Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 11 janvier 2019 – Sommaire :

  • Le président de la Fed confirme que la banque se montrera patiente avant de procéder à une nouvelle hausse de taux. Après une tentative de retour sous $1,15, la paire EUR/USD consolide sa position au-dessus de ce niveau.
  • Le dollar reste pénalisé : Record de longévité du « shutdown » en passe d’être battu (21 jours) & possible recul de l’inflation aux Etats-Unis à surveiller (14h30).
  • La paire EUR/GBP reste orientée à la hausse à un pic d’une semaine (£0,9050) alors que le flou demeure quant aux conséquences directes d’un possible rejet du plan de sortie par les députés britanniques lors du vote organisé mardi prochain.
  • La baisse des tensions commerciales entre la Chine et les Etats Unis profite amplement au yuan. La paire EUR/CNH casse ce matin son support de ¥7,80 et se rapproche de ses plus bas niveaux observés sur les 6 derniers mois (¥7,75).
  • Rebond confirmé de la paire EUR/CHF qui a fait son retour hier au-dessus du seuil de ₣1,13.
  • Le pétrole progresse légèrement ce matin mais l’indice Brent semble désormais plafonner au niveau de $62. Cela n’empêche par la paire EUR/NOK de poursuivre sa correction (-2,8%) et de glisser ce matin sous la barrière de NOK 9,75 (plus bas depuis 4 semaines !).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de jeudi : Tentative vaine de correction sous $1,15 pour l’EUR/USD grâce à J. Powell (Fed)… Le spectre d’une élection anticipée au Royaume-Uni maintient la livre sous pression… La baisse des tensions commerciales permet un retour du yuan chinois sur ses plus hauts niveaux depuis 6 mois… Chute significative du franc suisse et retour de l’EUR/CHF à plus de1,13 (pic de 5 semaines)

  • Pour la seconde fois en moins d’une semaine, le gouverneur central américain Jerome Powell a affirmé que la Fed devrait dorénavant faire preuve de patience et prendre le temps d’évaluer l’impact des facteurs exogènes sur l’économie domestique avant de procéder à un nouveau resserrement monétaire. L’hypothèse d’une possible pause monétaire de la banque centrale américaine cette année est plus que crédible… du moins c’est le sentiment actuellement partagé par une majorité d’investisseurs. Sur les marchés monétaires américains, la probabilité d’un tel scénario s’élève à un peu moins de 70%. Si l’EUR/USD a tenté vainement de revenir sous le niveau de $1,15 franchi mercredi – correction naturelle après l’atteinte d’un pic de presque 3 mois - il consolidait sa position au-dessus de cette barrière psychologique ce vendredi matin.
  • C’est la confusion totale qui s’est emparée du gouvernement britannique après qu’un de ses membres ; le ministre des entreprises Greg Clark ; ait clairement pris ses distances par rapport à la position officielle sur le Brexit définie par la première ministre Theresa May. Alors que la cheffe du gouvernement britannique clame depuis plusieurs jours qu’en cas de rejet du plan de sortie par les députés à l’issue du vote programmé au Parlement mardi prochain le pays s’engagerait alors dans un processus de sortie sans accord, Clark a clairement indiqué qu’il refusait d’endosser une telle responsabilité. Ce nouvel épisode renforce l’impression d’un manque de cohésion au sein de l’exécutif et de l’érosion graduelle du leadership de Theresa May qui ne semble plus trouver les mots pour rassembler les membres de sa propre famille politique derrière sa politique et sa stratégie de sortie. Dans ce contexte, on voit à nouveau réapparaître le spectre d’une possible élection anticipée ; un souhait encore clamé haut et fort jeudi par le chef de l’opposition travailliste Jeremy Corbyn ;  en cas de départ naturel ou forcé (vote de défiance) de la première ministre. La livre sterling continue de payer les pots cassés de cette vague d’incertitude qui entoure le futur économique et politique du Royaume-Uni et touché hier un nouveau point bas depuis une semaine face à l’euro à plus de £0,9050.
  • Si peu de détails n’ont filtré, de part et d’autres, concernant le déroulé des tractations et le contenu des échanges tenus lors de la visite officielle en début de semaine de 3 jours d’une délégation américaine d’experts au commerce en Chine, il semble néanmoins que la rencontre se soit déroulée sans accroc et pourrait poser les bases à la formation d’un futur partenariat commercial entre les deux puissances économiques mondiales. Rassurés par cette baisse momentanée des tensions, les investisseurs se remettent à rêver d’un accord qui viendrait dès lors éteindre définitivement les peurs d’un conflit entre les deux pays… et à racheter du yuan chinois. La paire USD/CNY enregistre depuis mercredi une correction de presque -1 ,5% qui l’a vu revenir sur ses plus bas niveaux depuis juillet à ¥6,75. La paire EUR/CNH est elle-aussi sur une pente descendante et vient de briser ce vendredi matin le support de ¥7,80 pour se rapprocher tout doucement de ses plus bas niveaux depuis 6 mois situés autour de ¥7,75.
  • Si on peut citer la baisse des tensions commerciales comme possible catalyseur d’un regain d’optimisme des acteurs de marché, il est néanmoins difficile d’expliquer avec précision la raison de la chute soudaine du franc suisse observée jeudi. Celle-ci peut également être expliquée comme la réaction tardive des investisseurs face aux signes évidents d’une intervention de la banque centrale helvète sur les marchés des changes après avoir observé mercredi une forte baisse des réserves de la banque au mois de décembre (un recul de plus de ₣20Mds). Quoi qu’il en soit, après plusieurs séances passées à proximité de son support de ₣1,12 (plus bas niveaux depuis juillet 2017), le cours EUR/CHF a bondi jeudi de presque +0,7% et clôturé à son plus haut niveau depuis plus de 5 semaines au-dessus de la barrière de1,13. Ce vendredi matin, le cours poursuivait sa remontée et oscillait à plus de ₣1,1320.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :  Il n’a surpris personne de voir la paire EUR/USD amorcé une correction jeudi après son « coup d’éclat » de la veille et le passage du seuil psychologique de $1,15 qui se refusait à elle depuis presque 3 mois. Il faut dire que la contraction significative de la production industrielle en France  au mois de novembre (-1,3% M/M Vs cons. +0,0%) ; faisant écho à la performance également très décevante de sa consœur allemande observée sur le début de semaine ; venait rappeler aux marchés au combien le contexte économique en Zone Euro demeurait fragile. Mais une fois encore, la paire de change fut « sauvée » par un nouveau mouvement de repli du dollar amorcé en fin de journée consécutivement aux nouveaux propos accommodants tenus par le gouverneur central américain Jerome Powell (voir le commentaire plus haut). Si il y a aujourd’hui peu de raisons de se tourner massivement vers l’euro (perspectives économiques dégradées & incertitudes politiques toujours fortes), la multiplication en ce moment des facteurs de déception aux Etats Unis, que ce soit sur le plan économique (signes de ralentissement), monétaire (patience sur les taux prônée par la Fed) ou politique (le record du plus long « shutdown » de l’histoire des Etats Unis – 21 jours - pourrait être atteint si aucun accord budgétaire n’est trouvé d’ici vendredi soir) pèse sur le dollar et soutient une timide dynamique de redressement de la paire EUR/USD.

