Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 17 janvier 2019 – Sommaire :

  • L’actualité reste très intense au Royaume-Uni deux jours après le rejet de l’accord de sortie au Parlement.  Theresa May a sauvé de justesse sa tête mais le flou demeure toujours aussi important sur le Brexit et son issue finale.
  • L’EUR/USD reste sur une pente descendante mais peine toujours autant à s’installer sous $1,14. Les incertitudes liées au Brexit se répercutent sur l’euro, les investisseurs préférant se tenir à l’écart des actifs européens.
  • La paire EUR/GBP  continue de glisser modestement mais se heurte à un support situé à £0,8850. Désormais confortée, la première ministre doit plancher sur un plan B qu’elle présentera lundi aux députés.  
  • Correction ce matin de la paire EUR/JPY qui tente de revenir sous le niveau de ¥124.
  • Devises pétrolières amoindries face à l’euro ce matin sous l’impact d’un recul de presque -1% des prix du baril de brut. Correction naturelle ?
  • Rebond des paires EUR/CNH et EUR/ZAR après leur récente forte correction et l’atteinte d’un plus bas depuis plus de 6 mois pour la première (~¥7,70)  et 6 semaines pour la seconde (ZAR 15,55).

Pense-bête - Petit retour en arrière sur le moment de la séance de mercredi : Theresa May sauve sa tête de justesse & rumeurs de report du Brexit… L’euro paie les pots cassés du vote britannique… Le rand sud-africain accentue son rebond à un pic de 6 semaines

  • Soumise à une motion de censure par le camp travailliste après le rejet mardi soir du texte de l’accord de sortie hors de l’Union Européenne à la Chambre des Communes, Theresa May a sauvé sa tête de justesse et s’évite ainsi un départ forcé du gouvernement. Avec 325 de voix de soutien de l’exécutif actuel face à 306 voix soutenant la motion de censure, on peut dire que la première ministre britannique a eu très chaud et conserve un crédit très limité. Cette victoire étriquée pourrait néanmoins avoir un impact positif et forcer la cheffe du gouvernement à davantage négocier avec ses partenaires et l’opposition afin de sortir le pays dans l’impasse dans lequel il se trouve. Confortée au pouvoir, Theresa May et son équipe doit désormais plancher dans l’urgence sur un plan alternatif qui sera présenté aux députés des Communes d’ici lundi 21 janvier. Les travaillistes du Labour, par l’intermédiaire de son responsable au finance John McDonnell, se disent prêts à soutenir le plan de sortie sous condition de maintien du Royaume-Uni au sein de l’union douanière européenne et de maintien de liens économiques étroits avec le marché unique… des concessions auxquels les conservateurs ne semblent pas prêts à réaliser. Les rumeurs de second référendum ou de report vont bon train et dans la soirée le journal The Times évoquait dans un rapport un possible report de la date de sortie à 2020 auquel les européens ne seraient pas défavorables. Malgré le peu de certitudes qui demeurent autour du processus de sortie, la stabilité politique finalement préservée au Royaume-Uni après la motion de censure de mercredi et la volonté commune des parlementaires, quel que soit leur bord, à éviter à tout prix un scénario de sortie sans accord rassurent les investisseurs sur l’idée qu’un scénario catastrophe peut être évité. La livre sterling poursuit son redressement mais se heurte actuellement dans sa remontée à une résistance située au niveau du seuil de £0,8850.
  • Le flou qui règne autour du Brexit après le rejet de l’accord de sortie par les députés britanniques vient un peu assombrir les perspectives d’une Europe déjà en proie à un ralentissement marqué de son activité économique. Fortement déçus cette semaine par les chiffres de croissance allemande en 2018 (plus bas depuis 5 ans !) et les commentaires inquiets du gouverneur central européen Mario Draghi à l’égard du contexte économique de la région, les investisseurs voient dans les incertitudes du Brexit une raison de plus de rester à l’écart de l’euro. L’EUR/USD a une nouvelle fois tenté de s’échapper sous le niveau de $1,14 mercredi (point bas recensé à $1,1374) mais, pour la seconde séance consécutive, n’a pas réussi à s’écarter véritablement de cette barrière. La confirmation en matinée d’un recul de l’inflation générale en Allemagne à un creux de 8 mois inférieur à 2,0% (1,7% en décembre) avait donné le ton de la journée et renforcé les pressions baissières visibles sur le cours depuis la fin de la semaine dernière. En raison du « shutdown » - mercredi marquant le 26ième jour de paralysie partielle des agences fédérales – les nouvelles statistiques de ventes au détail n’ont pas été publiées aux Etats-Unis. Le Libre Beige de la Fed a mis en exergue une tension du marché de l’emploi américain et des perspectives économiques toujours positives aux Etats-Unis bien que mises en danger par la recrudescence récente de volatilité visible sur les marchés financiers.
  • Surfant sur des chiffres de ventes au détail bien plus robustes que prévu (croissance annuelle de 3,1% en novembre Vs 2,1% en octobre – Pic de 8 mois), le rand sud-africain a enregistré mercredi un rebond de plus de +0,5% face à l’euro et ainsi accentué son gain global à plus de 6% en moins d’un mois face à la devise européenne. Le cours EUR/ZAR a ainsi enregistré sa 5ième séance consécutive de repli et chuté à un plus bas depuis 6 semaines à presque ZAR 15,55. L’atténuation des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis ou encore le regain de forme des bourses mondiales sur le début d’année 2019 participent à un regain d’appétit au risque chez les investisseurs auquel le rand profite amplement. Un support situé au niveau de ZAR 15,60 pourrait venir réfréner la course descendante du cours de change et servir de « garde-fou » avant que le cours s’attaque au seuil de ZAR 15,30, ou la barrière au-dessus de laquelle la paire de change oscille depuis juin dernier.
  • Quatrième séance de repli en une semaine pour la paire EUR/CNH qui poursuit sa correction mais s’est néanmoins heurtée à une barrière située au niveau de ¥7,70. Une phénomène similaire s’était déjà observé en début d’année 2018 où on avait vu le cours EUR/CNH échouer à plusieurs reprises à enchainer la cassure successive des niveaux de ¥7,75 et ¥7,70 avant de finalement décrocher de presque -5% au printemps 2018.  La paire de change retrace légèrement ce jeudi matin mais continue d’osciller sur ses plus bas niveaux depuis juin.

