Devenir client

Actualités du marché des devises

juil. 28, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Soulagement face au retour au calme en Chine mais prudence avant la Fed

 

Tendance du jour : il y a un peu de soulagement qui se fait ressentir ce matin sur les marchés des changes face aux signes de retour au calme en Chine. La communication intensive de la presse d'Etat pour rassurer les acteurs financiers semble fonctionner, du moins les principaux indices boursiers chinois et à Hong Kong ont stoppé leur chute après avoir subi près de -10% de pertes sur les trois dernières séances. Si des mouvements correctifs s'observent ce matin, notamment sur le yuan que l'on a vu subir hier sa pire séance depuis 5 mois face à l'euro, on ne recense pas un enthousiasme marqué. Et pour cause, les regards sont tournés ce mercredi vers les Etats-Unis et la publication ce soir des conclusions de la dernière réunion monétaire de la réserve fédérale américaine (Fed). De retour depuis hier au-dessus de 1,18 $, l'EUR/USD marque le pas ce matin et pâtit de la déception causée par la publication en Allemagne et en France d'enquête de sentiment des ménages en-dessous des attentes. Tout proche de ses plus bas de l'année et de la barrière de 0,85 £, le taux EUR/GBP marque le pas, tout comme d'ailleurs la paire EUR/CHF qui continue à se casser les dents sur le seuil de 1,08 ₣. Malgré la publication ce matin de chiffres d'inflation au-dessus des attentes en Australie au T2 (+3,8% sur un an = pic depuis 2008), le dollar australien fait la moue (1,61 A$) après les annonces du gouvernement d'un prolongement du confinement d'au moins quatre semaines à Sydney. Au sein des devises émergentes, les devises asiatiques accueillent favorablement le retour au calme en Chine et retrace une partie des pertes de la veille. Le forint hongrois ne prolonge pas le rebond de la veille qui avait accompagné l'annonce en Hongrie d'une hausse de taux plus importante que ne le prévoyait le consensus.

 
EUR/USD - Un dollar tout timide avant la Fed : encore une journée hier avec peu de volatilité pour l'EUR/USD qui a tout de même enchaîné une 3ième séance consécutive de hausse pour venir se réinstaller au-dessus de 1,18 $ juste avant la réunion de la Fed programmée ce soir. Remonté la semaine dernière à un pic de 3 mois face à l'euro à moins de 1% de ses sommets annuels situés à 1,17 $, le dollar patine sur ce début de semaine malgré un environnement d'aversion au risque qui lui est à priori plus bénéfique qu'à l'euro. Les tergiversations du dollar trahissent une certaine prudence des acteurs financiers vis-à-vis de la communication de la banque centrale américaine qui pourrait se révéler plus prudente que lors de ses précédentes sorties, et surtout très pauvre en indices concernant d'éventuels ajustements apportés à la politique de soutien. Alors que les marchés ont déjà grandement anticipé une possible réduction des rachats d'actif cet automne et une première hausse de taux dès 2022, dans les faits la réserve fédérale américaine n'a jamais confirmé ce calendrier. Et il est peu probable qu'elle abonde dans le sens des marchés lors de sa réunion de juillet compte tenu de la forte remontée des tensions sanitaires aux Etats-Unis qui vient jeter une zone d'ombre sur la dynamique de reprise. La moyenne mobile sur 7 jours des nouvelles contaminations quotidiennes de COVID aux Etats-Unis approche les 60k, soit son plus haut niveau depuis 3 mois. Pour contrer cette recrudescence de la pandémie, plus forte dans les régions du sud que dans celles du nord où le taux de vaccination est plus important, les autorités de santé et la Maison Blanche envisagent le retour du masque ou encore la vaccination obligatoire des salariés d'agences fédérales. Qui plus est, la nervosité qui règne sur les marchés boursiers ou encore l'incertitude qui demeure concernant l'issue des négociations actuelles sur le plan d'infrastructure que les Démocrates souhaitent faire voter à 3,5 Trn$ justifient un statu quo de la Fed et une communication peu contraignante de sa part concernant son agenda monétaire. Le stimulus fiscal est l'un des principaux facteurs qui nourrit l'optimisme des observateurs de l'économie mondiale concernant les perspectives américaines. Le Fonds Monétaire International (FMI) a justement révisé à la hausse hier - une nouvelle fois - ses projections de croissance pour 2021 aux Etats-Unis de 6,4% à 7,0%, et cité le plan d'infrastructure comme levier de surperformance. Aussi on comprend parfaitement que les banquiers centraux décident de ne pas s'engager fermement tant que ce plan n'est pas voté au Congrès, et surtout tant que la situation sanitaire n'est pas sous contrôle. On suivra attentivement les réactions de marché au communiqué officiel de la banque centrale (20h00) et aux propos tenus par le gouverneur central Jerome Powell lors de sa traditionnelle conférence de presse (début à 20h30). Un discours teinté de prudence et une absence de signaux concrets laissant la porte ouverte à une réduction des rachats d'actif cet automne ("tapering") pourraient nourrir la déception des acheteurs de dollar et ainsi accentuer le rebond technique de la paire EUR/USD. Dans ce cas, une tentative de sortie par le haut du couloir de 1,1750-1,1850 $ (+/- 0,9%) dans lequel la paire de change est coincé depuis près de 2 semaines pourrait alors s'observer. Cette dernière accuse un léger recul ce matin après la publication coup sur coup d'indices de confiance des ménages en Allemagne et en France en-dessous des attentes du marché. Dans le premier cas il reste stable alors que le consensus misait sur un rebond et dans le second cas le moral des ménages français recule pour la première fois en 5 mois (-2pts en juillet à 101) après avoir touché en juin un pic depuis mars 2020.

