Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 12 février 2019 – Sommaire :

  • Le dollar continue de profiter d’un double effet d’inquiétudes autour de la future relation sino-américaine si les tentatives d’accord échouent et d’un effet de soulagement après le compromis budgétaire trouvé lundi soir qui pourrait éviter un nouveau « shutdown » aux Etats-Unis.
  • L’EUR/USD reste orientée à la baisse et poursuit sa glissade en direction de $1,12. Le cours oscille ce matin à un creux de 3 mois. 
  • La paire EUR/GBP reste bien ancrée dans un couloir étroit de £0,87-£0,88 en attendant la présentation par Theresa May aux membres de la Chambre des communes des avancées récentes sur le Brexit.
  • La paire EUR/CAD retombe sous C$1,50 et teste ses plus bas niveaux sur les 3 derniers mois.
  • Après avoir atteint la veille un pic de 5 semaines, le cours EUR/NOK corrige et retombe à NOK 9,80.
  • Nouveau point bas depuis juin 2018 sous ¥7,65 pour le cours EUR/CNH qui poursuit son repli.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de lundi :L’EUR/USD glisse sous $1,13 / La livre sterling endommagée par des chiffres de croissance décevants / « flash crash » en Asie sur le franc / Les devises d’Europe de l’Est en souffrance

La séance du lundi 11 janvier a été marquée par le repli de l’EUR/USD à un nouveau plus bas cette année de $1,1263 en séance américaine alors que la pression est palpable sur les marchés des changes avant l’ouverture cette semaine d’un nouveau cycle de négociation entre la Chine et les Etats-Unis et qu’en Europe les investisseurs apparaissent toujours aussi sonnés par la série de mauvais résultats observée ces derniers temps au sein des principales économies de la région. L’Italie et son gouvernement de coalition apparaissent à nouveau comme le potentiel facteur déstabilisateur et initiateur de la prochaine crise européenne. Actuellement en proie à un haut niveau d’endettement et une économie retombée en récession technique au 4ième trimestre 2018, le vice-premier ministre et leader de la Ligue du Nord, Matteo Salvini, a ouvert la porte à l’idée de piocher dans les réserves d’or du pays pour financer les déficits du pays, et donc explicitement remettre en cause l’indépendance de la banque centrale nationale et son mandat de régulateur du système monétaire et financier italien. L’annonce d’un compromis trouvé aux Etats-Unis sur un prolongement de la loi de financement jusqu’à septembre, lequel s’il est approuvé par les membres du Congrès américain devrait empêcher que le pays connaisse à partir de samedi une nouvelle fermeture partielle de ses administrations (« shutdown »),  a très certainement appuyé un rebond du dollar et donc par conséquent œuvré au maintien de l’EUR/USD sous $1,13. L’évènement du premier jour de cette semaine était la publication des premières estimations de croissance au T4 2018 au Royaume-Uni et ceux-ci se sont avérés plutôt décevants. Comme anticipé par le consensus, la croissance du PIB lors des trois derniers mois de l’année dernière s’est avérée trois fois moins importante qu’au trimestre précédent (+0,2% T/T Vs +0,6% au T3 2018) tandis que la dynamique annuelle a ralenti légèrement plus que prévu et ainsi chuté de 1,6% à 1,3% contre 1,4% projeté par les économistes interrogés en amont de ce rapport. Il paraît indéniable que les incertitudes autour du Brexit ont lourdement peser sur l’activité économique du pays et peuvent expliquer une telle performance. Après deux séances consécutives de repli, le cours EUR/GBP a fini la séance de lundi dans le vert mais n’a jamais été en capacité de revenir au-dessus du plafond de £0,88 qui lui fait face depuis plus d’une semaine. Le franc suisse a connu un petit « flash crash » en séance asiatique et perdu plus de 0 ,8% de sa valeur face à l’euro en l’espace de quelques minutes, l’EUR/CHF s’offrant à l’occasion une petite escapade au-dessus du seuil de ₣1,14, avant de corriger rapidement et revenir à hauteur de ₣1,13. La couronne norvégienne a enregistré lundi sa 7ième séance consécutive de recul face à l’euro et touché un nouveau creux de 5 semaines à plus de NOK 9,84 après la publication en début de matinée de chiffres d’inflation en-dessous des attentes. Le ralentissement plus marqué que prévu de la dynamique annuelle de l’indice principal de prix, de 3,5% à 3,1% (plus bas depuis 3 mois), pourrait, si elle se poursuit, pousser la banque centrale norvégienne à revoir ses plans et reconsidérer son projet de resserrement monétaire en mars prochain. La hausse du dollar américain combinée au ralentissement de la croissance en Zone Euro, et plus particulièrement en Allemagne, sont fatals pour les devises des pays d’Europe de l’Est. La couronne tchèque a ainsi chuté à un nouveau plus bas cette année face à l’euro à presque CZK 27,88 tandis que le zloty polonais a chuté à un creux de presque 3 mois face à la devise européenne à plus de PLN 4,32. Les tensions qui pèsent sur le commerce mondiale et les inquiétudes qui entourent l’évolution de la relation sino-américaine ont également endommagé la valeur du rand sud-africain, lequel a enregistré lundi un nouveau point bas face à l’euro en février à ZAR 15,60. Les tourments de la devise sud-africaine prennent également leur source dans les inquiétudes économiques que suscitent les importantes coupures d’électricité visibles actuellement dans le pays.  Tout roule, ou presque, pour le yuan chinois qui progressé lundi à un pic de plus de 7 mois face à l’euro à presque ¥7,66.

