Aperçu de l'actualité des marchés

Séance du 21 septembre 2018 – Sommaire :

  • Un net regain d’appétit au risque s’est emparé des marchés après l’annonce en Chine d’un projet de réduction de ses droits de douane. Les marchés y voient une branche d’olivier indirectement envoyée à Washington qui pourrait ouvrir la porte à de nouvelles discussions.
  • L’EUR/USD a touché le niveau de $1,18 ce matin avant de retracer légèrement. Premiers indicateurs PMI de septembre en Zone Euro à suivre ce matin.
  • Rebond de l’EUR/GBP à plus de £0,89 après que la réunion des chefs d’Etat à Salzburg se soit clôturé sans annonce ou avancées majeures dans les négociations de sortie.
  • Le cours EUR/JPY a touché ce matin le seuil de ¥133 et ainsi approché de ses plus hauts niveaux sur les 7 derniers mois. L’absence continue de pressions inflationnistes au Japon apparaît être un vrai casse-tête pour la Banque du Japon.
  • Le cours EUR/CHF corrige ce matin après un retour temporaire la veille à plus de ₣1,13. Les inquiétudes autour de la formation du futur budget italien continue d’apeurer les acteurs de marché européens. Les commentaires de la BNS la veille sur le franc n’ont pas été jugés très persuasifs.
  • Le cours EUR/CAD continue d’osciller au centre d’un couloir C$1,51-C$1,53 alors que se profile la publication cette après-midi des nouveaux chiffres d’inflation et de ventes au détail au Canada (14h30).
  • Le cours EUR/NOK corrige légèrement et s’éloigne de la barrière de NOK 9,60. La couronne panse ses plaies après la déception causée la veille par une révision à la baisse des projections monétaires futures de la banque centrale norvégienne.
  • Le yuan oscille ce matin à son plus bas niveau depuis septembre 2014 face à l’euro à plus de ¥8,05.

Volatilité sur les marchés des changes– Dynamique de l’euro face à ses pairs :

USD

EUR/USD :Sous couvert d’un net regain d’appétit au risque parmi les investisseurs provoqué par l’annonce du gouvernement chinois de son intention de réduire d’ici la fin d’année le niveau des droits de douane imposés sur les importations, y compris américaine, le cours EUR/USD a fortement accéléré à la mi-journée et enregistré un rebond de presque 0,9%, soit sa meilleure performance en séance depuis le mois de juin dernier. À cette occasion, le cours de change a touché un pic de plus de 2 mois et s’est approché tout près du palier de $1,18 (pic enregistré à $1,1785), lequel n’a plus été franchi durablement depuis le mois de mai dernier. Cette dynamique relève davantage d’un repli du dollar, devise de réserve par excellence, sous l’élan d’un dégonflement général des inquiétudes à l’égard de l’éclatement d’une possible guerre commerciale entre les Etats Unis et la Chine, que d’un réel renforcement de l’euro. Une preuve ici, s’il en est, que le potentiel de hausse de la paire de change EUR/USD demeure très important mais reste pour le moment contenu par la présence encore de plusieurs facteurs d’inquiétude en Europe. Comme évoqué hier, le spectre italien continue de planer sur l’Europe et de cadenasser (pour le moment) toute perspective de redressement significatif de l’euro. Car outre l’approche du seuil psychologique de $1,18, les pressions haussières sur le cours de change se sont quelque peu essoufflées dès lors que sont sortis dans les médias plusieurs échos de divergences au sein du gouvernement italien sur l’aspect budgétaire entre les ténors des deux formations de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 Etoiles à la tête de la coalition actuelle et le ministre de l’Economie (G. Tria), qui lui n’est pas affilié à ces deux partis. Au centre des frictions, toujours le même sujet qui revient telle une marotte, celui du contrôle des dépenses publiques et de la hausse des déficits. Si le trésorier italien a laissé entendre qu’il souhaiterai voir les déficits l’année prochaine plafonner à hauteur de 1,6% du PIB, du côté du M5E et de la LN on n’est pas de cet avis et on aimerait pouvoir dépenser davantage pour financer les réformes sociales et fiscales promises durant la campagne, quitte à assumer un déficit annuel de plus de 2% du PIB et ainsi amplifier un endettement déjà très important dans le pays (132% du PIB).  

