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Actualités du marché des devises

juil. 09, 2020 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Les actions chinoises et les exportations allemandespoussent l'euro à un pic d'un mois (vs. USD & JPY)

  • Après avoir bénéficié hier de la faiblesse du dollar, l'euro s'appuie ce matin sur l'enthousiasme communication du rallye ininterrompu des actions chinoises et le plus fort rebond depuis 1993 des exportations allemandes au mois de mai (+9% M/M) pour remonter à un pic d'un mois face au dollar (1,1350 $) et au yen (122 ¥). Le seuil de 1,14 $ fait pour le moment figure de plafond et refrène l'ascension de la paire EUR/USD. Il pourrait néanmoins être testé si jamais les résultats des inscriptions aux allocations chômage aux Etats-Unis déçoivent (ie. volume plus important que prévu, chiffres publiés à 14h30). Pour l'heure la devise européenne est dans le vert face à quasiment l'ensemble de ses principaux pairs, devises développées et émergentes confondues. Outre l'emploi américain, l'attention des investisseurs sera attentive ce jeudi aux résultats du vote en Europe sur la présidence de l'Eurogroupe, lequel pourrait avoir une influence sur l'issue des négociations en cours sur le plan de relance européen. Les développements sur le Brexit, les tensions sino-américaines mais aussi la situation sanitaire dans le monde restent bien évidemment les sujets sur lesquels les observateurs des marchés des changes sont les plus sensibles.
  • Rien n'arrête la bourse chinoise, ni même le yuan (CNY, AUD) : Malgré les mises en garde du régulateur chinois sur les pratiques de certaines organisations proposant des prêts personnels comme levier d'investissement pour tirer profit de la tendance haussière actuelle des marchés actions, la bourse chinoise poursuit son rallye et enchaîne ce matin une 8ième séance consécutive de hausse (+1,0%) pour un gain cumulé de plus de 16%. Le yuan engrange lui une 6ième séance consécutive de hausse face au dollar (gain cumulé de +1,2%) et oscille ce matin à un pic de presque 4 mois sous la barrière symbolique de 7,0 ¥. Face à l'euro, la devise chinoise perd du terrain et s'écarte du seuil support de 7,90 ¥ approché en début de semaine pour se rapprocher des niveaux de 7,95 ¥. Contrairement à ce que l'on aurait pu penser, l'euphorie des marchés actions chinois ne profite pas au dollar australien qui, dans la lignée de la semaine, continue ce jeudi de faire du sur-place face à l'euro dans un couloir étroit de prix de 1,62-1,63 A$. Le choix de Camberra de suspendre son traité d'extradition avec Hong Kong et d'assouplir les visas d'arrivée de ressortissants de l'ancienne colonie britannique en réponse à la récente introduction d'une nouvelle loi de sécurité intérieure sous l'influence de la Chine pourraient générer de nouvelles tensions avec Pékin, et de ce fait effrayer les acheteurs de dollar australien. Le moral de ces derniers est déjà quelque peu friable depuis l'annonce cette semaine d'un reconfinement de la province de Victoria en Australie où se situe la ville de Melbourne.
  • Une recrudescence du virus aux Etats-Unis qui commence à se répercuter sur le dollar ? (USD) : La devise américaine a vécu une journée compliquée mercredi et cédé du terrain face à l'ensemble de ses pairs en dépit d'un contexte de marché plutôt partagé entre l'espoir d'une reprise rapide de l'économie mondiale et les incertitudes liées à la recrudescence du coronavirus dans le monde, et plus particulièrement aux Etats-Unis. Le pays a franchi hier un cap symbolique, celui des 3Mln de cas confirmés de personnes ayant été contaminées par le coronavirus après une nouvelle journée record où plus de 60k nouveaux cas ont été recensés. Alors qu'on avait approché le cap des 1000 décès dans la journée mercredi (plus haut niveau depuis 1 mois), les Etats-Unis encore enregistré mercredi un nombre élevé de décès liés à la pandémie (890). À mesure que le coronavirus progresse, les libertés se restreignent et de plus en plus d'Etats ont décidé d'introduire (ou réintroduire) des mesures de restriction et distanciation sociale pour tenter de freiner les contaminations. Si cette situation devait se prolonger, voire empirer, cela pourrait adresser un véritable coup de frein à la dynamique de redressement de l'économie américaine. C'est du moins l'avis de certains membres éminents de la Fed comme il l'a été rapporté mardi dans les propos de R. Bostic (Fed d'Atlanta). Réagissant généralement plutôt positivement aux mauvaises nouvelles, le dollar semble voir son armure protectrice se fissurer au gré de la montée des doutes des acteurs de marché à l'égard de l'économie américaine. Les risques de conflit par ailleurs avec la Chine autour de Hong Kong n'ont pas non plus tendance à atténuer les inquiétudes actuelles vis-à-vis des Etats-Unis. Seul point positif, la bonne conduite des marchés actions américains qui ne montrent aucun signe de panique et restent orientés à la hausse. La faiblesse du dollar à laquelle s'ajoute l'enthousiasme communicatif provoqué par le rebond ininterrompu de la bourse chinoise (8ième séance de hausse consécutive ce mercredi) poussent l'EUR/USD à un pic d'un mois à plus de 1,1350 $.
