Actualités du marché des devises

sept. 01, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Débats au sein de la BCE sur l'inflation, les marchés affichent leur confiance dans l'économie

  

Tendance du jour : malgré une nouvelle enquête ce matin montrant une contraction du secteur manufacturier chinois pour la première fois depuis avril 2020, les marchés sont d'humeur badine et s'enthousiasment des bons résultats entrevus au second trimestre au sein de plusieurs économies. Ce matin, c'est l'Australie qui enregistre un rebond plus important que prévu (+0,7% T/T vs. consensus +0,5%). Les signaux avant-coureurs de début de reflux de la pandémie à l'échelle mondiale couplés à l'annonce en Europe de l'atteinte de l'objectif de 70% de personnes adultes vaccinées nourrissent l'optimisme des opérateurs de marché. L'euro est en retrait ce matin et pâtit des résultats très décevants des ventes au détail en Allemagne. Les devises océaniennes sont en hausse tandis que le yen accentue sa chute et repasse à plus de 130 ¥ pour la première fois depuis près d'un mois. La plupart des devises émergentes sont orientées à la hausse ce matin face à l'euro et s'appuie sur la hausse générale de l'appétit au risque. La baisse des risques liés à l'ouragan Ida et les anticipations d'une absence de nouveau conflit lors de la réunion de l'OPEP programmée ce mercredi alimente également le renforcement de sentiment. La journée sera vivement influencée par les données macroéconomiques publiées aux Etats-Unis, notamment les résultats des enquêtes d'activité dans le secteur manufacturier ainsi que le premier des trois rapports sur l'emploi programmés d'ici vendredi.

 
EUR/USD - L'inflation européenne à un pic de 10 ans, premiers débats à la BCE (+0,1% hier) : il ne faut pas se fier à la performance finale du taux EUR/USD lors de la séance de mardi - très modeste - qui donne une vision erronée des dynamiques et débats du moment. Le taux EUR/USD a été toute la journée orientée à la hausse et s'est même offert un pic de 3 semaines à quasiment 1,1850 $ avant de retracer en fin de journée la majeure partie des gains acquis en séance européenne. La journée de mardi a été principalement marquée par la publication des nouveaux chiffres d'inflation en Zone Euro, lesquels montrent une accélération de la dynamique annuelle de l'indice général de prix à la consommation (CPI) à un pic de 10 ans de 3% au mois d'août. Recensée à 2,2% en juillet, l'inflation européenne était attendue par le consensus à hauteur de 2,7%, d'où les réactions à la lecture du résultat final. L'indice de prix sous-jacent, qui exclut les produits dont le prix sont jugés très volatiles comme les denrées alimentaires, l'alcool ou encore le tabac, progresse également significativement et double en un mois, passant de 0,7% à 1,6% pour atteindre un pic de 9 ans. Surpris par cette poussée des prix, les marchés pu également constater en parallèle l'éclosion de débats au sein de la Banque centrale européenne (BCE) concernant une réduction des mesures de soutien. En effet, deux responsables monétaires européens, le gouverneur central autrichien (R. Holzmann) et son homologue néerlandais (K. Knot), ont indiqué hier être favorable au lancement de discussions dès septembre sur une réduction des rachats d'actif. Pour Knot la montée de l'inflation en Zone Euro justifie la fin du "mode panique" activé par la BCE l'année dernière en marge de la pandémie. Si à première vue les positions en faveur d'une réduction du soutien sont minoritaires au sein de la banque centrale, l'existence de débats et d'un front favorable à cette stratégie signale malgré tout un possible tournant à suivre attentivement lors des prochains mois à mesure que l'on approchera de l'échéance du programme quantitatif d'urgence de 1850 Mds€ déployé l'année dernière pour aider l'économie européenne à affronter la crise sanitaire. Les divergences monétaires, jusqu'à présent très largement défavorables à l'euro, pourrait donc peu à peu se résorber, à défaut de s'accroître. Un tel scénario offrirait un formidable levier sur lequel l'euro pourrait s'appuyer pour rebondir, lui qui connait une année 2021 compliquée (-3% sur l'année face au dollar). Néanmoins, rien n'est gagné et la devise européenne reste pénalisé par un horizon toujours relativement incertain du fait de la situation sanitaire, des tensions sur les approvisionnements mais aussi des incertitudes à l'égard de la future gouvernance en Allemagne. Ce matin, l'euro corrige et retombe sous le seuil de 1,18 $ en écho à la contraction bien plus importante que prévu des ventes au détail en Allemagne (-5,1% M/M en juillet Vs. consensus à -0,9%). Malgré quelques éclaircies ces derniers jours, l'euro doit encore convaincre qu'il représente une alternative crédible et attractive par rapport au dollar. À suivre ce mercredi un grand nombre de publications macroéconomiques majeures, notamment aux Etats-Unis où on observera le rapport ADP de créations d'emploi dans le privé, l'indice d'activité ISM du secteur manufacturier et la révision de l'indice PMI Markit du secteur manufacturier. En Zone Euro, on jettera également un coup d'œil ce matin aux estimations finales de l'indice d'activité PMI du secteur manufacturier au mois d'août.

