Actualités du marché des devises

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janv. 21, 2022 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La livre sterling handicapée par les ventes au détail, le franc suisse ne s'arrête plus de grimper & correction des devises cycliques

  
Tendance du jour : le début de séance est dominé par les mouvements correctifs des valeurs cycliques et émergentes provoqués par le mouvement de recul marqué des prix des matières premières, et notamment du pétrole (-2%), mais aussi par le repli significatif de la livre sterling (-0,5% à 0,8350 £) après la publication d'une contraction bien plus forte que prévu des ventes au détail outre-Manche en décembre (-3,7% M/M). Le dollar canadien (1,42 C$) s'écarte du pic de plus de 4 ans touché la veille tandis que le dollar australien (1,5750 A$) retrace une partie de ses gains de la veille. L'euro se reprend également ce matin après son recul de la veille. Néanmoins, le stress ambiant sur les marchés actions pourrait à nouveau le fragiliser si d'aventure de nouvelles pertes importantes s'observent. Le franc suisse poursuit sur sa lancée et enregistre pour le moment sa 9ième séance consécutive de hausse face à l'euro. Les tensions vives entre la Russie et les Etats-Unis autour de l'Ukraine mais aussi la proximité avec le scrutin présidentiel italien de lundi prochain qui pourrait bouleverser la gouvernance du pays sont des éléments qui favorisent la demande en franc. Le rouble est assez stable (87 RUB) en amont d'une rencontre officielle programmée ce vendredi à Genève entre le secrétaire d'Etat américain et le ministre des Affaires étrangères russe pour tenter de débloquer le conflit qui oppose les deux parties concernant l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. Le rand sud-africain (17,2 ZAR) reste sur une pente ascendante et ne semble pas pénalisé par l'aversion au risque, ce qui n'est pas le cas de la livre turque qui retraçait une partie des gains engrangés la veille après le statu quo monétaire en Turquie.

 
EUR/USD - L'inflexibilité de la BCE et le stress sur les marchés actions affectent l'euro (-0,3% hier) : malgré la confirmation hier d'un rebond de l'inflation en Zone Euro à un pic historique de 5% en décembre, la Banque centrale européenne ne devrait à priori pas se précipiter pour relever ses taux directeurs. La présidente de l'institution monétaire, Christine Lagarde, a tenu à réaffirmer ce positionnement de la banque, estimant que l'inflation devrait décélérer cette année grâce à une dissipation des pressions haussières relatives à la hausse la TVA en Allemagne et à la flambée des prix de l'énergie. Malgré les anticipations monétaires qui estiment actuellement que la BCE pourrait avancer son calendrier et intervenir plus vite que prévu pour combattre l'inflation, Lagarde a tenu à rappeler que les spéculations de marché ne reflètent pas la position de la banque. Si la présidente de la BCE se montre ferme et inflexible, les Minutes de la réunion monétaire de décembre publiées hier indiquent qu'il existe un débat au sein de la banque concernant la durabilité des pressions inflationnistes qui pourraient ne pas être aussi transitoires que ne l'affirme actuellement Christine Lagarde si jamais les salaires venaient à progresser significativement. La position de la banque centrale sur l'inflation apparaît de plus en plus isolée puisque de plus en plus de pays envisagent ou se sont déjà lancés dans une politique de lutte contre la hausse durable et significative des prix. Cette divergence de stratégie dessert l'euro dont l'attractivité est réduite à cause des taux directeurs négatifs en Europe. La communication prudente ("dovish") de Christine Lagarde s'est répercutée sur les marchés de taux, le 10 ans allemand reculant de près de 20 pbs à -0,27% alors qu'il avait été aperçu la veille en territoire positif pour la 1ère fois depuis avril 2019. Pas aidé par les propos de Lagarde, l'euro a également été pénalisé par la prolongation de la correction boursière aux Etats-Unis, les investisseurs lui préférant le dollar dans cet environnement de stress. Dans sa peine, le taux EUR/USD a néanmoins pu bénéficier d'un support à 1,13 $ pour limiter la casse et se maintenir au-dessus de ce cette barrière. Si la paire de change tente de rebondir ce matin, le spectre de l'élection présidentielle en Italie lundi prochain mais aussi les tensions géopolitiques très vives entre la Russie et les Etats-Unis devraient à priori annihiler toute tentative d'ascension vers 1,14 $. Attention même au possible retour sous le niveau de 1,13 $ si les marchés actions enregistrent à nouveau d'importantes pertes ce vendredi.