Niveaux clés : Si la paire EUR/USD reste toujours sous la menace d’un retour sous $1,15, la focalisation exclusive en ce moment des acteurs de marché autour des Etats Unis – une nouvelle fois le cas aujourd’hui à l’occasion de la publication des chiffres d’inflation (14h30) – pourrait cependant lui donner l’occasion de consolider sa position au-dessus de cette barrière clé. En effet, un possible ralentissement de l’inflation américaine, sous l’influence du fort recul des prix de l’énergie observé en décembre dernier, viendrait en effet donner un peu plus de crédit à la thèse d’une pause monétaire aux Etats Unis cette année. Le prochain niveau clé de résistance se situe désormais au niveau de $1,1610.

Perf 2019 =+0,45% / Moyenne 2019 = $1,1451 / Point haut 10 janvier 2019 = $1,1570 / Point bas 10 janvier 2019 = $1,1483 / Clôture 10 janvier 2019 = $1,1498

GBP

EUR/GBP :  Si la paire EUR/GBP a finalement terminé la séance de jeudi en repli (-0,1%) alors qu’elle avait atteint en journée un pic d’une semaine à plus de £0,9050, celle-ci reste toujours orientée à la hausse. Le flou qui règne autour du Brexit, et surtout la forte impression d’importantes divergences au sein du gouvernement britannique sur ce thème, pousse les investisseurs à rester à l’écart de la livre sterling. Les investisseurs apparaissent quelques peu confus face aux dissonances entendues de part et d’autres et semblent attendre le résultat du vote de mardi prochain au Parlement sur le texte du divorce avec l’UE et ses conséquences directes pour éventuellement se repositionner à l’achat. C’est du moins ce qui semble transparaître de la volatilité actuelle de la devise britannique puisque celle-ci reste orientée à la baisse ce vendredi matin malgré les propos de Jeremy Junt, ministre britannique des affaires étrangères, évoquant la possibilité d’une annulation du Brexit en cas de rejet du plan de sortie par les députés.

Niveaux clés : Bien qu’à nouveau sur une dynamique haussière, l’approche du plafond de £0,91 semble réfréner les forces de traction sur la paire EUR/GBP. La volatilité pourrait s’agiter en milieu de matinée à l’occasion de la publication au Royaume-Uni d’une importante série de statistiques économiques dont les chiffres mensuels de PIB, de production industrielle et de la balance commerciale du pays au mois de novembre. De bons fondamentaux pourraient tenter d’amorcer un retour vers £0,90 mais au regard de la prédominance des incertitudes politiques dans le pays, il n’est pas évident que de telles pressions haussières tiennent sur la durée.

Perf 2019 =+0,67% / Moyenne 2019 = £0,9002 / Point haut 10 janvier 2019 = £0,9060 / Point bas 10 janvier 2019 = £0,9010 / Clôture 10 janvier 2019 = £0,9015