Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 13 février 2019 – Sommaire :

  • L’euro tâtonne un peu ce matin après son impressionnant rebond de la veille provoqué les propos rassurants de Donald Trump sur le volet commercial et le « shutdown ».
  • De retour à plus de $1,13 après avoir touché un creux de 3 mois en séance mardi, l’EUR/USD stagne ce matin et peine à trouver un second souffle.
  • L’EUR/GBP plafonne à £0,88 après que Theresa May ait annoncé qu’un nouveau vote sur le texte de sortie ne sera pas organisé avant la fin du mois.
  • Chiffres d’inflation au Royaume-Uni (10h30) et aux Etats-Unis (14h30) à suivre ce mercredi.
  • L’EUR/JPY reste orienté à la hausse et oscille ce matin à un pic d’une semaine à plus de ¥125 tandis que la paire EUR/CHF se heurte au seuil de ₣1,14.
  • Repli de la paire EUR/SEK à un creux d’une semaine d’environ SEK 10,45 après le statu quo prononcé par la banque centrale suédoise et une communication moins alarmiste que prévu de sa part.
  • Le dollar néo-zélandais bondi de plus de 1% ce matin après la réunion hier soir de la banque centrale néo-zélandaise.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mardi : Donald Trump déclenche un vent d’optimisme sur les marchés des changes / L’euro se reprend

La séance de mardi fut marquée par le soulagement des marchés à l’écoute des propos rassurants de Donald Trump sur le risque de  nouveau « shutdown », qu’il semble à priori vouloir éviter, et sur la Chine avec qui les négociations pourraient être prolongées au-delà du 1er mars qui sonnera la fin de la trêve de trois mois conclue lors du dernier Sommet du G20. Après avoir passé une bonne partie de la matinée dans le rouge et touché à cette occasion un creux de 3 mois à $1,1254, le cours EUR/USD a surfé sur ce regain d’optimisme général des marchés pour effacer ses pertes de lundi et revenir s’installer au-dessus de son support de $1,13. L’euro s’est également significativement repris face aux valeurs refuges contre lesquelles il s’était dernièrement déprécié, c’est-à-dire le yen japonais et le franc suisse. Ainsi, le cours EUR/JPY a rebondi mardi de plus de +0,5% et est remonté au-dessus du seuil de ¥125 tandis que la paire EUR/CHF a progressé de +0,7% pour revenir à hauteur du seuil de₣1,14. Cette montée d’optimisme s’est également répercutée sur les prix des matières premières, et notamment ceux du pétrole qui ont gagné jusqu’à +3,0% de gains en séance (pic annuel approché de près par l’indice Brent à plus de $63) avant de corriger en fin de journée et de conclure la séance avec une performance finale d’un peu moins de 1,5% ($62,4). Le dollar canadien a profité de ce rebond des prix du brut pour venir se réinstaller sous le seuil de C$1,50 face à l’euro et tutoyer ses plus hauts niveaux observés sur les trois derniers mois. Après sept séances consécutives de repli et un creux de 5 semaines touché face à l’euro, la couronne norvégienne a également profité de ce raffermissement des prix du pétrole pour se reprendre mardi et la paire EUR/NOK est retombée sous le seuil de NOK 9,80. La couronne suédoise n’est pas demeurée en reste et participée elle-aussi à la fête. Aussi, après s’être dépréciée de -2,5% face à l’euro sur les trois dernières semaines et -3,5% depuis le début de l’année, celle-ci a enregistré mardi sa deuxième séance consécutive de hausse et est revenue sous le seuil de SEK 10,50. Après cinq séances consécutives de pertes et un point bas depuis plus de 7 mois touché en cours de séance mardi à moins de ¥7,65, le cours EUR/CNH a finalement réussi à stopper l’hémorragie et a conclu la séance de mardi dans le vert à plus de ¥7,67. Attendue au Parlement pour y présenter les récentes avancées sur le dossier du Brexit, Theresa May a demandé aux députés de « garder leur sang-froid » et de lui accorder davantage temps pour trouver un accord avec l’Union Européenne concernant la question du « filet de sécurité » sur la frontière irlandaise qu’une majorité de députés britannique veut voir supprimer ou au moins limité dans le temps. Promettant de revenir au Parlement rendre des compte le 26 février prochain, aucun nouveau projet d’accord ne sera finalement soumis par cette dernière au vote de la Chambre des communes ce jeudi contrairement à ce qui était anticipé. Les jours passent et toujours pas d’évolution, la livre sterling a cédé un peu de terrain face à l’euro et le cours EUR/GBP est revenu à hauteur du seuil de £0,88.

