Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 11 février 2019 – Sommaire :

  • L’EUR/USD glisse doucement vers son support de $1,13 et reste pénalisé par les inquiétudes actuelles des marchés à l’égard des perspectives économiques en Zone Euro.
  • Rebond de la paire EUR/GBP mais plafond toujours visible à £0,88 avant la publication ce matin des chiffres de croissance britannique au T4 2018 (10h30).
  • Retour furtif de l’EUR/CHF à ₣1,14 ce matin après la publication ce matin d’un ralentissement de l’inflation en Suisse à un creux de 11 mois.
  • La couronne norvégienne poursuit sa glissade et tombe à un plus bas depuis 5 semaines face à l’euro à plus de NOK 9,80 après la publication ce matin de chiffres d’inflation décevants en Norvège.
  • Après avoir plafonné ces derniers jours au niveau de A$ 1,60, la paire EUR/AUD accuse un léger repli ce matin alors que se déroulera cette semaine un nouveau cycle de négociation entre la Chine et les Etats-Unis

USD

Un nouveau « shutdown » à craindre ?: La semaine dernière s'est terminée par un nouveau statu quo et le maintien d'une impasse entre républicains et démocrates dans les négociations de prolongement de la loi de finances censées éviter une nouvelle fermeture partielle des administrations américaines. La question de l'allocation d'un fond de $5,7Mds destiné à la construction d'un mur à la frontière mexicaine reste toujours irrésolue, les Démocrates, désormais en majorité à la Chambre des représentants, s'opposant toujours fermement à ce projet cher au président Donald Trump. Les deux camps ont désormais plus que cinq jours pour trouver un terrain d'entente sinon à partir du 16 février minuit plusieurs agences fédérales devront cesser leur activité et à nouveau envoyer plusieurs milliers de fonctionnaires au chômage technique.

Orientation & Volatilité : Si l'on ignore encore le coût économique réel du précédent " shutdown " observé entre décembre et janvier, le plus long de l'Histoire des Etats-Unis (35 jours), une nouvelle paralysie budgétaire viendrait amplifier les inquiétudes de plusieurs observateurs autour d'un possible ralentissement important de la croissance sur ce début d'année et donc donner de nouveaux arguments aux spéculations de pause monétaire de la part de la réserve fédérale américaine cette année. Dans ce contexte, le dollar pourrait perdre quelques « plumes » et ainsi offrir l’occasion à la paire EUR/USD de revenir tutoyer la fourchette haute de son couloir de $1,12- $1,16 dans lequel elle oscille depuis octobre dernier. Le seuil de $1,15 fait toujours office de rempart ou « plafond de verre » pour un EUR/USD qui souffre clairement d’un manque de vigueur de l’euro.

EUR

La croissance allemande dans le viseur (jeudi) : La semaine dernière fut marquée en Europe par une série de nouvelles confirmant une dégradation des perspectives économiques dont parmi elles la forte révision à la baisse des projections de croissance 2019 de la part de la Commission Européenne pour les principaux pays de la Zone Euro (Allemagne, France & Italie) et la confirmation d'un recul de l'activité en janvier dans la région à un plus bas depuis juillet 2013 (indices PMI). Si l'agenda se veut un peu plus calme cette semaine, cela pourrait ne pas suffire à faire descendre la pression alors que se profile jeudi la publication des premières estimations de croissance au 4ième trimestre 2018 en Allemagne ainsi qu'au même moment la révision des estimations de croissance en Zone Euro sur la même période.

Orientation & Volatilité : Du côté des économistes, on veut croire que la croissance au sein de la 1ière économie européenne fut très modeste (cons. +0,1% T/T) mais qu'une récession est néanmoins évitée après la contraction subie au 3ième trimestre (-0,2% T/T). Si ce n'est pas le cas, dès lors nous verrions poindre une nouvelle vague de pessimisme chez des investisseurs et acheteurs d’euro réalisant que la situation est probablement plus préoccupante qu'on ne le pensait et qu'une ralentissement plus prononcé de l'activité cette année pourrait forcer la banque centrale à agir et prendre de nouvelles mesures accommodantes pour soutenir l'économie. Dans un tel scénario, et si tant est que le dollar reste sollicité et reste peu influencé par les craintes de nouveau « shutdown » (voir segment au-dessus), le cours EUR/USD pourrait alors glisser sous son support de $1,13 et tester ses plus bas niveaux observés ces 6 derniers mois tout proche de $1,12 (point bas recensé à $1,1213 le 12 nov. 2018).

