Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 7 février 2019 – Sommaire :

  • L’euro reste sur la défensive après la nouvelle contre-performance du secteur industriel allemand & la livre sterling fait preuve d’attentisme avant les échéances du jour.
  • Quatrième contraction consécutive de la production industrielle en Allemagne en décembre. L’EUR/USD accumule plus de 1% de pertes depuis 1 semaine et approche doucement du niveau de $1,13.
  • La paire EUR/GBP est relativement stable autour de £0,88 en amont de la décision de la Banque d’Angleterre (13h00) & des échos de la visite de Theresa May à Bruxelles.
  • Dans les pas de l’EUR/USD, la paire EUR/CHF poursuit son repli et a touché ce matin un creux de 1 semaine à presque ₣1,1370.
  • La paire EUR/AUD se stabilise après son rebond de +1,5% de la veille et reste aux portes du seuil de A$ 1,60.
  • À l’inverse, la paire EUR/SEK poursuit sa course folle et approche ce matin du seuil de SEK 10,50 qu’elle n’a plus atteint depuis octobre dernier.
  • Sous le poids du repli de l’euro, la paire EUR/CNH tente ce matin de revenir sous le niveau de ¥7,70.
  • Avant un probable statu quo monétaire de la banque centrale tchèque (décision dévoilée à 14h00), la paire EUR/CZK atteint ce matin un nouveau pic annuel à plus de CZK 25,80.

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : L’euro handicapé par la baisse d’activité de l’industrie allemande / Fort recul du dollar australien et de la couronne suédoise sur fond de spéculations monétaires

Pénalisé par la publication en début de matinée d’une contraction inattendue et significative des commandes industrielles en Allemagne sur le mois de décembre (-1,6% M/M Vs cons. +0,3%), l’euro a porté cela comme un fardeau tout au long de la session de mercredi et chuté sous le niveau de $1,14 face au dollar américain, touchant à cette occasion un creux depuis 8 séances de $1,1360. Il s’agissait de la 4ième séance de recul en une semaine pour la paire EUR/USD dont les pertes cumulées sur cette période s’élèvent désormais à 1,0%. L’euro a également cédé du terrain face au yen japonais et au franc suisse, deux valeurs refuges face auxquelles la devise européenne avait plutôt bien performé ces derniers temps. Ainsi le cours EUR/JPY est retombé sous le seuil de ¥125, tandis que la paire EUR/CHF a reculé sous le seuil de1,14 après avoir touché mardi un pic de 12 semaines à plus de ₣1,1440. La livre sterling s’est légèrement renforcée face à l’euro et l’EUR/GBP a retracé sous le seuil de £0,88. Cependant la volatilité de la fut relativement modeste, les investisseurs préférant attendre les conclusions jeudi de la première réunion de l’année de la Banque d’Angleterreet les échos de la première visite de Theresa May à Bruxelles depuis le vote de la semaine dernière au Parlement britannique avant de prendre de nouvelles positions sur la livre. Le dollar australien et la couronne suédoise ont connus tous deux d’importantes pertes mercredi consécutivement aux déclarations prudentes de la part de responsables monétaires en matière de politique de taux. Si les marchés avaient été rassurés par l’approche neutre conservée par la banque centrale australienne malgré l’existence d’importants vents contraire autour de l’économie mondiale dont l’Australie en tant qu’exportateur de matières premières est très sensible, quel ne fut pas leur surprise à l’accueil hier de commentaires du gouverneur central Philip Lowe ne fermant pas la porte à une baisse de taux si les conditions se détérioraient. Le cours EUR/AUD a bondi d’environ 1,5% mais vu sa course stoppée aux portes du seuil de A$1,60 (pic d’une semaine). Déjà sur une pente glissante depuis la semaine dernière, la couronne suédoise a perdu près de -0,6% face à l’euro et chuté à son plus bas niveau depuis presque 4 mois (SEK 10,45) sur fond de réduction des anticipations de nouvelle hausse de taux en Suède après celle observée en décembre dernier. La banque centrale ne voit pas d’urgence à normaliser trop rapidement les conditions monétaires compte tenu des risques qui pèsent sur l’économie mondiale. La perspective d’un maintien prolongé de taux négatifs en Suède est à l’origine du peu d’attractivité de la couronne suédoise face à ses pairs… et notamment face à la couronne norvégienne face à laquelle elle est souvent comparée/échangée.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  L’euro continue à porter comme un fardeau les contre-performances des principales économies de la Zone Euro, à commencer par l’Allemagne qui, au lendemain de la publication d’une forte contraction de ses commandes industrielles au mois de décembre, enregistre ce matin un nouveau recul (le 4ième consécutif) de sa production industrielle sur cette même période. À défaut de surprendre les marchés, ce résultat vient exacerber leurs inquiétudes vis-à-vis de la santé de la 1ière économie européenne et ses possibles répercussions sur l’ensemble de la Zone Euro (l’Allemagne demeurant le principal partenaire commercial de nombreux pays européens, aussi quand elle s’enrhume ce sont de nombreux voisins qui éternuent). Souffrant de la comparaison avec les Etats-Unis où l’économie continue d’afficher une certaine solidité, l’euro apparaît dans les conditions actuelles bien moins attractif que le dollar d’où le nouveau repli de la paire EUR/USD dans la partie inférieure de son couloir étroit de $1,13-$1,15.

