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Actualités du marché des devises

juil. 19, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 19 juillet 2019 – Sommaire :

  • La fin de séance de jeudi fut marquée par un fort repli du dollar sur fond d’anticipations d’une possible intervention de grande ampleur de la Fed à la fin du mois, cependant les effets semblent déjà se dissiper.
  • Malgré un rebond à $1,1280 hier, le cours EUR/USD est de nouveau sur la défensive ce matin après la publication d’indices PPI allemand à un creux de 2 ans ½. La paire est coincée depuis maintenant plus de 2 semaines dans un couloir étroit de $1,12-$1,13 (+/-0,9%).
  • Retombé hier sous le seuil de £0,90 en réaction à de solides ventes au détail au Royaume-Uni, la paire EUR/GBP ne prolonge pas son repli ce matin et reste stable. Les marchés semblent attendre le dévoilement mardi prochain des résultats des primaires du Parti conservateur pour se positionner.
  • Après avoir tutoyé hier ses plus bas niveaux de l’année et le seuil support de ¥121, le cours EUR/JPY rebondit modestement ce matin.
  • La paire EUR/CAD reste à proximité de ses plus bas niveaux de l’année, bien ancré dans un couloir de C$1,46-C$1,47, dans l’attente de nouveaux catalyseurs. Les chiffres ventes au détail publiés cette après-midi au Canada (14h30) pourraient en constituer un.
  • Le rand ne paraît pas affecté par la baisse de taux opérée hier en Afrique du Sud et oscille sur ses plus hauts niveaux depuis 5 mois face à l’euro à hauteur de ZAR 15,60.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Un membre de la Fed ravive les espoirs d’une baisse de taux de -50pbs et porte l’EUR/USD aux portes des $1,13 / Vif rebond de la livre sterling porté par les ventes aux détails / Le dollar australien accentue ses gains après l’emploi / Une baisse de taux en Afrique du Sud qui n’effraie pas le rand

La livre sterling et le dollar australien ont été deux des principaux acteurs de la séance de jeudi, tous deux réagissant positivement à la publication d’indices conjoncturels considérés comme positifs par les investisseurs. Après avoir trainé son spleen pendant toute la séance et une nouvelle fois flirté avec la barrière de $1,12 sous l’influence d’un nouveau recul des taux obligataires européens, l’EUR/USD a connu une envolée en fin de séance après l’intervention d’un membre de la Fed ravivant les espoirs d’un possible soutien plus fort que prévu de la part de la Fed à la fin du mois.

Orienté à la hausse en début de séance avec dans le viseur la moyenne mobile 100 jours situé à hauteur de $1,1250, le cours EUR/USD a connu une petite sortie de route l’envoyant aux abords de la barrière de $1,12 (point bas recensé en séance à $1,1203) après la publication d’un rapport par l’agence d’information Bloomberg indiquant que la Banque centrale européenne (BCE) étudiait actuellement un possible renouvellement de ses objectifs d’inflation, une information ravivant alors l’idée de fortes préoccupations de la part des banquiers centraux européens sur l’état de santé de l’économie européenne et d’une possible intervention sous forme de baisse de taux dans les prochaines semaines/mois. Alors que l’on croyait l’EUR/USD en mauvaise posture et à nouveau sous la menace de glisser en direction de ses plus bas niveaux de l’année situés au niveau de $1,11, le cours a bénéficié d’un fort repli du dollar en fin de journée consécutivement à l’intervention du président de l’antenne de la Fed à New York, John Williams. Sollicitant une intervention préventive forte de la part de la réserve fédérale américaine pour endiguer le glissement au cours des derniers mois de l’inflation sous son objectif de long terme de 2% et soutenir l’économie américaine face à la montée des risques externes, les marchés y ont vu là un argument venant soutenir la thèse d’une possible baisse de taux de -50pbs de la part de la banque centrale à la fin du mois alors que jusqu’à présent les marchés semblaient plutôt s’accorder sur l’idée d’une réduction monétaire de l’ordre de -25pbs. En écho à cette intervention de la part du président de la Fed de New York, le vice-président de la Fed Richard Clarida a lui aussi donné du grain à moudre à un scénario d’une intervention de grande ampleur en affirmant qu’il n’était pas nécessaire que les choses tournent mal pour que la banque fasse un geste fort sur les taux. Sur les marchés à terme, les investisseurs estiment désormais à presque 50-50 la probabilité d’une baisse de taux de -50Pbs alors qu’en début de semaine celle-ci n’était que d’environ 30%. Le repli du dollar donna des ailes à l’EUR/USD qui en profita pour effacer ses pertes et revenir à hauteur de $1,13 (pic recensé à $1,1280, clôture à $1,1275).

