Actualités du marché des devises

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nov. 14, 2016 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Points clés (séance asiatique/ouverture de la séance européenne) :

  • Matteo Renzi indique ce matin qu’il pourrait démissionner en cas de victoire du ‘non’ au référendum italien de décembre. L’euro recule de plus de 1% face au dollar et approche de son plus bas niveau de l’année ($1,0709 en janvier).
  • Renforcement du dollar (indice DXY au plus haut de l’année autour de 100) alors que les taux long sont au plus haut de l’année et que Trump continue de rassurer les investisseurs après son entretien sur CBS hier.
  • Le franc suisse a brisé le niveau de ₣1,07 ce matin sur fond de pessimisme vis-à-vis de la Zone Euro. Un tel niveau n’avait pas été observé depuis le ‘Brexit’. La BNS reste muette pour le moment.
  • Normalisation baissière sur le yen alors que les bons résultats de la croissance japonaise au 3ième trimestre rassure les investisseurs.                                                                  

Focus du week-end: Etats-Unis – Première sortie de Trump depuis la victoire (entretien de 60 min à CBS) 

Dans un entretien donné à la chaîne CBS, qui a été diffusé dimanche soir aux Etats Unis, Donald Trump revient sur les jours qui ont suivi son élection et son programme. Il a ainsi confirmé qu’ il désirait reconduire à la frontière plus de 3 millions d’immigré clandestins mais n’a pas ciblé une communauté en particulier. On pense ici au souhait exprimé par Trump durant la campagne de construire un mur entre les Etats Unis et le Mexique. La question du commerce international n’a pas été évoqué non plus durant cet entretien. Le nouveau président des Etats Unis semble affiché une facette de sa personnalité plus modérée que pendant la campagne, ce que n’a pas manqué de remarquer les marchés qui ont finalement plutôt bien digéré ce résultat.

Focus du jour : Zone Euro – Discours de Mario Draghi en Italie (texte publié à 16h45)

Invité par le ministère des finances et de l’économie italien à l’occasion d’une cérémonie commémorative en l’honneur de l’ancien président de la république Carlo Ciampi décédé en septembre, Mario Draghi délivrera un discours à cette occasion. Il apparaît peu probable qu’en de telle circonstance le président de la BCE n’évoque les perspectives futures de la politique monétaire menée par la banque centrale, mais il pourrait être amené à envoyer des signaux forts de soutien à l’économie alors que l’on voit un pessimisme s’installer chez les investisseurs concernant la Zone Euro dont on craint de potentielles nouvelles instabilités politique, économique et/ou bancaire. A quelques semaines d’un référendum décisif en Italie qui pourrait bouleverser le paysage politique local en cas de victoire du ‘non’ , et d’un entretien probablement tendu avec Bruxelles alors que l’Italie devrait vraisemblablement encore cette année avoir eu des excédents budgétaires supérieurs à 3% du PIB, la situation de l’Italie et de la Zone Euro dans son ensemble inquiète. 

EUR

De manière assez paradoxale, alors que l’on pensait qu’une victoire de Donald Trump favorisait un rebond de l’euro face au dollar sur fond de recrudescence de la volatilité sur les marchés et de nouvelles inquiétudes vis-à-vis de l’économie américaine, c’est tout l’inverse qui s’est passé. Le cours EUR/USD a enregistré sa plus mauvaise performance hebdomadaire depuis plus d’un an (fin octobre 2015 exactement) reculant de 2,6% et clôturant la session de vendredi sous le niveau de $1,09 après avoir débuté la semaine au-dessus de $1,11. Outre les fondamentaux économiques qui ont été plutôt décevants la semaine dernière (fort recul de l’activité du secteur industriel allemand et français), la victoire de Donald Trump après celle du ‘Brexit’ confirme la montée d’un mouvement populiste à travers le monde qui pourrait venir perturber la stabilité politique de la Zone Euro dans les mois à venir alors que l’on se prépare à de nouvelles élections générales en France et en Allemagne en 2017. A l’heure actuelle, c’est davantage la situation de l’Italie qui inquiète les investisseurs (voir Focus du jour) alors que se prépare le 4 décembre prochain un référendum sur une réforme de la constitution du pays. Si Matteo Renzi a déjà indiqué qu’ il ne démissionnerait pas en cas de victoire du ‘non’, sa légitimité, le cas échéant, pourrait être fortement remise en cause.

