Actualités du marché des devises

sept. 02, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Un parfum d'optimisme embaume les marchés des changes : le dollar et le yen pique du nez, le dollar australien se revalorise

Tendance du jour : le début de séance est assez calme ce jeudi et l'on assiste à une prolongation du rebond généralisé de l'euro face à ses principaux pairs mais aussi un grand nombre de devises émergentes, notamment asiatiques et sud-américaines. L'optimisme de marché se prolonge et se nourrit du rallye prolongé des actions chinoises qui réagissent positivement à l'annonce par la banque centrale chinoise d'injection de liquidités destinée à soutenir l'économie. L'indice Shanghai Composite rebondit de plus de +0,8% ce matin et touche un pic de 2 mois. Le taux EUR/USD teste le seuil de 1,1850 $ tandis que le taux EUR/JPY consolide son retour de la veille à plus de 130 ¥ et l'EUR/CHF oscille à un pic de 6 semaines à 1,0840 ₣. Le dollar australien poursuit sa dynamique de revalorisation et surfe ce matin sur la publication d'un surplus commercial record en juillet. Le rand sud-africain profite d'un environnement de marché favorable et enchaîne ce matin une 9ième séance consécutive de hausse face à l'euro. Le taux EUR/ZAR teste un support majeur à 17,0 ZAR.

 
EUR/USD - BCE et marchés actions dopent l'euro (+0,3% hier) : la journée semblait plutôt mal engagée pour l'euro après la publication hier de chiffres de ventes au détail en Allemagne très décevants, et pourtant la devise européenne a connu mercredi une séance faste, terminant la journée à un pic de 4 semaines à presque 1,1840 $.  Pour la seconde séance consécutive la paire de change a testé le seuil de 1,1850 $ (pic recensé hier à 1,1856 $) mais une fois encore elle a échoué à s'installer durablement au-dessus de cette barrière. La vigueur de l'euro a été principalement alimentée par le rebond des actions mais aussi principalement pas la poursuite des débats au sein de la BCE concernant la stratégie monétaire à adopter face à une inflation dernièrement recensée à 3%. Après les commentaires mardi de deux membres "faucons", les "colombes" sont sorties du bois hier et ont tenté de nuancer l'appel fait par les gouverneurs autrichien et néerlandais en faveur d'une réduction du soutien monétaire face aux preuves évidentes d'un retour à la normale et de risques de surchauffe de l'économie. Les gouverneurs grec et slovène ont ainsi répondu à leurs collègues et indiqué qu'il fallait rester prudent dans l'évaluation de la trajectoire de l'inflation sachant que la dynamique des salaires ne coïncide pas pour le moment avec celle des prix. Une sortie qui invite donc à ne pas surréagir et ne pas remettre en cause l'approche prudente de la BCE en matière de politique monétaire sur la base d'un seul chiffre. Les vues sont divisées mais l'existence d'un débat au sein de la banque centrale marque un début de tournant et un premier pied posé vers une transition entre la politique de soutien actuel et un nouveau cycle de normalisation qui pourrait déboucher à terme sur une remontée des taux directeurs, ce que la banque européenne n'a plus réalisé depuis 2011. Les débats autour de la stratégie monétaire déployée par la BCE devraient rejaillir la semaine prochaine à l'occasion de la nouvelle réunion monétaire. On pourrait à cette occasion un ajustement de communication de la part de la banque ouvrant la porte à un possible ajustement à venir des rachats d'actif rattachés au programme quantitatif d'urgence de 1850 Mds€ déployé durant la pandémie. Ce scénario est d'autant plus plausible si par ailleurs, comme l'a annoncé hier le vice-président de la BCE Luis de Guindos, la banque révise à la hausse ses projections économiques. Une telle approche pourrait donner l'occasion d'assister à un rebond plus important de l'EUR/USD sur les niveaux de 1,19-1,20 $ que le taux n'a plus revu depuis juin. Dans sa quête de rebond, l'euro bénéficie également des défaillances du dollar qui a accueilli hier des résultats mitigés sur le front économique. Si le secteur manufacturier a accéléré son rebond en août d'après l'enquête ISM, les créations d'emploi dans le secteur privé ont été bien moins importantes que prévu bien qu'en hausse par rapport à juillet (+374k Vs. consensus à 613k et 326k en juillet), a rapporté ADP. Ce matin, le taux de change reste toujours légèrement orienté à la hausse mais cale aux portes de 1,1850 $. La fin de semaine sera principalement rythmée par la volatilité du dollar et les réactions de marché en marge de la publication vendredi des chiffres officiels de l'emploi aux Etats-Unis.

