Actualités du marché des devises

août 31, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Nouveau signe de ralentissement en Chine,  un euro porté par la poussée de l'inflation en Europe

  

Tendance du jour : le début de séance est marqué par le rebond général de l'euro, lequel semble profiter de la perte d'attractivité du dollar mais également de bons fondamentaux économiques européens, et notamment de signaux de poussée de l'inflation en Europe. L'euro casse la barrière de 1,18 $ face au dollar ce matin, et consolide son retour de la veille au-dessus du seuil de 1,08 ₣ face au franc. La nouvelle de ce matin c'est la contraction de l'économie chinoise pour la première fois depuis 18 mois en août, laquelle pèse modestement sur le yuan mais aussi un certain nombre de devises asiatiques. L'ouragan Ida avance aux Etats-Unis et s'apprête à toucher l'Etat du Mississipi après un passage dévastateur en Louisiane. Toutefois, les dommages pourraient être moins importants que ceux provoqués par l'ouragan Katrina, Ida perdant en intensité à mesure de son avancée et a été rétrogradée en tempête tropicale. Les marchés apparaissent soulagés.

 
EUR/USD - Franchissement de la barrière de 1,18 $, un signal haussier ?   (+0,0% hier) : peu volatile hier en raison de la résistance de la barrière de 1,18 $, le taux EUR/USD parvient à casser ce seuil ce matin et accélère son rebond correctif pour osciller désormais à un pic de 3 semaines. Est-ce que le franchissement de ce seuil constitue un signal haussier pour les acheteurs d'euro ? Fort possible mais cela demande confirmation. Surtout que le rebond de la paire de change s'apparente surtout à une perte de vitesse du dollar, lequel semble pâtir du prolongement des effets du discours prudent vendredi dernier de la Fed. Peu soucieuse d'accélérer son processus de réduction de ses rachats d'actif (tapering) dans un environnement de hausse des contaminations de COVID aux Etats-Unis, la banque centrale américaine pourrait opérer à un virage monétaire et un cycle de normalisation plus graduel que prévu. Ainsi on observe depuis vendredi une forte réduction des anticipations de hausse de taux sur les marchés monétaires américains, et la hausse des doutes concernant un scénario de premier durcissement monétaire dès 2022. La baisse des anticipations monétaires se répercute sur les taux courts américains (taux 2 ans à un creux de 3 semaines à 0,20%), et donc par effet corolaire sur le dollar. Face à un dollar moins attractif, les investisseurs lui préfèrent un euro dont la valorisation a été vivement décotée ces derniers mois. La hausse du taux d'inflation harmonisé en Allemagne à un pic depuis 2008 de 3,4% au mois d'août ravive depuis hier quelques débats sur les implications monétaires que pourraient causer une hausse persistante des prix en Europe. À cet égard, on surveillera ce mardi la publication des estimations préliminaires d'inflation en Zone Euro qui sont attendues en nette hausse sur le mois d'août. L'indice sous-jacent pourrait doubler de 0,7% à 1,5%, et à ce titre entretenir le rebond correctif de la devise commune. Ce matin on observe une remontée plus forte que prévu de l'inflation en France et atteint un pic de presque 3 ans à plus de 2% (2,4%). La remontée de l'inflation en Europe nous renvoie à la réunion monétaire de la Banque centrale européenne du 9 septembre prochain durant laquelle on pourrait observer de premières discussions concernant la fin du programme quantitatif PEPP de 1850 Mds€ dont l'échéance arrive à terme en mars 2022.  Même si on n'attend pas de révolution monétaire en Zone Euro cet automne, l'existence de débats sur le sujet est déjà une avancée par rapport aux précédents mois, et pourrait ainsi servir d'argument à une revalorisation modeste de l'euro.

 
EUR/GBP - Un début de semaine timoré (+0,1% hier) : le taux EUR/GBP est très timoré sur ce début de semaine et oscille dans un couloir très étroit de prix de 0,8565-0,8580 £ (+/- 0,2%). L'absence de données macroéconomiques majeures au Royaume-Uni peut expliquer ce manque de vitalité de la paire de change. Cette inertie traduit néanmoins possiblement des difficultés parmi les investisseurs à se positionner (à la hausse ou à la baisse) dans le contexte actuel sachant que Zone Euro et Royaume-Uni sont sujets aux mêmes risques économiques (nouvelle vague pandémique et tensions sur les approvisionnements). Le prolongement d'un rallye des marchés actions américains et européens préfigure un environnement de risque plutôt propice à la livre sterling. Du moins, c'est le modèle de volatilité que l'on observait jusqu'à présent. On surveillera une rupture éventuelle de ce lien, tout comme une possible tentative de remontée du taux EUR/GBP au-dessus de 0,86 £, seuil qui se refuse à lui depuis presque 6 semaines.