Si l’EUR/USD n’a finalement pas été impacté par le renforcement des spéculations de baisse de taux en Zone Euro et le recul des taux obligataires européens qui en découla, l’euro fut néanmoins sous pression hier face à l’ensemble de ses pairs, à l’exception notable des devises pétrolières tels que le dollar canadien et le rouble russe qui furent pénalisées hier par un nouveau recul important des prix du pétrole de presque -3%. Sous couvert d’un renforcement des inquiétudes autour de l’état de santé de l’économie mondiale après la publication en séance asiatique de fortes contractions des exportations et importations japonaises au mois de juin, les cours du brut de mer du Nord (Brent) ont chuté hier à un plus bas depuis un mois à moins de $62. Cela eu le mérite de donner un petit « coup de fouet » aux paires EUR/CAD et EUR/RUB, toutes deux valorisées à des plus bas depuis plus d’un an (21 mois pour la 1ière et 15 mois pour la 2nd).  Néanmoins, cela fut insuffisant pour ramener les deux paires au-dessus de leurs anciens niveaux supports, c’est-à-dire C$1,47 pour le cours EUR/CAD et RUB 71,0 pour le cours EUR/RUB.

Au début de journée, c’est la livre sterling qui était dans la lumière après la publication de statistiques de ventes au détail bien meilleures que prévu venant alors quelque peu atténuer les craintes autour d’un ralentissement marqué de l’économie britannique au second trimestre. Alors que le consensus misait sur une nouvelle contraction en juin comme lors des deux précédents mois, les ventes ont à l’inverse bondi de +1,0% par rapport à mai. La livre sterling en profita pour effacer une partie des pertes accumulées lors des derniers jours et s’écarter de ses plus bas niveaux depuis 6 mois. Subissant un repli de plus de -0,4%, le cours EUR/GBP est retombé hier sous le seuil de £0,90. Autre catalyseur positif pour la livre sterling, le vote jeudi au Parlement d’une motion empêchant le futur gouvernement de suspendre les activités de l’hémicycle en cas d’option prise de sortie sans accord de l’Union Européenne. Boris Johnson avait soumis cette idée avant d’éviter tout blocage législatif venant bloquer une sortie potentielle en octobre.

L’Australie a enregistré en juin +21k créations d’emploi à temps plein et vu le taux de chômage se maintenir pour le 3ième mois consécutif au niveau de 5,2%. Si ces chiffres n’ont rien d’extraordinaire, ils ont néanmoins été accueillis positivement par les marchés qui voient là un argument venant justifier aucune nouvelle intervention de la part de la banque centrale australienne à court terme. Après avoir déjà opéré deux baisses de taux successives de -25pbs en juin et juillet (taux actuellement à 1,0%), un rapport publié en début de semaine laisse entendre que la banque australienne est prête à réduire à nouveau ses taux d’intérêt si les conditions économiques étaient amenées à se dégrader davantage. Profitant également du retour au calme, potentiellement temporaire, sur le volet commercial entre la Chine et les Etats-Unis depuis le G20, le dollar australien en a profité hier pour accentuer ses gains face à l’euro, lesquels s’élèvent désormais à presque +3% depuis le point bas recensé fin juin à plus de A$1,64. Point notable, le cours EUR/AUD a chuté jeudi à un nouveau creux de deux mois sous sa moyenne mobile 200 jours située à A$1,5960 ce qui laisse supposé un prolongement possible de la trajectoire baissière en cours de la paire de change. Les prochains niveaux supports clés pour l’EUR/AUD se situent au niveau de A$1,59 et A$1,57 (plus bas de l’année).

Comme il l’était très fortement anticipé et déjà intégré par les marchés, la banque centrale sud-africaine (SARB) a procédé jeudi à une réduction de -25pbs à 6,50% de son taux directeur principal en guise de soutien à une économie qui s’est contractée sur les trois premiers mois de l’année. Cela n’a pas eu de réels impacts sur le rand, les marchés y voyant là un choix s’intégrant dans une tendance monétaire globale et qui ne devrait pas avoir de répercussions à court terme sur l’attractivité des actifs sud-africains dont les hauts rendements sont actuellement fortement recherchés par des investisseurs (stratégie de « carry trade ») dans un contexte de faible volatilité sur les marchés financiers. De manière assez peu naturelle, le rand s’est donc renforcé hier de plus de +0,7% face à l’euro et est revenu à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 5 mois à ZAR 15,60.