USD

La paire EUR/USD reste sur une pente descendante et subit le phénomène inverse de la semaine dernière, à savoir cette fois une sur-focalisation des regards des investisseurs sur l’Europe où l’actualité politique et économique est aussi intense qu’inquiétante. La publication ce matin des estimations finales des statistiques d’inflation en Zone Euro devrait confirmer un dégonflement des pressions sur les prix et le repli de la dynamique annuelle de l’indice principal à un creux de 8 mois de 1,6%. Bien que peu surprenant, ces indicateurs devraient conforter la défiance actuelle des marchés à l’égard des perspectives économiques en Europe. Si aux Etats Unis, on peut s’inquiéter de la poursuite du « shutdown » (27ième jour), les bons résultats trimestriels publiés au 4ième trimestre par un certain nombre de grandes entreprises américaines – Bénéfices des banques Bank of America et Goldman Sachs au-dessus des attentes – viennent dissiper les craintes naissantes exprimées autour de l’économie américaine et d’un supposé affaiblissement de celle-ci.

Niveaux clés : L’EUR/USD semble bien décidé à revenir s’installer sous le niveau de $1,14 mais peine pour le moment à y parvenir. Si cette barrière était amenée à céder alors le cours pourrait rapidement se diriger vers le seuil de $1,13. Si des chiffres décevants d’inflation en Zone Euro ne feront que conforter un sentiment de défiance général à l’égard de l’euro mais pourraient s’avérer insuffisants – sauf surprise – à enclencher une nouvelle correction significative de la devise, il faudra rester attentif à l’actualité autour de l’évolution du Brexit qui pourrait donner lieu à quelques pics de volatilité  sur la paire EUR/USD. La perspective d’un second référendum ou d’un report de la date de sortie pourrait venir soulager les marchés et offrir un peu de répit à l’euro (consolidation au-dessus de $1,14).

Perf 2019 =-0,65% / Moyenne 2019 = $1,1438 / Point haut 16 janvier 2019 = $1,1427 / Point bas 16 janvier 2019 = $1,1374 / Clôture 16 janvier 2019 = $1,1397