Niveaux clés : Jusqu’où le recul de la paire EUR/USD peut-t-il s’étendre ? Le seuil de $1,13 demeure un support important à l’approche duquel la paire pourrait voir sa chute ralentir. La dégradation des conditions économiques en Zone Euro n’est pas un fait nouveau et pourrait ne pas être à lui seul un élément déclencheur suffisamment important pour entraîner la paire de change sous cette barrière. Attention toutefois au retour du « spectre italien » et du possible retour de débats autour de la dette de l’Italie et de sa soutenabilité alors que ce jeudi la Commission Européenne publiera ses nouvelles projections économiques. Une révision à la baisse des estimations de croissance cette année pour la 3ième économie de la Zone Euro pourrait alors raviver les craintes déjà observées en fin d’année dernière sur une dérive budgétaire au sein de la seconde économie européenne la plus endettée derrière la Grèce (dette publique italienne = 132% du PIB en 2017).

Perf 2019 =-1,06% / Moyenne 2019 = $1,1417 / Point haut 6 février 2019 = $1,1418 / Point bas 6 février 2019 = $1,1357 / Clôture 6 février 2019 = $1,1360

GBP

EUR/GBP  :  C’est une journée placée sous le signe de la volatilité qui se profile pour la livre sterling ce jeudi à l’occasion de la publication en milieu de journée (13h00) des conclusions de la 1ière réunion monétaire de l’année de la Banque d’Angleterre et de la visite à Bruxelles de la première ministre britannique Theresa May. S’il ne faut pas attendre d’annonces majeurs de la part de la banque centrale britannique en l’absence d’avancées concrètes pour le moment sur le dossier du Brexit (statu quo sur les taux directeurs très largement anticipé par le consensus), les marchés pourraient être sensibles aux nouvelles projections économiques publiées par la banque et aux éventuels ajustements réalisés. Les dernières enquêtes d’activité PMI du mois de janvier ont été plutôt décevantes et sous-entendent un possible ralentissement de l’activité au Royaume-Uni causé par une baisse de la demande globale et le flou entretenu sur les conditions de sortie du pays hors de l’Union Européenne. Toutefois les débats monétaires pourraient être (une nouvelle fois) éclipsés par l’actualité liée au Brexit alors que la cheffe du gouvernement britannique tentera de convaincre les dirigeants européens de réouvrir les négociations et de modifier la clause de sauvegarde de la frontière en Irlande comme il l’a été réclamé la semaine dernière par une majorité de députés britanniques. Pas sûr néanmoins que ses demandes aboutissent puisque pour le moment le camp européen se veut inflexible sur le sujet et refuse de revenir sur l’accord conclu en novembre dernier.

Niveaux clés : Le cours EUR/GBP oscille actuellement autour de £0,88 et apparaît dans une position d’attente à l’écoute des développements des deux évènements majeurs programmés ce jeudi. Pour le moment, les marchés ont preuve d’un relatif optimisme, pas forcément justifié, à l’égard du Brexit et de son dénouement final. Celui-ci reste toutefois friable et pourrait se fissurer en cas de retour en grande pompe d’inquiétudes autour d’un scénario de divorce sans accord, lequel n’est pas à exclure si on reste dans l’impasse actuelle avec d’un côté un Parlement britannique qui refuse de ratifier l’accord de sortie dans son état actuel et de l’autre des européens décidés à ne pas céder aux exigences de Londres. Si un accord entre les deux parties s’entrevoit, dès lors la livre sterling recevrait un feu vert pour reprendre son entreprise de revalorisation et l’on pourrait revoir alors l’EUR/GBP repasser sous son support de £0,87.

Perf 2019 =-2,13% / Moyenne 2019 = £0,8840 / Point haut 6 février 2019 = £0,8814 / Point bas 6 février 2019 = £0,8769 / Clôture 6 février 2019 = £0,8787