GBP

Theresa May présente au Parlement les avancées des négociations sur le Brexit (mercredi) avant un nouveau vote (jeudi) : En visite la semaine dernière à Bruxelles pour tenter de convaincre les dirigeants européens de renégocier les termes de la clause de sauvegarde d'une frontière non-physique en Irlande, Theresa May est finalement rentrée bredouille à Londres sans avoir réussi à faire bouger la moindre ligne sur ce dossier. Ce lundi au tour du ministre britannique du Brexit de tenter sa chance à l’occasion d’une rencontre de travail programmée ce lundi à Strasbourg avec son homologue européen Michel Barnier. Le temps presse pour trouver une alternative viable à l’option d’un « filet de sécurité » en Irlande illimité dans le temps, solution très critiquée du côté des conservateurs britanniques et en Irlande du Nord, car la cheffe du gouvernement britannique doit présenter ce mercredi aux députés de la Chambre des communes les avancées réalisées depuis le vote réalisé il y a moins de deux semaines. À l’issue de cette présentation, la première ministre britannique déposera alors une version du texte de sortie, assortie ou non de modifications, afin que celui-ci soit examiné et voté ce jeudi.

Orientation & Volatilité : En cas d'absences de résultats d'ici cette échéance, Theresa May présentera une " motion neutre " qui fera très certainement l'objet d'amendements de la part des parlementaires. Du côté des travaillistes, on devrait vraisemblablement pousser l'amendement proposé par le ministre du Brexit du cabinet fantôme, Keir Starmer, qui propose d'empêcher qu'une non-ratification du texte du Brexit par les députés se conclut automatiquement par un divorce désordonné sans accord. Selon plusieurs sources gouvernementales, Theresa May devrait tenter de jouer la montre et solliciter un nouveau soutien du Parlement sous condition de renégociation des termes du " backstop " et promettre en retour qu'un nouveau vote sur des " options alternatives " serait organisé d'ici le 27 février prochain. Malgré un flou persistant, les investisseurs sont relativement confiants sur le fait qu’un scénario « catastrophe » de sortie sans accord peut être évité et qu’un report après le 29 mars de la date de sortie est fort plausible. Alors que l’EUR/GBP pourrait être tenté de glisser sous son support de £0,87 et se diriger vers ces récents points bas (£0,8615 recensé fin janvier) si l’optimisme actuel des marchés se trouve conforté après le vote de jeudi, au contraire celle-ci pourrait enfin casser la résistance de £0,88 visible sur les deux dernières semaines si ce sentiment était amené à se dégrader.

CNY

Négociations de la dernière chance entre la Chine et les Etats-Unis ? (jeudi-vendredi) : Deux semaines environ après la visite officielle d'une délégation chinoise sur le sol américain, c'est au tour de Washington d'envoyer cette semaine à Pékin une équipe de hauts fonctionnaires, avec à sa tête le représentant au Commerce Robert Lighthizer et le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin, pour poursuivre les négociations commerciales et tenter de trouver un accord " global " avant la fin de la trêve de trois mois qui prendra effet au lendemain du 1er mars prochain. Ces discussions se dérouleront jeudi et vendredi dans un climat très complexe mêlant à la fois un sentiment d'urgence due à l'approche de la date butoir, mais également d'inquiétude après les déclarations de Donald Trump niant tout projet de rencontre avec son homologue Xi Jinping d'ici la fin du mois.

Orientation & Volatilité :  Si le sentiment des investisseurs s'est quelque peu dégradé ces derniers jours et que s'observe une montée des craintes d'une absence d'accord qui pourrait alors automatiquement activer le relèvement de droits de douane américains de 10 à 25% sur $200Mds de produits chinois, l'espoir d'un possible prolongement de ce pacte de non-agression reste un scénario possible. Le yuan chinois et le yen japonais devraient une nouvelle fois expérimenter des trajectoires totalement opposés en fonction du déroulé des discussions et de l’impression globale qui s’en dégage. Alors que la crainte de revoir éclater de nouvelles tensions commerciales sino-américaines viendrait peser sur le yuan et libérer le yen, l’espoir d’une entente provoquerait l’effet totalement inverse. Après avoir réussi à percer le seuil de ¥125 pour la 1ière fois en 3 semaines, le cours EUR/JPY a rapidement tourné les talons et est revenu s’installer sous cette barrière alors qu’ont surgit la semaine dernière quelques doutes sur le résultat final des négociations actuelles entre les deux principales économies mondiales. Si un retour à plus de ¥125 est probable en cas d’atténuation de ces craintes, à l’inverse un repli vers les plus bas de l’année, proche de ¥123, pourrait être observé si de nouvelles tensions pointaient le bout de leur nez. Sur la paire EUR/CNH, on surveillera à la baisse le seuil de ¥7,66 (point bas de l’année) et à la hausse les seuils de ¥7,70 et ¥7,75.