 
EUR/JPY - L'Europe atteint son objectif de vaccination, le taux EUR/JPY prolonge son rebond (+0,2% hier) : la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé hier que l'Union Européenne avait réussi à atteindre l'objectif de 70% de personnes adultes vaccinées fin août qu'elle s'était elle-même fixée. C'est une bonne nouvelle au regard du contexte actuel et du regain de vigueur de la pandémie depuis le début de l'été, seulement Bruxelles ne compte pas relâcher d'effort et veut au contraire continuer de pousser ardemment la vaccination, laquelle est considérée comme la solution la plus efficace pour ralentir la progression du virus et diminuer les risques d'hospitalisation grave, et donc par effet corolaire empêcher un nouveau reconfinement de l'économie. C'est sur cette bonne nouvelle, ainsi que celle d'une forte accélération de l'inflation en Europe et de premiers débats sur le maintien prolongé d'une politique de soutien monétaire (voir segment EUR/USD), que le taux EUR/JPY a accentué hier son rallye. Le taux de change repasse ce matin au-dessus du seuil de 130 ¥ et oscille à un pic d'un mois. La paire enchaîne ce matin une 4ième séance consécutive de hausse - une première depuis avril - et une 8ième séance de hausse sur les 9 derniers jours ouvrés pour un gain cumulé qui dépasse ce matin les 1,5%.

 
EUR/NZD- Rebond du kiwi dollar sur fond d'amélioration de la situation sanitaire (-0,6% hier) : le nombre de nouveaux cas de COVID recensés en Nouvelle Zélande a chuté mardi à 50, soit son plus bas niveau depuis 7 jours, ce qui semble confirmer l'efficacité des mesures de restriction strictes mises en place la semaine dernière dans le pays. Il est néanmoins trop tôt pour crier victoire puisque le directeur de la Santé, Ashley Bloomfield, a indiqué ce mercredi que 75 nouveaux cas dans le pays. Néanmoins, pour ce dernier il n'y a mesure de s'inquiéter d'une nouvelle recrudescence des infections. Le kiwi dollar poursuit sa revalorisation et profite au passage de conditions de marché favorables dans lesquelles les marchés actions restent solidement valorisées et les prix des matières premières, notamment des produits laitiers dont la Nouvelle-Zélande est le premier exportateur mondial, en hausse. La devise néo-zélandaise enregistre un rebond cumulé de plus de 2% face à l'euro sur les 8 dernières séances et oscille ce matin à un pic de 2 semaines à un peu plus de 1,67 NZ $. Le taux EUR/NZD n'est plus très loin du seuil de 1,66 NZ$ qui fait figure de seuil support depuis la fin mars.

 
EUR/PLN - De bons fondamentaux portent le zloty (-0,9% hier) : la Pologne a recensé hier une croissance de +2,1% au second trimestre, soit sa seconde meilleure performance trimestrielle depuis 2017, ainsi qu'une hausse de l'inflation à un nouveau pic de 20 ans à 5,4% au mois d'août. Peu désireuse pour le moment à ajuster sa politique monétaire et amorcer un cycle de durcissement des conditions de crédit, la banque centrale polonaise pourrait revoir sa stratégie pour contrer une inflation qui ne cesse de grimper et est aujourd'hui très largement au-dessus du couloir d'objectif fixé par la banque à 1,5-3,5%. Ses voisins hongrois et tchèques ont déjà franchi le pas en 2021 et opérer une hausse des taux d'intérêt. La Pologne et ses taux directeurs quasi-nuls (0,1%) pourrait leur emboîter le pas d'ici la fin de l'année pour éviter qu'une surchauffe de l'économie ne vienne saper les efforts déployés pour soutenir l'économie durant la pandémie. Le zloty a bondi de presque +0,9% hier face à l'euro sur fond de hausse des spéculations de remontée des taux en Pologne dans les prochains mois, la devise polonaise enregistrant ainsi sa meilleure séance depuis le 1er avril dernier. Le taux EUR/PLN a clôturé la séance de mardi à un creux de 8 semaines à moins de 4,52 PLN et est repassé à cette occasion sous son cours moyen annuel calculé à 4,54 PLN. Le prochain obstacle majeur sur la route descendante du taux de change se situe au niveau de 4,50 PLN.

 
EUR/CLP - Le Chili opère sa plus forte hausse de taux en 20 ans (-1,1% hier) : la banque centrale chilienne a surpris les marchés en opérant mardi soir une hausse de 75 pbs de son taux directeur de 0,75% à 1,50% alors que le consensus misait sur un rehaussement plus modeste de 50 pbs. La banque chilienne justifie son action dans son communiqué officiel par une réaction plus forte que prévu de la consommation privée aux mesures exceptionnelles déployées durant la pandémie. Le taux EUR/CLP a chuté de plus de -1% hier et reste orienté à la baisse ce matin, ce dernier évoluant à un creux de plus de 2 semaines à un peu plus de 911 CLP. La devise chilienne reste faiblement valorisée, elle que l'on a vu récemment en août toucher un creux de 10 mois face à l'euro à 935 CLP après une glissade de -12% en 4 mois. Aussi, le potentiel de revalorisation de la devise chilienne reste important, il reste à savoir néanmoins si des taux plus attractifs sera suffisant pour convaincre les investisseurs de racheter du peso chilien.


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