 
EUR/CHF - Plus forte chute du franc depuis 6 mois (+0,7% hier) : le franc a enregistré lundi sa pire séance depuis 6 mois face à l'euro, celui-ci cédant près de -0,7% et clôturant à un creux de 2 semaines à plus de 1,08 ₣. Comment expliquer une telle chute ? Il est fort probable que l'effet combiné de craintes sur les perspectives suisses et de signaux de forte remontée de l'inflation en Europe ont dopé la paire EUR/CHF. En effet, hier on a observé un fort recul de l'indice économique avancé KOF - véritable baromètre conjoncturel de l'économie suisse -à un creux de 6 mois. Plus que le niveau affiché c'est la magnitude du recul de l'indice qui a interpellé, celui-ci enregistrant sa seconde plus forte dégringolade mensuelle (-17,4 pts) depuis le début de la série statistique en 1991. L'accélération de l'inflation en Allemagne à un pic de 13 ans à plus de 3% a redonné de l'élan à une paire de change qui en manquait cruellement. Le taux corrige légèrement ce matin malgré  de bons fondamentaux en Europe, notamment en France où le PIB au T2 est révisé à la hausse (1,1% T/T vs. 0,9% estimé) et l'inflation ressort à un niveau plus élevé que prévu à un pic de presque 3 ans de 2,4%. L'existence d'un seuil technique majeur à 1,0870 ₣ peut jouer et freiner les velléités ascendantes de l'EUR/CHF.

 
EUR/CNH- Première contraction en Chine depuis 18 mois (+0,1% hier) : les signes de ralentissement de l'économie chinoise se multiplient. Nouvelle évidence ce matin à l'occasion de la publication des indicateurs officiels PMI au mois d'août. Les chiffres indiquent une première contraction du secteur privé chinois depuis février 2020, laquelle est principalement influencée par le recul de l'activité des services en raison du retour de la pandémie en Chine. Le secteur manufacturier n'a pas réussi à compenser la contre-performance des services, celui-ci enregistrant une croissance quasi-nulle en août à cause des tensions sur les approvisionnements mondiaux et sa plus faible dynamique depuis février 2020. Dans ce contexte, on peut s'attendre à une possible action de la part des autorités monétaires et/ou gouvernementales chinoises pour soutenir l'économie. Un stimulus monétaire et fiscal fait d'autant plus sens que la confiance des investisseurs étrangers s'est vivement érodée cet été sous le coup du tour de vis adressé par Pékin en termes de réglementation. Cette semaine, c'est l'industrie des jeux vidéo qui est dans le viseur des autorités chinoises qui viennent d'imposer des mesures de régulation destinées à limiter le temps de jeu à 3 heures par semaine pour les personnes encore mineures. L'indice action CSI 300 listant des entreprises cotées à Shanghai et Shenzhen recule légèrement ce matin et reste à hauteur de ses plus bas de l'année. Le yuan est en léger recul ce matin face à l'euro et oscille à un creux de 2 semaines à presque 7,64 ¥.

 
EUR/NOK - La couronne prolonge son rallye (-0,4% hier) : en l'espace de 6 séances, la couronne norvégienne vient de s'apprécier de +3% face à l'euro, ou un rebond qui lui a permis d'atteindre hier un pic de quasiment 8 semaines face à l'euro. Les pressions haussières sur le pétrole causées par le soulagement des marchés sur l'approche prudente de la Fed mais aussi les tensions sur la production de brut aux Etats-Unis en raison du passage de la tempête Ida offrent un tremplin à la couronne. La forte perte de vitesse des conservateurs dans les sondages en amont des élections parlementaires du 13 septembre et le probable changement d'orientation politique de la prochaine coalition dirigeante (probablement de gauche) ne semblent pas perturber la devise norvégienne. Celle-ci enregistre une pause dans son rebond ce matin et pâtit du regain de forme général de l'euro ce mardi.


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