Influencé par le rebond de l’EUR/USD, le cours EUR/CNH a lui aussi rebondi et s’est écarté de ses plus bas niveaux depuis 6 semaines touchés en début de semaine pour revenir hier au niveau de ¥7,75.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  Un « coup de chaud » sans lendemain ou une embellie durable ? La volatilité de l’EUR/USD ce matin, en léger recul, laisse pencher pour la première hypothèse, l’absence de réels catalyseurs positifs sur l’euro restant pour l’heure le principal obstacle à un redressement significatif et durable de la paire de change. En effet, une fois n’est pas coutume, le rebond de la veille a une nouvelle fois été le fruit d’un affaiblissement du dollar que d’un réel renforcement de l’euro, lequel avait d’ailleurs été une nouvelle fois mis sous pression après la publication d’un rapport par l’agence d’information Bloomberg venant renforcer les spéculations de baisse de taux à venir de la part de la BCE pour soutenir une économie européenne en proie à une panne combinée de croissance, d’inflation et de confiance (les trois facteurs étant interdépendants). Dans un contexte de faible volatilité actuel et compte tenu de l’importance accordée par les marchés aux réunions monétaires de la BCE (décision le 25 juillet) et de la Fed (décision le 31 juillet) à venir ces deux prochaines semaines, tout élément en lien de près ou de loin au volet monétaire en amont de ces deux évènements est prétexte à l’interprétation, pour ne pas dire la surinterprétation. Hier ce sont les commentaires des membres de la Fed, et plus particulièrement du président de la Fed de New York, qui a ont mis le feu aux poudres et stimuler les anticipations de possible intervention de forte ampleur de la part de la banque centrale américaine. Ces effets se sont vite dégonflés ce matin en Asie alors que de nouvelles inquiétudes sur un ralentissement marqué de l’inflation en Zone Euro refont surface ce matin après la publication d’un large repli de la dynamique annuelle de l’indice de prix à la production (PPI) allemand ) à son plus bas niveau depuis 2 ans ½ à 1,2% (vs. 1,9% en mai). Cela tend à confirmer au combien les marchés sont versatiles et sensibles à la moindre information apportant un peu de contradiction aux deux scénarios principaux déjà très amplement intégrés depuis plusieurs semaines par les investisseurs, à savoir une baisse modeste de -25pbs de la part de la Fed à la fin du mois et une baisse de -10pbs du taux de dépôt de la BCE à la rentrée de septembre. En attendant de savoir si ces « paris » sont bons et que les banques centrales ne dévoilent leur plan d’action face à un contexte économique de plus en plus incertain, on cherche à tromper l’ennui en s’appuyant sur la moindre source de frisson. Ces variations restent néanmoins minimes et l’EUR/USD prolonge son séjour – déjà 2 semaines - dans un couloir étroit de $1,12-$1,13 (+/-0,9%). La publication cette après-midi des premières estimations de l’indice Michigan de confiance des ménages américains au mois de juillet – évènement majeur de la séance de vendredi - ne devrait pas vraisemblablement changer la donne.

Niveaux/Sentiment : Un retour au premier plan des inquiétudes sur l’inflation en Zone Euro (et plus particulièrement en Allemagne) associé à de nouvelles tensions géopolitiques entre les Etats-Unis et l’Iran après l’annonce de la destruction par la marine américaine d’un drone iranien dans le détroit d’Ormuz pèsent sur la paire EUR/USD et fait déjà oublier le rebond de la veille. En repli à $1,1260, la paire montre peu de prédispositions actuellement à pouvoir franchir le cap de $1,13 qui lui barre le chemin depuis maintenant plus de deux semaines. L’équilibre des spéculations de baisse de taux aux Etats-Unis et en Zone Euro maintient les marchés dans une situation d’attente avant les réunions monétaires de juillet et l’EUR/USD dans un couloir de fluctuation très réduit. Au regard du calendrier économique très limité ce vendredi en Zone Euro et aux Etats-Unis (attention néanmoins sur les indices Michigan publiés en fin d’après-midi), il est fort possible que nous assistions une nouvelle fois à un séance de l’EUR/USD où la fluctuation restera encadrée entre $1,12 et $1,13.

Perf 2019 =-1,81% / Moyenne 2019 = $1,1290 / Point haut 18 juillet 2019 = $1,1280 / Point bas 18 juillet 2019 = $1,1203 / Clôture 18 juillet 2019 = $1,1275


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