 
EUR/GBP - L'UE adresse une branche d'olivier à Londres et les pressions sanitaires reculent au Royaume-Uni : on a appris hier que Bruxelles a décidé de geler la procédure de sanctions qu'elle avait lancé un peu plus tôt cette année contre le Royaume-Uni après sa décision de statuer arbitrairement et unilatéralement d'un délai concernant l'introduction de contrôles douaniers à la frontière nord-irlandaise. C'est une véritable branche d'olivier adressée par les européens dans le conflit qui l'oppose aux Britanniques concernant l'héritage du Brexit et l'application des termes de l'accord de sortie signé par les deux parties. Si le camp européen a toujours dit qu'il serait inflexible concernant le respect de l'accord, on peut tout de même voir dans cette récente décision un signe d'ouverture et une main tendue vers le camp britannique pour tenter de trouver un compromis sur la question nord-irlandaise. Ceci étant dit, cela ne préfigure en rien l'émergence de nouvelles tensions dans le futur sur ce dossier qui divise. Dans le même temps, on observe une nette décrue des nouvelles contaminations outre-Manche qui viennent d'enchaîner 7 jours consécutifs de recul. La moyenne mobile sur 7 jours des infections journalières est actuellement à son plus bas depuis 2 semaines. Si l'on se garde de faire des conclusions hâtives à ce stade, il semblerait néanmoins que le pic de la vague du variant Delta au Royaume-Uni est derrière nous et que les pressions sanitaires dégonflent. Une bonne nouvelle qui ne manque pas de faire réagir la livre sterling que l'on a vu progresser hier face à l'euro et se rapprocher à grand pas de ses plus hauts de l'année et de la barrière de 0,85 £. Le taux de change vient de reculer de -1,5% en l'espace d'une semaine et se retrouve désormais à environ 0,5% de son point le plus bas touché en 2021 (0,8470 £ le 5 avril 2021). Un léger retracement haussier s'observe ce matin sur l'EUR/GBP, confirmant ainsi le rôle répulsif joué par la barrière de 0,85 £ et la nécessité d'un catalyseur assez fort pour la casser.