Outre les incertitudes politiques, on suivra en fil rouge cette semaine les sorties et possibles signaux envoyés par la BCE concernant ses intentions lors de la dernière réunion monétaire de l’année programmée le 8 décembre prochain. Mario Draghi s’exprimera à deux reprises cette semaine (aujourd’hui et vendredi) tandis que la BCE se réunira mercredi à l’occasion d’un conseil de gouvernance informel, et publiera jeudi la compte rendu de la dernière réunion monétaire qui s’est déroulée les 19 et 20 octobre derniers. A souligner également cette semaine, la publication des premières estimations du PIB au T3 en Allemagne et en Italie (mardi), ainsi que la révision des estimations de croissance (mardi) et d’inflation (jeudi) en Zone Euro.

Aujourd’hui :  Production industrielle en Zone Euro / Discours de Mario Draghi

EUR/USD à 1,0739 (-1,02%)

USD

Combien de temps la lune de miel entre Trump et les marchés durera ? Aussi longtemps que le nouveau président républicain affichera un discours modéré et n’évoquera pas ces promesses de campagne en matière d’immigration et de commerce internationale (politique protectionniste souhaitée) semble-t-il. Les baisses d’impôt auprès des ménages et des entreprises (volonté de réduire l’impôt sur les entreprises de 35% à 15%) combinées à un plan de $1trd de nouvelles dépenses en infrastructure pourraient favoriser une rapide accélération de la croissance à court terme, favorisant en parallèle une remontée graduelle des taux d’intérêt par la Fed et donc un renforcement du dollar. C’est aujourd’hui le scénario « idyllique » que les marchés commencent à intégrer (la forte montée des taux d’intérêt sur les marchés obligataires – taux 10 ans au plus haut de l’année vendredi à 2,24%). Toutefois si l’arrivée de Trump ne devrait pas remettre en cause une remontée des taux par la Fed en décembre – scénario encore confirmé par le vice-président Stanley Fisher vendredi – ce nouvel optimisme ou plutôt « moindre pessimisme » des marchés vis-à-vis de Trump repose sur peu de faits tangibles si ce n’est son discours de victoire mercredi dernier. A moins d’un revirement à 90 degré de son programme initial en matière notamment de commerce international, on pourrait voir surgir de manière ponctuelle plusieurs pics de volatilité dont pourrait pâtir le dollar. 

La valeur du dollar (indice DXY) a atteint ce vendredi son plus haut depuis 9 mois et est proche de ses plus hauts niveaux observés sur les 24 derniers mois, ce qui pourrait limité un nouveau renforcement important du dollar dans les prochaines semaines. Cette semaine on attend l’intervention de Janet Yellen devant le Congrès qui pourrait délivrer des détails sur les intentions de la Fed en 2017 et son positionnement face à la politique que souhaite menée Donald Trump. Au niveau économique, les nouveaux chiffres de ventes au détail (mardi) et d’inflation (jeudi) seront à suivre.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres économiques clés

