Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 11 avril 2019 – Sommaire :

  • L’euro a finalement passé l’épreuve de la BCE sans encombre et surfe ce matin sur la dissipation des risques liées au Brexit. Les cours du pétrole font eux une pause.
  • Les 27 membres de l’UE se sont accordés sur un report de la date de sortie du Royaume-Uni jusqu’au 31 octobre 2019, soit 4 mois de plus que ce qu’avait réclamé Londres (30 juin).
  • L’EUR/USD retape à la porte des $1,13 après un bref décrochage la veille sous $1,1230 à la sortie de la conférence de presse de M. Draghi.
  • L’EUR/CHF retrouve 3 semaines après le niveau de ₣1,13 tandis que le cours EUR/JPY conforte sa position à plus de ¥125.
  • La paire EUR/GBP reste étonnamment stable à plus de £0,86. Le report était déjà anticipé par les marchés et la longueur de l’extension fait craindre de nouvelles dissensions politiques.
  • Rebond correctif de la paire EUR/AUD après avoir atteint la veille un plus bas annuel à A$1,5710.
  • Le cours EUR/CAD remonte à C$1,5050 alors que les cours du pétrole corrigent de plus de -0,5% après avoir atteint la veille de nouveaux pics de 5 mois (Brent à plus de $71)
  • La paire EUR/NOK reste orientée à la baisse et oscille sur ses plus bas niveaux depuis 5 mois à moins de NOK 9,60.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

 

USD

EUR/USD :  La réunion de la BCE de la veille n’a pas apporté de réels éléments nouveaux sinon conforté l’opinion qu’un projet de hausse de taux est bien à ranger aux oubliettes, du moins pour tout ce qui concerne l’année 2019. L’absence de commentaires à proprement parlé sur une éventuelle baisse de taux de la part de la BCE a permis dans un premier temps de contenir les pressions baissières apparues à la sortie de la conférence de presse, et surtout participé à les rendre éphémères. Il faut dire que dans le même temps, le dollar s’est retrouvé à court d’arguments pour justifier de nouvelles prises d’achat. Le recul surprise de l’indice d’inflation de base et l’approche « patiente » désormais adoptée par la Fed n’ont en effet pas réellement convaincu les investisseurs. Finalement face à ce statu quo général – les positions des deux banques centrales n’apparaissant pas réellement différentes de celles déjà observées en mars – c’est l’euro qui s’en est le mieux tiré. Il faut dire que le volet du Brexit et l’effet de soulagement qui a accompagné tout au long de la journée les rumeurs et spéculations de report de la date de sortie après le 12 avril ont offert un formidable soutien à une devise européenne clairement en manque d’attractivité. Sachant cela, au regard du calendrier économique réduit ce jeudi et sauf nouveau rebondissement autour du Brexit et/ou sur le volet commercial, il n’y a pas de raisons que l’EUR/USD ne poursuive pas sur sa lancée et stoppe sa progression qui l’amène ce matin aux portes des $1,13.

Niveaux clés : Bien qu’orientée à la hausse depuis le début de semaine, on observe un frein de la paire EUR/USD à l’approche de la barrière de $1,13 sous laquelle elle oscille depuis maintenant 2 semaines. La dernière fois qu’elle était tombée sous ce seuil, le redressement avait été immédiat or cette fois la lenteur de la progression tend à confirmer un manque clair de catalyseurs et de leviers sur lesquels la devise européenne peut s’appuyer pour se renforcer. Bien que peu surprenante, il est néanmoins évident que la confirmation par la BCE d’une approche prudente et d’inquiétudes à l’égard du contexte européen n’invitent pas à l’optimisme. Au regard des obstacles, on peut raisonnablement penser que le franchissement de ce seuil pourrait revêtir un aspect psychologique fort et attirer, le cas échéant, de nouveaux acheteurs d’euro. La dissipation des risques de « Hard Brexit » soutient ce matin la paire de change mais il faudra d’autres arguments pour lui faire prendre son envol. Cela pourrait venir des Etats-Unis et d’un éventuel nouveau repli du dollar en cas de résultats décevants cette après-midi des indices de prix à la production (PPI) et/ou des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage.

 Perf 2019 =-1,61% / Moyenne 2019 = $1,1343 / Point haut 10 avril 2019 = $1,1286 / Point bas 10 avril 2019 = $1,1228 / Clôture 10 avril 2019 = $1,1273

GBP

EUR/GBP :   On aurait pu penser que l’annonce officielle faite dans la nuit par les européens d’un accord sur un report d’un peu plus de 6 mois de la date de sortie du Royaume-Uni provoquerait quelques remous au niveau de la paire EUR/GBP. Il n’en est rien et celle-ci reste stable au-dessus du seuil de £0,86. Il est évident que cette décision de reporter le Brexit au-delà de l’échéance du 12 avril, date initialement fixée par Bruxelles fin mars à l’occasion de la première requête de report formulée par Londres, était clairement anticipée par les marchés d’où la raison plus que probable de ce manque de réaction de la part des investisseurs. De plus, on peut paradoxalement s’inquiéter de cette décision de la part des 27 membres de l’UE d’accorder une extension de la période de sortie plus longue qu’il ne l’était réclamé par Theresa May (31 octobre Vs 30 juin). Cela induit une participation automatique du Royaume-Uni aux prochaines élections européennes et surtout cela renforce la perspective d’un possible retour en arrière, soit deux perspectives qui font sérieusement enrager la frange la plus conservatrice et partisane d’une rupture avec l’UE au sein de la formation politique de la première ministre. Cette proposition d’extension de 6 mois accordée par Bruxelles doit maintenant passer par le Parlement britannique pour être validée, ce qui présuppose un risque de rejet au regard des dissensions actuelles qui subsistent parmi les conservateurs. Donc pas d’emballement pour les détenteurs de livre sterling qui préfèrent attendre et observer la tournure des évènements avant de prendre de nouvelles positions.

Niveaux clés : Dans le contexte actuel, il n’y a pas (ou peu) de raisons que l’EUR/GBP s’extirpe soudainement du couloir de £0,85-£0,87 dans lequel elle oscille depuis environ 6 semaines. Néanmoins, un mouvement de rébellion dans le camp conservateur et la montée d’un risque de vote à la Chambre des communes contre la proposition européenne de report du Brexit jusqu’au 31 octobre 2019 pourraient venir alimenter un peu de nervosité sur les marchés britanniques et initier un mouvement de repli de la livre. Dans le cas inverse, tout effet de soulagement relatif à une dissipation temporaire des craintes de rupture brutale pourrait renvoyer l’EUR/GBP sous £0,86.

Perf 2019 =-4,07% / Moyenne 2019 = £0,8704 / Point haut 10 avril 2019 = £0,8638 / Point bas 10 avril 2019 = £0,8589 / Clôture 10 avril 2019 = £0,8612