Actualités du marché des devises

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oct. 15, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un gros coup de mou du yen, un dollar canadien inarrêtable et une livre turque à nouveau à un plus bas historique

Tendance du jour : l'optimisme est de retour et imprègne ce début de séance vendredi sur les marchés des changes. Les effets du solide rebond hier des marchés boursiers américains (le plus fort depuis mars) se sont prolongés en Asie avec le rebond des principaux indices actions au Japon et à Hong Kong. Dans ces conditions, le yen est sur la défensive et subit ce matin une nouvelle glissade importante qui le ramène à plus de 132 ¥ face à l'euro. Le dollar est également sur la défensive ce qui donne l'occasion à l'EUR/USD de repointer son nez au-dessus de 1,16 $. Les devises liées aux matières premières (pétrole et métaux) comme le dollar canadien, la couronne norvégienne ou encore le kiwi dollar restent orientés à la hausse ce matin. La devise australienne est à l'arrêt et se heurte à une barrière majeure située à 1,56 A$. La livre sterling est à l'aise dans cet environnement haussier sur les marchés financiers et tente de percer une brèche à 0,8450 £, barrière qui fait office de plancher du taux EUR/GBP en 2021. Sur les marchés émergents, on relève la poussée du yuan (7,45 ¥) en écho aux mesures prises par Pékin pour assouplir les restrictions sur les crédits hypothécaires et ainsi relâcher l'étau sur un secteur immobilier sous tension face au risque d'effets de contagions en cas de faillite de plusieurs grands acteurs du secteur. La livre turque continue de reculer et oscille à un plus bas historique au lendemain de l'annonce d'un renvoi par Ankara de trois membres de la banque centrale turque.

 
EUR/USD - Une poussée à 1,16 $ mise à mal par de bons fondamentaux américains (+0,0% hier) : la journée avait plutôt bien commencé pour l'EUR/USD qui voyait les effets baissiers sur le dollar provoqués mercredi soir par les Minutes de la Fed se prolonger. Les révélations faites dans le compte rendu de la réunion monétaire de la banque centrale américaine indiquant le début du tapering "mi-novembre ou mi-décembre" ont provoqué une décompression de la devise américaine qui affichait un rallye de près de 3% face à un panier de devises sur les 5 dernières semaines et avait récemment touché un pic de plus d'un an. Ainsi, le taux EUR/USD s'est offert un rebond à plus de 1,16 $ pour la première fois depuis une semaine et enregistré un pic en séance à 1,1625 $. Toutefois, la paire de change a retracé une partie de ses gains dans l'après-midi après la publication de résultats économiques favorables aux Etats-Unis. Parmi eux, le nombre d'inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage qui a chuté à un plus bas depuis presque 19 mois (+293k) et l'indice de prix à la production qui a enregistré contre toute attente son plus faible rebond mensuel de l'année (+0,5% M/M vs. consensus +0,6%). Alors que la peur d'un scénario de stagflation s'est déversée depuis quelques jours sur les marchés financiers, ces résultats viennent temporairement calmer la nervosité à l'égard de ce scénario. Si la paire EUR/USD a échoué hier à se maintenir au-dessus de 1,16 $, elle pourrait retenter sa chance ce vendredi comme le suggère la dynamique haussière observée ce matin. L'embellie des marchés actions sur cette fin de semaine porte la paire ce matin mais encore une fois ce sera la teneur des statistiques américaines de cet après-midi (ventes au détail, confiance des ménages, indices de prix à l'import) qui viendra valider ou non ce mouvement.

 
EUR/GBP - La livre flirte avec ses plus hauts de l'année (-0,1% hier) : le rebond hier des marchés actions favorisé par de bons résultats trimestriels en Europe et aux Etats-Unis a offert un cadre favorable à la livre sterling. Profitant au passage de tergiversations de l'euro, la devise britannique en a profité pour tester hier ses plus hauts de l'année ... mais aussi depuis février 2020 situés au niveau de 0,8450 £. Toutefois, la paire EUR/GBP s'est heurtée à cette barrière et a rétropédalé après l'avoir frôlé (point bas recensé en séance à 0,8452 £). L'apparition de nouvelles tensions entre la France et le Royaume-Uni sur la pêche a eu peu d'influence sur la livre sterling, laquelle semble désormais immunisée (ou presque) contre les joutes verbales par presse interposée entre britanniques et européens. Paris promet des mesures de rétorsion contre le Royaume-Uni sous huit jours si jamais Londres ne délivre pas davantage de licences aux pêcheurs français. Si la France se dit soutenu sur la question de la pêche par plusieurs pays européens (11 pays dont l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie ont signé lundi une déclaration commune), il est néanmoins peu probable que la seconde économie européenne agisse seule sans l'aval de Bruxelles, ce qui présuppose le soutien de l'ensemble des 27 pays de l'UE. Donc peu de raisons de paniquer pour le moment pour les acheteurs de livre qui gardent néanmoins un œil sur les futurs développements de ce dossier. Bien qu'en légère hausse ce matin, le taux EUR/GBP se maintenait toujours sous le seuil de 0,85 £.