 
EUR/JPY- Un yen tout sourire face aux tensions qui frappent les marchés chinois  : la séance de mardi a été marqué par un nouveau repli de la paire EUR/JPY sous le seuil de 130 ¥ sur fond d'aversion au risque généré par les vives secousses qui frappent en ce moment les marchés actions chinois. Qui plus est, le mouvement baissier a été alimenté par la contre-performance hier des valeurs technologiques américaines après la publication des résultats trimestriels de Google et d'Apple. Les craintes sur les perspectives de croissance du secteur malgré des profits records au T2 ont fait baisser les cours de bourse, aussi l'indice Nasdaq s'est contracté de plus de -1% mardi et enregistré sa plus forte contre-performance en séance depuis 2 mois. La paire EUR/JPY est stable ce matin et s'appuie sur l'impression de retour au calme sur les marchés actions en Chine et à Hong Kong. Un rebond correctif s'observe ce matin sur les principaux indices boursiers de ces pays (CSI 300, Hang Seng et HSCE) après trois séances consécutives de recul et des pertes avoisinant les -10%. Il faudra suivre attentivement dans les prochains jours si un rebond technique se forme ou si la crise de confiance des investisseurs étrangers à l'égard des actifs chinois est plus prononcée qu'il n'y paraît. La paire EUR/JPY sera également attentive aux réactions ce soir et demain matin des marchés financiers aux annonces faites ce soir par la Fed. Wall Street et les marchés actions dans leur ensemble accueilleraient favorablement un discours prudent de la part de la banque centrale américaine qui impliquerait de ce fait une prolongation dans le temps des mesures de soutien. Attention par contre à un éventuel retour de la nervosité si le projet de "tapering" est évoqué et s'annonce comme imminent aux Etats-Unis. Néanmoins, on doute que ce soit le cas compte tenu du retour des risques sanitaires aux Etats-Unis.

 
EUR/CNH - Gros coup de froid pour le yuan : la devise chinoise a cédé presque -0,8% hier face à l'euro et enregistré sa pire séance en 5 mois sur fond de répercussion des secousses des marchés actions chinois sur les autres actifs de la seconde économie mondiale. Observée la semaine dernière à un plus haut depuis plus d'un an face à l'euro à environ 7,61 ¥, le yuan a glissé hier en séance à un plus bas en juillet à presque 7,73 ¥. La marche de 7,75 ¥ - seuil qui n'a plus été franchi depuis plus d'un mois et la réunion de la Fed mi-juin - semble encore trop haute à gravir mais elle ne paraît pas inaccessible en cas de nouveau mouvement de panique sur les marchés financiers chinois. Ce matin, la paire EUR/CNH ne prolonge pas son rallye mais retrace naturellement une partie des gains de la veille alors que l'on assiste ce matin à un retour apparent au calme sur les marchés boursiers en Chine. La communication massive des journaux d'Etat soulignant le côté exagéré des récents mouvements baissiers observés au regard des bons fondamentaux économiques du pays a plutôt bien fonctionné. Le taux de change oscille ce matin à un peu plus de 7,69 ¥, toutefois le mouvement de retracement devrait rester dans un premier temps modeste tant que les acteurs de marché n'auront pas l'assurance que le calme est bien revenu en Chine.

 
EUR/HUF - Un resserrement monétaire plus important que prévu en Hongrie : le forint fut l'une des seules devises hors G10 à se renforcer hier face à l'euro, la devise hongroise s'appréciant de +0,6% et s'éloignant du creux de quasiment 3 mois atteint lundi à plus de 361 HUF. La raison de cette bonne performance relève de la décision hier de la banque centrale hongroise de procéder à un resserrement monétaire plus important que prévu pour contenir la remontée de l'inflation qui a été recensée en juin à un pic de plus de 8 ans à 5,3%. Après avoir déjà procédé à une première hausse de taux en juin, la NBH a décidé hier de relever de 30 pbs son taux directeur à 1,20 %, battant ainsi les attentes du consensus qui misait sur un resserrement de +20 pbs. La banque hongroise abandonne même contre toute attente sa politique de taux négatif qui avait été mise en place en 2016, cette dernière remontant le taux de dépôt de -0,05% à 0,25%. Le forint a reçu un petit "coup de pouce" de la banque et de ces annonces qui se sont révélées bien au-dessus des attentes du consensus néanmoins la devise reste proche de ses plus bas depuis 3 mois touchés un peu plus tôt cette semaine et est aujourd'hui valorisée (359 HUF) 4% en-dessus de son pic atteint en juin dernier à 345 HUF. La remontée des risques sanitaires en Europe depuis le début de l'été et la montée des tensions entre Bruxelles et le gouvernement d'Orban depuis l'adoption d'une loi jugée "homophobe" et contraire aux valeurs défendues par l'UE ont grandement endommagé le forint.


Recevez les dernières actualités sur le marché des devises

Publié cinq fois par semaine, ce bulletin d'information présente au quotidien des tendances et des activités qui touchent le marché sous forme d'actualités faciles à comprendre.