  • L'Eurogroupe élit son nouveau président (EUR, CHF) : Le groupe réunissant les ministres des finances des 19 membres de la Zone Euro votera ce jeudi son nouveau président. Trois candidats tiennent actuellement la corde pour remplacer le portugais Mario Centeno. Parmi les prétendants, on a l'espagnole Nadia Calvino, qui a longtemps fait figure de favorite, l'irlandais Paschal Donohoe et le luxembourgeois Pierre Gramegna. Le choix du nouveau président de l'Eurogroupe est important car sa voix pourrait être décisive dans les négociations qui se jouent actuellement à Bruxelles sur la finalisation du plan de relance européen. La chancelière allemande Angela Merkel, actuellement à la présidence de l'Union Européenne, a appelé hier à une Europe unie pour assurer la relance d'une économie européenne qui selon les dernières projections de la Commission Européenne pourrait subir une contraction de -8,7% cette année. Les marchés veulent croire qu'en dépit des divergences politiques entre pays européens, le rapport de force penche actuellement dans le camp des partisans du plan de relance dans sa forme actuelle. D'où la bonne tenue de l'euro en ce moment. Attention tout de même à la douche froide si jamais le plan était à nouveau rejeté lors du vote programmé la semaine prochaine lors d'un Sommet européen extraordinaire (16-17 juillet). Le manque de vigueur depuis plusieurs semaines de la paire EUR/CHF (1,06 ₣) semble trahir une certaine quelques inquiétudes parmi les investisseurs européens quant à un possible revirement de situation sur ce dossier et le retour de turbulences dans la région.
  • Un plan de relance de 30 Mds£ qui laisse les marchés de glace (GBP) : Une partie des mesures de relance annoncées mercredi par le ministre britannique des finances, Rishi Sunak, avait déjà filtré dans la presse et ont donc généré peu de réactions parmi les investisseurs, lesquels n'ont semble-t-il pas été impressionnés par la magnitude des aides au regard de la crise inédite subie. Parmi ces mesures, le gouvernement cible ses priorités. Tout d'abord l'emploi dont on craint une explosion du chômage une fois que le programme de chômage partiel arrivera à son terme en août. L'OCDE a d'ailleurs récemment mis en garde contre un risque de hausse du chômage à presque 15% au Royaume-Uni contre 3,9% avant le début de la pandémie. Pour empêcher cela, le gouvernement va adresser aux employeurs un bonus de 1000 £ pour chaque personne qui est maintenue à son poste après août. Cela représente donc un coût qui pourrait atteindre jusqu'à 9 Mds£. Un plan d'aide à l'emploi pour les jeunes (18 - 24 ans) de 2 Mds£ sera également mis en place. L'autre mesure phare, en plus de la hausse de 5 Mds£ des investissements en infrastructure déjà annoncée par le premier ministre Boris Johnson la semaine dernière, c'est la baisse temporaire de TVA de 20% à 5% pendant une période de 6 mois dans la restauration et l'hôtellerie, deux des secteurs les plus lourdement touchés par la crise sanitaire. La livre sterling est restée relativement stable et n'a pas réellement reçu de soutien par l'intermédiaire de ces annonces. Au contraire, elle a dû résister à des pressions baissières tentant de la ramener au-dessus du seuil de 0,90 £ face à l'euro dans un contexte global d'aversion au risque alimenté par des craintes face à la recrudescence du virus dans le monde. Les acheteurs de livre seront désormais attentifs aux développements sur le front commercial et d'éventuels progrès dans les négociations que mènent le Royaume-Uni et l'Union Européenne pour tenter de conclure un accord commercial. La devise britannique pourrait souffrir d'un peu d'attentisme des marchés avant la calendrier économique chargé de la semaine prochaine où l'on attend les chiffres de PIB au mois de mai, mais aussi les nouvelles statistiques sur l'emploi, l'inflation, la production industrielle ou encore la balance commerciale.
  • Emergents - le rand s'appuie sur le rebond de la bourse (ZAR) : Portés par le rebond prolongé des actions américaines et des cours du pétrole, plusieurs devises émergentes ont connu une journée faste mercredi. C'est notamment le cas du rand sud-africain qui consolide sa position actuelle dans un couloir de prix de 19,0-19,5 ZAR face à l'euro. Le real brésilien et le peso mexicain se sont également légèrement repris mais voient leurs gains déjà effacés ce matin sous l'impulsion d'un rebond de l'euro. La couronne tchèque a favorablement accueilli l'atténuation bien plus importante que prévu de la contraction annualisée des ventes au détail au mois de mai (-0,7% A/A vs. consensus -6,5% et -10,5% en avril). Le cours EUR/CZK s'est contracté de -0,3% à 26,6 CZK, et reste à proximité du seuil support de 26,5 CZK qui fait office de plancher depuis la mi-mars.

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