GBP

La livre sterling a enregistré la semaine dernière sa plus forte performance hebdomadaire face à l’euro depuis 15 mois, la devise britannique s’appréciant de 3,2%. La victoire de Trump aux élections américaines et sa politique de relance fiscale pourraient favoriser une accélération des perspectives d’inflation à l’échelle mondiale, du moins c’est de cette manière que les investisseurs ont évalué l’arrivée de l’ancien magnat de l’immobilier à la Maison Blanche. Les marchés obligataires se tendent, le taux 10 ans britannique a retouché ce vendredi son plus haut niveau depuis le ‘Brexit’ (taux 10 ans à 1,33%), et favorisé des mouvements de « carry-trade » face à l’euro. La livre sterling favorise également d’un apaisement des tensions liées au ‘Brexit’ depuis la décision prise par la Haute Cour de Londres, d’obliger le gouvernement à consulter le parlement avant d’enclencher l’article 50. Selon les premiers échos délivrés par la presse, la Cour Suprême, qui a été saisie en appel par Theresa May, pourrait confirmer la décision prise par les juristes londoniens. Dans ce contexte, un début du processus de sortie d’ici la fin mars 2017 semble s’éloigner. Il sera intéressant de voir si la livre sterling a les moyens de se renforcer davantage alors que les incertitudes liées au ‘Brexit’ demeurent.

Semaine chargée au Royaume-Uni avec la publication cette semaine des chiffres de l’emploi, de l’inflation et des ventes au détail entre mardi et jeudi. Les analystes tablent sur une nouvelle hausse de l’inflation au Royaume-Uni qui pourrait ainsi dépasser les 1% pour la première fois depuis XX. Une hausse trop importante de l’inflation pose un nouveau problème à la BOE qui pourrait réfléchir à une hausse de ses taux d’intérêt à moyen terme en 2017. Mark Carney devra apporter des réponses aux craintes d’hyperinflation ce mardi devant les parlementaires britanniques.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres économiques clés

EUR/GBP à 0,8612 (-0,12%)

JPY

Le taux de croissance au Japon au T3 2016 est ressorti en nette hausse à 2,2% en rythme annualisé, soit bien au-dessus des attentes des analystes (0,9%) et de la performance enregistrée au second trimestre (0,7%). La croissance japonaise enregistre son troisième trimestre consécutif de croissance positif ce qui favorise paradoxalement une normalisation baissière du yen face à l’euro et au dollar, que l’on observe depuis la semaine dernière, sur fond de nouvel optimisme des investisseurs vis-à-vis des perspectives économiques mondiales.  La parité EUR/JPY continue d’osciller autour du niveau de ¥116 ce matin  après avoir atteint un plus haut depuis trois mois lors de la session de jeudi dernier (niveau de ¥116,6 atteint), tandis que la parité USD/JPY approche le niveau de ¥108, un niveau plus atteint depuis juin dernier. 

Il faudra suivre cette semaine si ce mouvement normatif est durable ou pas. Le niveau de ¥116 constitue toujours un seuil technique clé agissant comme une résistance sur la parité EUR/JPY. Au niveau politique, Shinzo Abe se rendra jeudi à New York pour rencontrer Donald Trump pour y discuter les futures termes du projet de traité commercial Trans-Pacifique, que le nouveau président américain ne semble pas vouloir maintenir.

Aujourd’hui :   Croissance du PIB au T3 2016

EUR/JPY à 115,92 (+0,08%)

CHF

Le franc suisse a brisé la résistance de ₣1,07 ce matin face à l’euro, une première depuis le ‘Brexit’,  alors que l’euro continue de souffrir des craintes grandissantes des investisseurs vis-à-vis de la Zone Euro. Après avoir défendu à maintes reprises le niveau de ₣1,08 sur le cours EUR/CHF, la BNS apparaît étrangement muette depuis deux sessions. Une possible intervention de cette dernière sur les marchés des changes n’est pas à exclure même si les effets de ces dernières actions ne semblent pas avoir été assez fortes pour endiguer les pressions haussières actuelles sur le franc suisse.

Peu de chiffres économiques à suivre cette semaine en Suisse, le renforcement important du franc suisse (+2,5% face à l’euro depuis début octobre) et ses potentiels impacts sur l’économie helvète et la politique monétaire de la BNS demeure le thème clé discuté par les marchés cette semaine.

Aujourd’hui :   Pas de chiffres économiques clés

EUR/CHF à 1,0702 (-0, 13%)


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