 
EUR/GBP - La livre sterling se rapproche de ses niveaux d'avant crise mais cale toujours sur la barrière de 0,83 £ (-0,2% hier) : sous l'impulsion d'un repli de l'euro, la livre sterling en a profité hier pour atteindre un nouveau sommet depuis février 2020 à 0,8303 £ mais n'a pas trouvé les ressources nécessaires pour franchir le seuil de 0,83 £ qui fait office de "plancher" pour la paire EUR/GBP depuis plus de 5 ans. La communication de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a remis la lumière hier sur les divergences de dynamique monétaire actuelle au Royaume-Uni et en Zone Euro, sachant qu'outre-Manche les débats ne questionnent pas si la Banque d'Angleterre va relever ses taux directeurs mais plutôt la magnitude et la vitesse de normalisation monétaire. Un resserrement monétaire devrait à priori être opéré en février puis possiblement 2 à 3 autres d'ici la fin de l'année. Après sa bonne performance de la veille, la livre sterling est en difficulté ce matin après la publication d'une contraction bien plus forte que prévu des ventes au détail au Royaume-Uni au mois de décembre (-3,7% M/M vs. consensus -0,6%). La hausse des prix et le variant Omicron sont les deux coupables désignés de cette contreperformance. Cela donne un argument de plus aux banquiers centraux britanniques pour intervenir urgemment afin d'éviter que la hausse des prix génère davantage de dommages collatéraux au niveau de l'économie britannique. Le taux EUR/GBP s'écarte ce matin du seuil de 0,83 £ et remonte au-dessus du seuil de 0,8350 £.

 
EUR/JPY - La chute prolongée de la bourse américaine plaît au yen (-0,5% hier) : le yen a enchaîné hier une 3ième séance consécutive de hausse face à l'euro, ce qui porte ses gains cumulés à +1% cette semaine et +1,8% depuis le creux touché le 5 janvier dernier, sur fond de prolongation des pressions baissières sur les marchés actions américains. Après une nouvelle chute de -1,1% l'indice principal S&P 500 cumule -3,9% de pertes sur les 3 dernières séances et oscille désormais à son plus bas niveau depuis 3 mois. Pour l'indice de valeurs technologiques Nasdaq, les pertes depuis mardi approchent les -5%, et lui aussi se retrouve à un plus bas depuis 3 mois. Les anticipations de remontée rapide et significative des taux d'intérêt aux Etats-Unis continuent d'effrayer les investisseurs qui se détournent des valeurs dites de croissance actuellement très fortement valorisées pour se positionner sur des valeurs dites "cycliques" et peu chères. Cette dégringolade des cours va-t-elle se prolonger ?  Cela dépendra très certainement de la communication délivrée par la réserve fédérale américaine lors de sa première réunion monétaire de l'année programmée mardi et mercredi prochain. Si elle venait à tenir un discours très offensif laissant présumer un cycle de normalisation rapide et significatif couplant à la fois hausse de taux et réduction du bilan alors la panique pourrait s'emparer des marchés actions, et le yen pourrait alors engranger davantage de gains. Son potentiel haussier demeure relativement élevé au regard de sa valorisation actuelle.