Le cours EUR/USD a connu ce matin en Asie une séance très calme et s’est maintenu sur ses hauts niveaux de la veille, toujours à proximité de la barrière des $1,18, cependant la volatilité pourrait vite très rapidement s’agiter dans la matinée à l’occasion de la publication en Europe des premières enquêtes PMI d’activité au mois de septembre (statistiques publiées à 10h00 en Zone Euro). Si le contexte global de soulagement général des marchés face à une diminution passagère des tensions externes reste grandement défavorable au dollar américain (appétit au risque renforcé donc intérêt pour les valeurs refuges réduit), il est fort possible que les investisseurs saisissent l’opportunité de résultats PMI potentiellement décevants en Europe pour tirer bénéfice des hauts niveaux de valorisation actuels (ie. risque de correction de l’EUR/USD). À l’inverse, l’observation de bons fondamentaux économiques en Europe pourrait offrir un tremplin à l’EUR/USD pour se renforcer davantage et ainsi tenter de franchir (enfin) le fameux palier de $1,18.

Perf 2018 =-1,88% / Moyenne 2018 = $1,1949 / Point haut 20 septembre 2018 = $1,1785 / Point bas 20 septembre 2018 = $1,1664 / Clôture 20 septembre 2018 = $1,1775

GBP

EUR/GBP : Une nouvelle fois le cours EUR/GBP a fait le « yo-yo » et une nouvelle fois à cause de la présence de forces motrices divergentes, d’un côté d’ordre économique et de l’autre d’ordre politique, s’annihilant. Comme mercredi à l’occasion de la publication des statistiques d’inflation au Royaume-Uni, la livre sterling a dans un premier temps surfé sur l’effet de surprise positif provoquée par un rebond des ventes au détail au mois d’août alors même que le consensus misait à l’inverse sur une contraction des dépenses des ménages sur cette période (+0,3 M/M vs cons. -0,2%), et ainsi progressé jusqu’à atteindre un pic de 2 mois face à l’euro sous le seuil de £0,8850 (point bas recensé jeudi à £0,8845). Le cours de change n’est néanmoins pas parvenu à casser cette barrière au-dessus de laquelle elle oscille face à l’euro depuis la mi-juillet et a ainsi retracé en direction de la barrière de £0,89, la faute à des inquiétudes autour du Brexit ravivées par les commentaires des responsables européens pressant le Royaume-Uni de revoir rapidement ses positions et de revenir à la table des négociations avant le sommet européen du 18-19 octobre, en marge duquel cependant aucun accord pourrait n’être finalement conclu à en croire les échos entendus de part et d’autres. En effet, britanniques et européens s’accordent à dire qu’il pourrait manquer de temps pour trouver un terrain d’entente final d’ici cette échéance, d’où la possibilité d’une organisation d’un sommet exceptionnel à la mi-novembre (date du 17-18 novembre évoquée). Néanmoins, ce qui ressemble au rendez-vous de la dernière chance n’a pour le moment pas encore été officialisé par Bruxelles, son existence demeurant sous condition que de sérieuses avancées ait été réalisées d’ici le mois octobre a souligné hier Donald Tusk, président du Conseil européen. Alors que le « moment de vérité » approche à grand pas, dixit le négociateur européen Michel Barnier, la volatilité de la livre devrait lors des prochains jours être davantage sensible aux débats internes au sein du parti conservateur concernant le processus de sortie en marge de l’organisation de la convention annuelle du parti qui se tiendra du 30 septembre au 3 octobre prochain. Si les européens ne sont pas totalement convaincus par les propositions de la première ministre britannique c’est aussi le cas d’une frange de son parti qui milite pour une rupture intégrale avec l’Union Européenne et menace de s’opposer à l’éventuel accord conclu avec Bruxelles lors de son évaluation au parlement. L’ancien ministre en charge des négociations du Brexit, David Davis, a laissé entendre avoir en ses mains une liste de 30 à 40 députés conservateurs prêts à s’opposer au plan de la chef de l’Etat britannique. Ambiance ! Alors que la paire EUR/GBP était depuis le début de la semaine sur une dynamique plutôt baissière, c’est un net rebond de celle-ci à £0,89 qui s’observe ce matin avant l’ouverture des marchés européens.

Perf 2018 =+0,32% / Moyenne 2018 = £0,8835 / Point haut 20 septembre 2018 = £0,8890 / Point bas 20 septembre 2018 = £0,8845 / Clôture 20 septembre 2018 = £0,8873

