent une dynamique à 12 mois qui a quasiment doublé par rapport au mois dernier (1,1% vs 0,6% en novembre), et qui est désormais à son plus haut niveau depuis  septembre 2013. Cette accélération de l’inflation doit cependant être nuancée car elle découle principalement d’une forte hausse des prix de l’énergie, et non d’une hausse du pouvoir d’achat des ménages européens.

Minutes de la Fed : Si les banquiers centraux s’accordent à penser qu’il y a un vrai risque d’accélération de la croissance économique et de l’inflation aux Etats Unis en cas d’implémentation d’une politique fiscale expansionniste, cependant au moins la moitié d’entre eux jugent qu’il est à ce jour trop tôt pour accorder du crédit à des promesses électorales dont on ne connait pas encore les détails de leurs mises en place. C’est un sentiment d’incertitude, aussi bien positive que négative, qui émane de ce compte rendu de la réunion monétaire de décembre. Les banquiers centraux américains pourraient tout aussi bien accélérer le rythme de normalisation des taux (actuellement 3 hausses projetées en 2017) que le ralentir. 

Royaume-Uni : Après l’indice PMI manufacturier mardi, c’est l’indice PMI du secteur de la construction qui a positivement surpris les investisseurs, celui-ci ressortant bien au-dessus des attentes des analystes à son plus haut niveau depuis 9 mois. Il apparaît très clair que l’économie britannique n’a été que très peu impactée par les débats autour du ‘Brexit’ et tire parti de la compétitivité offerte par une forte dépréciation de la livre sterling.

Mexique : Le peso mexicain a atteint hier un plus bas historique face au dollar à MXN 21,690 (clôture à MXN à 21,425) alors que les marchés considèrent que l’économie mexicaine pourrait payer les pots cassés d’une politique de repli sur soi américaine guidée par Trump. Le choix de l’entreprise automobile Ford de renoncer à la construction d’une usine au Mexique est un signal fort envoyé au pays. Face à l’euro, le peso mexicain a clôturé également à son plus bas niveau historique (MXN 22,5310).

*Focus du jour  : PMI des services au Royaume-Uni…Chiffres ADP & indices ISM aux Etats Unis…Inflation en Suisse

Royaume-Uni : Le hat-trick pour le Royaume-Uni ? Le secteur tertiaire demeure le principal moteur de l’économie britannique – produit plus de 70% du PIB du pays. A cette occasion une nouvelle hausse de l’indice PMI de ce pan de l’économie confirmerait définitivement la bonne santé économique du pays. Les économistes tablent sur un léger recul par rapport au mois de novembre dernier (consensus 54,7 vs 55,2) mais compte tenu des surprises positives observés plus tôt cette semaine lors de la parution des indices manufacturiers et de la construction, il apparait possible de voir ce matin une accélération de l’activité économique du secteur des services sur la période de décembre.

Etats Unis : Deux chiffres majeurs seront à suivre cette après-midi aux Etats Unis. Le premier est le rapport ADP relatant les créations d’emploi dans le secteur privé (consensus 170k vs 216k en novembre), un avant-goût avant la publication des chiffres officiels de l’emploi demain (consensus 178k vs 178k en novembre). Le second indicateur à suivre est l’enquête ISM dans le secteur tertiaire (consensus 56,6 vs 57,2 en novembre).

Suisse : La Suisse a publié ce matin ses nouveaux chiffres d’inflation. La dynamique à 12 mois est ressortie à 0% comme anticipé par les économistes. C’est la première fois depuis 26 mois que la dynamique d’inflation n’est pas négative. Ce bon résultat pourrait modérer l’ampleur de la consolidation du cours EUR/CHF actuellement observée.

EUR

Bénéficiant de bons fondamentaux en Zone Euro – indice PMI général à un plus haut depuis 5 ans et demi & accélération de l’inflation au-dessus de 1% - et d’investisseurs attentistes avant les minutes de la Fed, l’euro s’est consolidé face à l’ensemble de ses pairs du G10 (à l’exception notable du CAD et AUD qui bénéficient d’un rebond générale des cours des matières première). Face au dollar, l’euro s’est apprécié de près de 0,80% et atteint un pic de $1,0499 durant la séance américain sur fond de déception des investisseurs après des minutes de la Fed un peu moins optimistes qu’espéré. L’accélération de l’inflation en Zone Euro couplée à un ton moins agressif que prévu des banquiers centraux américains en termes de normalisation ont favorisé une compression des écarts de rendement entre les taux longs américains et européens. Le spread 10 ans entre les bons du Trésor américains et les bunds allemands a atteint hier son plus bas niveau depuis la réunion de la Fed du 14 décembre dernier (~218pbs) et favorisent ce matin une nouvelle consolidation de l’euro sur les marchés asiatiques (pic à $1,0575 observé).

Peu de chiffres marquants en Europe si ce n’est l’indice des prix à la production en Zone Euro. La volatilité sur le cours EUR/USD devrait essentiellement être influencée d’ici la fin de la semaine par la série de chiffres attendus aux Etats Unis, notamment l’indice ISM des services aujourd’hui et le rapport officiel de l’emploi demain.