 
EUR/CHF - Le franc poursuit son ascension (-0,1% hier) : le franc a enregistré jeudi sa 8ième séance consécutive face à l'euro et se rapproche pas à pas du seuil de 1,03 ₣ qu'il avait déjà tutoyé en début d'année. La contraction prolongée des marchés boursiers et les risques géopolitiques autour de l'Ukraine mais aussi l'incertitude politique qui émane d'Italie où l'élection présidentielle de lundi (scrutin indirect) pourrait influer sur la gouvernance générale du pays sont autant d'éléments qui favorisent le franc par rapport à l'euro. La paire de change reste sur la défensive ce matin à 1,0370 ₣.


EUR/CAD - Le dollar canadien grimpe à son plus haut niveau depuis 2017 grâce au pétrole (-0,4%) : porté par un nouveau rebond du pétrole à un pic de plus de 7 ans à plus de 89 $ le baril en Europe, le dollar canadien a temporairement grimpé à son plus haut niveau depuis avril 2017 face à l'euro à 1,41 C$. Une fois ce seuil touché, le loonie canadien a légèrement retracé et ce matin il faisait son retour à 1,42 C$ sous l'effet d'une contraction significative (-2%) des prix du brut.

 
EUR/AUD - Une éclaircie très furtive pour l'Aussie dollar (-0,5% hier) : porté hier par la chute du chômage en Australie et le rebond prolongé des prix du minerai de fer dont l'Australie est le principal producteur et exportateur mondiale, l'Aussie dollar déchante ce matin et retrace une partie de ses gains alors s'observe ce vendredi une correction générale des prix des matières premières. Le stress ambiant également visible sur les marchés actions ne sont pas non plus propices à une revalorisation de la devise australienne. Après s'être contracté hier à un creux de plus de 2 semaines à moins de 1,56 A$, le taux EUR/AUD est de retour ce matin à plus de 1,5750 A$. Le taux EUR/AUD restait sur 3 séances consécutives de baisse et un repli global de -1,1%.

 
EUR/ZAR - Le rand sud-africain accélère son ascension à l'approche de la réunion monétaire de la semaine prochaine (-1,0% hier) : grâce à l'appui d'un fort rebond des prix des métaux précieux tels que le platine et le palladium, mais aussi les fortes anticipations à l'égard d'un scénario de hausse de taux annoncés la semaine prochaine en Afrique du Sud (réunion monétaire le 27 janvier), le rand a bondi de +1% face à l'euro. Le taux EUR/ZAR est depuis quelques jours déjà dans une phase descendante, et la journée d'hier n'a fait qu'accélérer cette dynamique. Le taux EUR/ZAR a ainsi clôturé hier à son plus bas niveau depuis 12 semaines à un peu plus de 17,20 ZAR, et demeurait toujours orienté à la baisse ce matin. Attention tout de même à l'enflammade et à la possible correction si jamais les tensions sur les marchés actions s'intensifient et/ou si la banque centrale sud-africaine ne délivre pas ce que les marchés attendent d'elle, c'est à dire une hausse de taux agressive.

 
EUR/TRY - Les marchés accueillent positivement la pause du cycle de baisse de taux en Turquie (-1,3% hier) : comme il l'était grandement attendu, la banque centrale turque n'a pas donné le bâton pour se faire battre et a logiquement décidé de maintenir son taux directeur à un niveau inchangé de 14%, mettant ainsi fin à une série de 4 baisses de taux consécutives entre septembre et décembre. Après les importantes turbulences subies ces derniers mois et la crise de confiance dont a souffert la livre turque au dernier trimestre 2021, la priorité des autorités turque semble être de retrouver la confiance des acteurs de marché. La livre turque a rebondi de plus de 1% hier face à l'euro pour approcher ses plus hauts de l'année à près de 15,0 TRY. Une confiance retrouvée mais de courte durée puisque la devise turque retraçait déjà une partie de ses gains ce matin alors que l'aversion au risque domine les marchés des changes ce vendredi.


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