JPY

EUR/JPY : À l’image du dollar américain, le yen, en tant que valeur refuge, a lui aussi été vivement pénalisé par le net regain d’appétit au risque qui s’est emparé des marchés financiers face aux signes d’apaisement potentiel des tensions entre Etats Unis et Chine. La devise japonaise a ainsi enregistré un repli de plus de 1% face à l’euro hier, ce qui porte ses pertes à près de 3,5% sur les deux dernières semaines (performance en cours) et le précédent point haut atteint face à la devise européenne. Point marquant, le cours EUR/JPY a franchi jeudi le seuil de ¥132 et ainsi atteint un pic de presque 5 mois à plus de ¥132,50. Malgré l’annonce surprise ce matin d’une réduction des achats mensuels de dettes de longue maturité de la part de la Banque du Japon – signe laissant suggérer une prochaine fin du cycle accommodant mené depuis 2013 par la banque centrale japonaise – le cours EUR/JPY poursuit son redressement et approche ce matin le niveau de ¥133. La victoire écrasante jeudi du premier ministre Shinzo Abe à la tête du parti libéral démocrate (PLD), lui dégageant ainsi la route pour une gouvernance jusqu’à la fin de son mandat en 2021, couplé à l’absence continue et à nouveau visible ce matin de pressions inflationnistes au Japon (indice d’inflation de base stable à 0,9% au mois d’août) tendent à soutenir l’idée qu’une inflexion de cycle monétaire au Japon n’est pas aussi évidente qu’il n’y paraît. La confiance retrouvée des marchés – sentiment qui se prolonge ce matin en l’absence de nouvelles sorties virulentes du côté de la Maison Blanche – reste un catalyseur moteur soutenant la redressement actuel du cours de change. Le potentiel haussier apparaît néanmoins modéré alors que l’on approche tout doucement des plus hauts niveaux du cours sur les 7 derniers mois.

Perf 2018 =-1,86% / Moyenne 2018 =¥130,90 / Point haut 20 septembre 2018 =¥132,52 / Point bas 20 septembre 2018 =¥130,92 / Clôture 20 septembre 2018 =¥132,46

CAD

EUR/CAD :Fortement influencé par le rebond de l’EUR/USD mais également par le repli des prix du pétrole hier après les commentaires de Donald Trump critiquant le retour du baril de brut à leur plus haut niveau depuis 2014 et enjoignant l’OPEP (Organisation des producteurs et exportateurs de pétrole) à augmenter leurs quotas de production pour venir atténuer ces pressions haussières, le cours EUR/CAD a fortement rebondi pour franchir à nouveau sa moyenne mobile 50 jours (C$1,5160) et revenir à proximité du seuil de C$1,52. Le cours EUR/CAD prolonge donc son bout de chemin au sein du couloir étroit de C$1,51-C$1,53 et se cherche toujours une direction. Combien de temps cette indécision du cours de change va-t-elle durer ? Celle-ci pourrait prendre fin dès cette après-midi à l’occasion de la publication des nouvelles statistiques d’inflation et de ventes au détail au Canada, lesquelles pourraient être à l’origine de mouvements spéculatifs sur les marchés monétaires autour d’un scénario de possible hausse de taux au mois d’octobre. Le consensus mise sur une décélération des pressions haussières sur les prix au Canada (cons. 2,8% Vs 3,0% en juillet), ce qui pourrait enlever un peu de pression sur les épaules de la Banque du Canada pour procéder à un resserrement rapide des conditions monétaires alors même que les négociations sur l’ALENA reste en suspens. En effet, malgré une nouvelle rencontre hier entre les représentants au commerce américains et canadiens, toujours aucune annonce d’accord n’a filtré.

Perf 2018 =+0,60% / Moyenne 2018 =C$1,5374 / Point haut20 septembre 2018 =C$1,5210 / Point bas 20 septembre 2018 =C$1,5073 / Clôture 20 septembre 2018 =C$1,5193

NOK

EUR/NOK :Malgré l’annonce d’une première hausse de taux depuis 7 ans en Norvège – décision très largement anticipée par les marchés – le choix de la banque centrale de procéder prudemment à l’avenir en matière de normalisation monétaire a été accueilli négativement par les marchés. Cette prudence s’est notamment matérialisée par un abaissement, même si très léger, des projections monétaires pour 2019 (1,0% vs 1,1% en juin) et 2020 (1,5% vs 1,6% en juin). Résultat des courses, après avoir titillé le support de NOK 9,50 après un repli de presque 3% en deux semaines, le cours EUR/NOK a bondi de plus de plus de 0,8% jeudi et retouché à nouveau la barrière de NOK 9,60 (pic recensé à NOK 9,6185). Les pressions haussières se sont légèrement essoufflées en fin de journée et le cours enregistre un léger repli ce matin pour revenir osciller autour des niveaux de NOK 9,58.

Perf 2018 =-2,73% / Moyenne 2018 =C$9,5932 / Point haut20 septembre 2018 = NOK 9,6185 / Point bas 20 septembre 2018 =C$9,4962 / Clôture 20 septembre 2018 =C$9,5934