 
EUR/JPY - Le fort rebond des actions rend le yen vulnérable (+0,4% hier) :  la saison des résultats trimestriels d'entreprise a débuté cette semaine aux Etats-Unis et le moins que l'on puisse dire est que les premiers chiffres observés sont plutôt rassurants. Après JP Morgan mercredi, plusieurs banques américains ont publié des résultats au-dessus des attentes au T3 dont Bank of America, Citi Group ou encore Morgan Stanley. Ces nouvelles, ainsi que les bons résultats économiques publiés en parallèle aux Etats-Unis (voir section EUR/USD), ont fait rugir de plaisir la bourse américaine. L'indice S&P 500 a enregistré hier un rebond de +1,7%, soit sa meilleure séance depuis mars dernier. Les marchés actions européens ne sont pas en reste et viennent d'engranger sur les deux dernières séances presque 2% de gains. Ce regain d'optimisme des marchés actions dont le moral était récemment miné par la forte hausse des prix de l'énergie et la peur d'un scénario de stagflation de l'économie mondiale ont des répercussions néfastes sur le yen. La devise japonaise a enchaîné jeudi une 6ième séance consécutive de baisse face à l'euro pour une perte cumulée de plus de -2% et le taux EUR/JPY franchit ce matin un nouveau palier clé, celui de 132 ¥ qui le rapproche un peu plus de ses plus hauts de l'année (134 ¥).

 
EUR/CHF - Percée temporaire du franc à un pic depuis novembre 2020 (-0,0% hier) : l'euro reste globalement vulnérable face au nouveau rebond des prix de l'énergie que beaucoup d'observateurs, comme hier le superviseur de la BCE Andrea Enria, voient comme une possible menace pour les perspectives européennes. Le sujet est d'ailleurs pris très au sérieux par les dirigeants européens et sera au centre des débats lors du Sommet européen qui se tiendra les 21 et 22 octobre prochain. Un rapport publié par l'agence Bloomberg révèle d'ailleurs que les dirigeants européens s'apprêteraient à adopter des mesures d'urgence exceptionnelles pour faire face à ce qu'on qualifie désormais de "crise de l'énergie". Sur une pente descendante depuis la mi-septembre, le taux EUR/CHF a connu un nouveau coup de mou hier et chuté temporairement à un plus bas depuis novembre 2020 sous 1,07 ₣. La paire de change n'est pas parvenue à se maintenir sous ce niveau et a fini par retracer ses pertes. Le fort rebond des marchés actions hier a probablement freiné le mouvement baissier de la paire EUR/CHF qui, malgré un rebond ce matin, reste vulnérable.

 
EUR/AUD - La bonne performance des actions et matières premières tirent l'Aussie dollar vers le haut (-0,5% hier) : portée par le rebond des prix de l'énergie mais aussi du cuivre (+13% en 10 jours aux Etats-Unis), de l'aluminium (+9% en 15 jours en Chine) ou encore du minerai de fer (+15% en 12 jours en Chine), le dollar australien a pris le dessus sur l'euro et clôturé à un pic de presque 5 mois à proximité du seuil de 1,56 A$. On fait face à un rallye de plus de +3,5% du dollar australien face à l'euro sur les quatre dernières semaines. Celui-ci se prolonge ce matin et le taux EUR/AUD teste le support de 1,56 A$. S'il venait à rompre, le prochain seuil technique se situera à 1,54 A$ (plancher observé sur la période avril-mai 2021). Outre la hausse des prix des matières premières, le dollar australien jouit également d'un effet de soulagement des marchés à l'égard d'un assouplissement des restrictions sanitaires en Australie.

 
EUR/NZD - Le kiwi s'offre un rebond de 1% et remonte à un plus haut depuis février (-1,0% hier) : la devise néo-zélandaise a enregistré hier sa meilleure performance en séance face à l'euro depuis mai grâce à l'appui d'une forte poussée des prix des matières premières auxquels le kiwi dollar est très sensible. Sur les marchés à terme américains à Chicago, le prix de la poudre de lait écrémé est actuellement sur des plus hauts depuis 2014. En tant que premier producteur de produits laitiers, la Nouvelle-Zélande (et sa devise) voit la hausse des prix comme une aubaine et la promesse de plus forts revenus. Le taux EUR/NZD est de retour depuis hier sur ses plus bas niveaux depuis février à moins de 1,65 NZ$ et semble désormais vouloir se diriger vers le seuil de 1,64 NZ$, lequel n'a été franchi qu'à deux reprises cette année.

 
EUR/CAD - Le dollar canadien quasiment de retour sur ses niveaux d'avant crise (-0,6% hier) : rien ne semble pouvoir arrêter l'ascension du dollar australien, surtout pas lorsque les prix du pétrole sont en hausse comme cela a été le cas hier où le cours du baril de brut en Europe a tutoyé à nouveau ses plus hauts niveaux depuis 2018 à plus de 84 $. Le dollar canadien approche désormais les 5% de gains face à l'euro en l'espace de 4 semaines et n'est plus qu'à quelques encablures de ses niveaux d'avant crise recensés en février 2020 à 1,4260 C$. Alors que les cours du pétrole semblent peiner à accélérer, il sera intéressant de voir sir le taux EUR/CAD peut descendre encore plus bas sans l'appui d'un effet "pétrole".

 
EUR/TRY - La livre turque à nouveau dans la tourmente (+1,1%) : c'était un des principaux sujets de discussion hier sur les marchés des changes, la nouvelle déconfiture de la livre turque que l'on a vu chuter à un nouveau point bas historique face au dollar et face à l'euro. La cause de cette nouvelle contre-performance relève de l'annonce du renvoi sur décision gouvernementale de trois membres de la banque centrale turque qui avaient affiché leur opposition à la décision en septembre de réduire les taux d'intérêt de 100 pbs. Cette décision renforce la conviction d'une autonomie réduite de l'appareil monétaire national face au pouvoir et accentue la probabilité d'observer de nouvelles baisses de taux d'intérêt en Turquie dans les mois à venir. La livre turque restait ce matin sur la défensive et approchait du seuil de 10,70 TRY face à l'euro.


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