USD

La paire EUR/USD vient de perdre près de -1,8% de sa valeur sur les 8 dernières séances et a cassé hier son seuil support de $1,13, d’où l’inquiétude qui prédomine à voir le cours de change toujours orienté à la baisse ce mardi matin. Il ne fait nul doute que le compromis trouvé entre Républicains et Démocrates sur le budget et la réduction de la menace de nouveau « shutdown » qui en résulte a très certainement réconforté les acheteurs de dollar, très actifs sur ce début de semaine. Néanmoins, il n’est pas certain que le président américain valide un nouveau plan budgétaire qui à priori ne consacrerait qu’un fond de $1,37Mds à la sécurité aux frontières contre $5,7Mds réclamés par la Maison Blanche pour construire un mur au niveau de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. En l’absence de chiffres économiques majeurs ce mardi des deux côtés de l’Atlantique, nous pourrions assister à une séance calme au cours de laquelle la paire de change pourrait tenter de stabiliser sa chute. Attention malgré tout au risque de nouvelle glissage alors que la paire demeure également très sensible aux débats et enjeux politiques d’évènements tels que le Brexit, les débats parlementaires sur l’extension du budget américain et aux négociations commerciales en cours entre Pékin et Washington.

Niveaux clés : La cassure du seuil de $1,13 est un signal vendeur fort envoyé aux investisseurs qui mérite néanmoins d’être confirmé. L’historique récent du cours EUR/USD (3 derniers mois) nous montre en effet qu’à chaque fois que le cours de change est tombé sous ce seuil, il a aussitôt rebondi. Bis repetita ? Pas évident au regard du contexte actuel hautement dégradé mêlant craintes autour de l’économie mondiale et inquiétudes sur le volet commercial. La réaction de la paire à ce nouveau décrochage pourrait néanmoins nous livrer quelques enseignements importants sur la volatilité future.

Perf 2019 = -1,83% / Moyenne 2019 = $1,1404 / Point haut 11 février 2019 = $1,1330 / Point bas 11 février 2019 = $1,1263 / Clôture 11 février 2019 = $1,1275

GBP

Rien n’y fait, pas même des résultats économiques peu rassurants ou encore l’absence de signaux d’inflexion de la position jusqu’alors inflexible de Bruxelles concernant la question du « filet de sécurité » en Irlande,  la paire EUR/GBP reste toujours bien ancrée dans un couloir de £0,87-£0,88. La paire de change semble faire une pause dans ce couloir étroit en position d’observation face au déroulé des discussions et débats autour du processus de sortie. La situation a de quoi dérouter car si les investisseurs sont relativement confiants sur le fait qu’un scénario catastrophe de sortie sans accord devrait à priori être évité, aucun fait tangible ne permet de leur assurer pour le moment la réalisation de ce scénario. Un changement de direction de la paire est donc pas impossible si d’aventure le sentiment des investisseurs était amené à se dégrader de nouveau… même si cette perspective ne va pas dans le sens de l’histoire souhaitée et anticipée actuellement par les marchés. Si la livre sera sensible aux déclarations et échos recueillis auprès des parlementaires et ministres britanniques en marge de la présentation par Theresa May ce mardi à la Chambre des Communes des nouvelles avancées sur le Brexit et du texte de sortie qui fera à nouveau l’objet d’une lecture approfondie ce jeudi au Parlement.

Niveaux clés : Alors que l’on a tous conscience de la situation d’impasse dans laquelle se trouve le gouvernement britannique en ce qui concerne la demande faite aux européens de modification de la clause de sauvegarde d’une frontière non-physique en Irlande, les marchés seront attentifs à la stratégie déployée par Theresa May. Plusieurs médias révèlent que cette dernière pourrait réclamer le soutien des députés en échange de l’organisation d’un nouveau vote d’ici le 27 février prochain, et ainsi gagner un peu de temps pour tenter de convaincre les dirigeants européens de faire des concessions. Un tel statu quo pourrait être insuffisant à faire sortir la paire EUR/GBP de son couloir actuel de £0,87-£0,88. Le seuil de £0,88 fait toujours office de « plafond de verre » à court terme et ne pourra pas être testé en l’absence d’une nouvelle montée des craintes autour d’une possible sortie désordonnée. La faiblesse actuelle de l’euro pèse également et freine les tentations de redressement de l’EUR/GBP, lequel semble désormais conditionné au déclenchement d’un nouveau mouvement de panique sur les marchés britanniques.

Perf 2019 = -2,40% / Moyenne 2019 = £0,8831 / Point haut 11 février 2019 = £0,8776 / Point bas 11 février 2019 = £0,8742 / Clôture 11 février 2019 = £0,8769