Retour du cours EUR/USD au-dessus du niveau de $1,05…sur fond de forte compression du spread entre les taux 10 ans américains et allemands

Aujourd’hui :  Indice de prix à la production en Zone Euro

EUR/USD à 1,0531 (+0,43%)

USD

La déception mesurée des investisseurs à la sortie des minutes de la Fed (voir Focus de la veille) couplée à l’importante appréciation du yuan face au dollar en séance asiatique ce matin a provoqué un effet de panique sur le marchés et favorisé un recul général du yuan face à ses pairs. L’indice dollar DXY recule ce matin de 0,7-0,8% après avoir déjà reculé de 0,5% lors de la session d’hier. Sur la base de l’expérience de 2016, des doutes subsistent sur le rythme de normalisation des taux par la Fed. Si la bonne santé actuelle de l’économie américaine favorise une remontée progressive des taux d’intérêt – projection de deux hausses en 2017 pour les marchés de taux vs 3 hausses projetées cette année par la Fed – la future politique économique menée par Trump pourrait changer la donne, d’un côté comme de l’autre (accélération ou décélération selon la réaction de l’économie). Si c’est l’optimisme qui prime actuellement sur les marchés, un petit sentiment d’incertitude vient peu à peu pointer le bout de son nez. Beaucoup d’anticipations ont été faites, maintenant les investisseurs attendent des premiers résultats.Dans ce contexte le potentiel haussier des actifs américains (actions, taux, dollar) pourraient demeurer limité pendant quelques temps. Ces derniers auront peut-être l’occasion de se faire une meilleure idée de ce qui attend l’économie américaine puisque Donald Trump a annoncé hier qu’il tiendrait une conférence de presse le 11 janvier prochain, la seconde seulement depuis son élection le 8 novembre dernier, quelques jours avant son investiture officielle qui aura lieu le 20 janvier prochain.

Le dollar a net recul (1,3%) depuis hier suite à la parution de minutes de la Fed jugées moins optimistes qu’attendu

Aujourd’hui :  Indice ISM des services / Rapport ADP / Indice Markit PMI des services / Inscriptions aux allocations chômage

GBP

Malgré des indicateurs économiques au-dessus des attentes sur ces deux derniers jours, la livre sterling apparait désormais moins sensible aux bons résultats de l’économie britannique – fourchette de fluctuation étroite hier de £0,8478-£0,8537 .  La résilience actuelle de l’économie britannique est un fait avéré et n’apparait plus comme une surprise pour les investisseurs. Les risques autour de la devise britannique restent baissiers en amont du début des négociations relatives au ‘Brexit’. Theresa May a nommé hier un successeur à Ivan Rogers comme ambassadeur auprès de l’Union Européenne. Il s’agit d’un diplomate de carrière, ancien premier secrétaire auprès de l’ambassade britannique à Bruxelles et soutien public à la campagne du ‘Brexit’. 

On attend ce matin la publication de l’indice PMI du secteur tertiaire qui pourrait confirmer la solidité de l’économie britannique ou au contraire éveiller de nouvelles craintes. A suivre également aujourd’hui le discours du chef économiste de la Banque d’Angleterre Andy Haldane qui pourrait délivrer quelques détails sur les projections économiques de la banque centrale et le positionnement (actuellement neutre) de celle-ci en 2017. Ce matin on observe une large mouvement de recul de la livre sterling alors que selon le journal The Telegraph rapporte que Theresa May pourrait renoncer à un accès au marché unique européen à moins d’avoir le contrôle total de ses frontières. Le cours EUR/GBP a franchi ce matin le niveau de £0,8570, soit son plus haut niveau de l’année. La première ministre britannique a annoncé qu’elle tiendrait un entretien avec Sky News ce dimanche, aussi on en sera peut-être un peu plus sur ces réelles velléités.

Craintes de « sortie brutale » relancées par le journal The Telegraph  

Aujourd’hui :   Indice PMI dans le secteur des services / Discours d’Andy Haldane

EUR/GBP à 0,8566 (+0,68%)

CHF

Le cours EUR/CHF a rebondi au-dessus de ₣1,07 hier, bien aidé par le mouvement de consolidation de l’euro suite à la publication d’indicateurs économiques favorables (indice PMI & inflation). Cette consolidation se poursuit ce matin et le cours EUR/CHF a franchi sa résistance à court-terme (moyenne mobile 20j à ₣1,0722).  La croissance des prix à la consommation se contracte légèrement au mois de décembre (-0,1% M/M), mais la dynamique à 12 mois ressort à 0% comme l’anticipait les analystes. C’est la première fois en 26 mois que l’indice général d’inflation n’est pas négatif. Ce bon résultat de l’économie helvète ne devrait pas modifier la dynamique actuellement haussière sur le cours EUR/CHF, mais pourrait éventuellement contenir l’ampleur de ce rebond. A l’ouverture des marchés européens et suite à la publication des chiffres d’inflation, le cours EUR/CHF oscillait autour du niveau de ₣1,0730

Nouveau niveau support clé de ₣1,07 confirmé

Aujourd’hui :   Inflation

EUR/CHF à 1,0725 (+0,13%)


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.