USD

Après 6 séances consécutives de repli et une perte cumulée de -1,8%, le cours EUR/USD a finalement profité d’un regain d’optimisme des acteurs des marché vis-à-vis de l’économie mondiale et sur le volet commercial pour se redresser et ainsi confirmer le point que nous soulignons la veille, à savoir le rôle important joué par le seuil de $1,13 qui fait office de véritable support ou « barrière psychologique » pour la paire de change. En effet, au cours des trois derniers mois, il est vrai qu’à chaque fois que cette barrière fut franchie par la paire de change, celle-ci a aussitôt réussi à se redresser. Ce rebond ne doit pas masquer le fait que la valorisation de l’EUR/USD reste fragile au regard des inquiétudes qui pèsent autour des perspectives économiques de la Zone Euro et de la frilosité très certainement démontrée cette année par les responsables monétaires européens en matière de politique de taux. Les commentaires plutôt accommodants tenus hier par le président de la banque centrale néerlandaise ; Klaas Knot, dirigeant plutôt considéré comme « faucon » plutôt que « colombe » au sein du conseil de gouvernance de la banque centrale européenne (BCE), tend à confirmer cette idée. Comme, il est courant de le voir ces derniers temps, la capacité de redressement de l’EUR/USD devrait encore rester pleinement dépendant des contre-performances du dollar. À cet égard, les regards seront principalement tournés ce mercredi vers les nouveaux chiffres d’inflation publiés en début d’après-midi aux Etats-Unis (14h30). Dans le même temps, les marchés resteront toujours attentifs aux moindre commentaires réalisés en marge des négociations à venir ce jeudi et vendredi entre la Chine et les Etats-Unis, et également aux annonces d’accord trouvé pour prolonger la loi de financement et ainsi éviter un nouveau « shutdown » aux Etats-Unis à la fin de la semaine.

Niveaux clés : Revenue hier au-dessus du seuil de $1,13, la paire EUR/USD pourrait s’accrocher et consolider sa position si comme anticipé l’inflation aux Etats-Unis décélère et conforte les investisseurs dans leur scénario de pause monétaire de la part de la réserve fédérale américaine cette année. Si la dynamique annuelle de l’indice sous-jacent devrait rester au-dessus de l’objectif de 2,0%, le recul attendu de celle-ci à son plus bas niveau observé sur les 10 derniers mois (cons. 2,1% Vs 2,2% en décembre) pourrait inciter les dirigeants monétaires américains à faire preuve de patience avant de considérer un nouveau resserrement monétaire. Attention, malgré tout à un nouveau décrochage de la paire de change si toutefois on devait assister à de nouvelles tensions sur le volet commercial entre la Chine et les Etats-Unis ou bien de nouvelles spéculations monétaires faisaient leur retour aux Etats-Unis. Le contexte économique européen reste amplement dégradé comme devrait nous le rappeler ce matin la nouvelle contraction attendue de la production industrielle en Zone Euro (11h00) et n’offre quasiment aucune force de traction à l’euro d’où les tâtonnements encore visibles ce matin sur la paire de change.

Perf 2019 = -1,27% / Moyenne 2019 = $1,1403 / Point haut 12 février 2019 = $1,1341 / Point bas 12 février 2019 = $1,1254 / Clôture 12 février 2019 = $1,1324

GBP

La volatilité reste globalement très réduite sur la paire EUR/GBP faute d’avancées réelles et concrètes sur le Brexit. Bien qu’aucun élément ne permet pour le moment de clarifier la situation et dissiper véritablement le flou qui règne autour du futur du Royaume-Uni, à l’inverse aucun élément tangible ne vient dans le même temps remettre en cause l’optimisme des marchés qui veulent croire dans le fait qu’un scénario de sortie sans accord sera évité grâce à un accord trouvé avec Bruxelles ou bien par l’intermédiaire d’un report de la date de sortie. De ce fait, c’est le statu quo qui demeure et l’on assiste à un mouvement latéral de la paire EUR/GBP dans un couloir étroit de £0,87-£0,88. La déception causée par les chiffres de croissance britannique ce lundi – plus faible performance depuis 6 ans enregistrée par le Royaume-Uni en 2018 – n’a pas suffit à faire sortir le cours de change de sa torpeur, aussi on peut questionner l’impact actuel des fondamentaux économiques sur la volatilité. La publication en milieu de matinée des nouveaux chiffres d’inflation au Royaume-Uni (10h30) pourrait nous donner quelques éléments de réponse.

Niveaux clés : Déjà souligné la semaine dernière et confirmé durant la séance de la veille, la barrière de £0,88 fait véritablement office de « plafond » sur le cours de change et réfrène pour le moment toute tentative de redressement de sa part. Un recul plus prononcé que prévu de la dynamique annuelle d’inflation au Royaume-Uni sous l’objectif de 2% fixé par la banque centrale pourrait aider la paire de change à franchir ce cap mais rien n’est moins sûr. Le regain de forme de l’euro dans un contexte global moins averse au risque rend cette fois ce scénario plus probable. Ce n’est néanmoins pas la direction prise ce matin par la paire EUR/GBP qui efface une partie des gains de la veille après que le gouvernement britannique ait confirmé mardi qu’aucun nouveau vote sur le texte de sortie ne devrait avoir lieu avant la fin du mois.

Perf 2019 = -2,36% / Moyenne 2019 = £0,8830 / Point haut 12 février 2019 = £0,8790 / Point bas 12 février 2019 = £0,8754 / Clôture 12 février 2019 = £0,8784