 
EUR/JPY - Et de quatre ! l'euro poursuit son rallye face au yen (+0,3% hier) : la devise européenne a enchaîné une 4ième séance consécutive de hausse face au yen (plus longue série depuis avril) et prolongé son rallye. Les gains de la paire de change s'élèvent désormais à +1,7% depuis son dernier point bas touché il y a un peu moins de deux semaines, et celle-ci vogue désormais à proximité de ses plus hauts niveaux des 7 dernières semaines à plus de 130 ¥. Le rebond des marchés actions hier sur fond d'espoir d'un pic pandémique bientôt approché et de dégâts moins importants que prévu causés par l'ouragan Ida aux Etats-Unis a encouragé les prises de position sur des actifs plus risqués et ainsi alimenté un mouvement dépréciatif du yen. Le taux plafonne ce matin au niveau de 130,4 ¥, ou un seuil qui fait office de résistance depuis mi-juillet. Son franchissement pourrait constituer un signal haussier et déclenché un nouveau rallye du taux EUR/CHF.

 
EUR/CHF - Le franc continue de faire la moue (+0,3% hier) : en l'espace de 7 séances, le taux EUR/CHF a enregistré +1,2% de gains, ce qui est à ce jour son plus fort rallye enregistré depuis février. Le regain d'appétit au risque des acteurs de marché très largement favorisé par le rebond des actions mais aussi l'émergence de débats monétaires en Europe et d'un front au sein de la BCE poussant ardemment pour une réduction de la politique de soutien enflamment l'euro, au grand détriment du franc suisse. La paire de change a consolidé mercredi sa position au-dessus du seuil de 1,08 ₣ et en a profité pour clôturer à son plus haut niveau depuis le 20 juillet. La barrière de 1,0870 ₣ reste toujours pour le moment une barrière majeure faisant obstacle à une ascension plus importante du taux EUR/CHF. On suivra attentivement les réactions ce matin aux chiffres de PIB et d'inflation publiés en Suisse.

 
EUR/AUD- Pic historique du surplus commercial et revalorisation accélérée du dollar australien (-0,4% hier) : le regain d'optimisme des acteurs de marché mêlé aux bons fondamentaux économiques récemment recensés en Australie et à l'espoir qu'un pic épidermique a possiblement été atteint en Australie fin août participent à une dynamique de revalorisation de la devise australienne. Celle-ci avait en effet chuté le mois dernier à un creux de 9 mois face à l'euro à quasiment 1,64 A$ mais se reprend depuis quelques jours. Elle observe un rebond de plus de 2% depuis le 20 août dernier, lequel se poursuit ce matin après la publication d'un surplus commercial record en Australie recensé au mois de juillet à 12,1 MdsA$. La paire oscille ce matin à un creux de plus de 2 semaines à moins de 1,6050 A$. Une contraction plus importante pourrait s'observer si les conditions de marché restent favorables et que le rallye des actions se prolonge. On surveille tout de même la situation en Chine où les signaux de ralentissement économique et les tumultes sur les marchés actions ne laissent pas la devise australienne totalement indifférente en raison des liens commerciaux forts entretenus entre l'Australie et la Chine. Historiquement, la barrière de 1,5950 A$ a joué à plusieurs reprises un rôle de support ou résistance sur la paire EUR/AUD, aussi ce ne serait pas surprenant de voir le taux EUR/AUD freiner sa chute et enregistrer un mouvement correctif haussier à l'approche de ce seuil.

 
EUR/BRL - La contraction inattendue de l'économie brésilienne met une claque au réal (+1,0% hier) : à la surprise générale, l'économie brésilienne s'est contractée de -0,1% au T2 par rapport au trimestre précédent alors que le consensus économique misait sur un rebond de +0,2%. La contraction de la production industrielle (-0,2% T/T) et surtout de la production agricole (-2,8% T/T) qui a vivement souffert de périodes de sécheresse au Brésil sont à l'origine de la contre-performance de l'économie brésilienne entre avril et juin. Si les économistes restent plutôt confiants sur la capacité du Brésil à enregistrer une croissance d'environ 5% cette année, il faudra néanmoins surveiller de près la reprise de la première économie sud-américaine sur la seconde moitié d'année. Le Brésil pourrait faire face à une crise énergétique et un manque d'électricité due à un manque d'eau dans le pays, l'hydroélectricité étant à l'origine des deux-tiers de la production électrique du pays. Le réal a pris un coup derrière la tête hier et cédé -1% face à l'euro, lui qui restait sur un rebond de près de 4% en moins de deux semaines. Le taux EUR/BRL est assez stable ce matin et s'échange à près de 6,15 BRL.


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