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Actualités du marché des devises

sept. 03, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Jour de l'emploi aux Etats-Unis :  le dollar parviendra-t-il à stopper l'hémorragie ?

 
Tendance du jour : on assiste ce matin à un début de séance assez calme, les positions semblant figées sur les marchés des changes avant la publication cet après-midi des très attendus chiffres de l'emploi aux Etats-Unis (14h30). Le rebond ce matin des marchés actions japonais sur des niveaux quasi-historiques après la décision surprise du premier japonais Yoshihide Suga de ne pas briguer un nouveau mandat entretient l'appétit au risque des investisseurs et maintient l'euro sur une dynamique haussière face au dollar et au yen. On relève ce matin l'extension du rallye du dollar australien (+2% en 2 semaines) après l'annonce d'un accord trouvé par le gouvernement australien avec le Royaume-Uni pour acquérir 4 millions de doses de vaccin. Le yuan accentue son repli face à l'euro après la publication ce matin d'une nouvelle enquête d'activité montrant une contraction des services dans le secteur privé chinois. En Turquie, l'inflation continue de progresser malgré les hausses de taux de la banque centrale et monte à un pic de plus de 2 ans à plus de 19%. La livre turque chute brutalement ce matin (-0,7% face à l'euro). Le baht thaïlandais accentue sa correction ce vendredi (-1,8% en 3 jours) alors que s'observe une forte recrudescence des infections en Thaïlande (plus de 20k recensés hier contre seulement 9k le 1er septembre).

 
EUR/USD - L'euro prolonge son rebond (+0,3% hier) : le taux EUR/USD a enchaîné jeudi une 5ième séance de hausse consécutive - plus longue série depuis un mois - et porté ses gains à 1% sur cette période. La paire de change enregistre même un gain total de +1,7% depuis son dernier point bas touché deux semaines auparavant à moins de 1,17 $, et oscille désormais à un pic de 4 semaines non loin du seuil de 1,19 $. Dans la continuité des séances précédentes, l'euro a été porté par l'environnement global d'appétit au risque qui a ramené les marchés actions américains et européens sur de nouveaux niveaux records (ou presque pour l'Europe), mais aussi les spéculations actuelles concernant une possible réduction du soutien monétaire de la BCE dès cette année. En effet, à une semaine de la nouvelle réunion monétaire de la banque centrale européenne, une enquête réalisée par l'agence d'information Bloomberg et relayée sur son site ce matin (lien) montre un consensus autour d'une réduction progressive entre septembre et mars des rachats d'actif mensuels du programme quantitatif d'urgence déployé durant la pandémie dont le montant s'élève à 1850 Mds€. L'amélioration des conditions économiques et la poussée des prix en Europe (inflation recensée à 3% en août) justifierait, selon les économistes sondés, un ajustement de la politique de soutien. Il reste à savoir néanmoins si la banque centrale se saisira du prétexte de la publication en septembre de ses nouvelles projections économiques et d'une probable révision à la hausse des projections de croissance et d'inflations sur 2021 pour annoncer un changement de stratégie. Cela paraît trop soudain, surtout que les responsables européens n'ont pas assez de recul encore sur l'évolution de la situation pandémique, l'impact des tensions sur les approvisionnements sur l'économie, et surtout sur l'évolution de l'inflation. Au mieux, elle pourrait préparer le terrain en septembre en vue d'une action plus tard dans l'année (octobre ou décembre). Le dollar de son côté n'est pas aidé par la tension habituelle qui entoure chaque mois la parution des nouveaux chiffres de l'emploi. Après un résultat assez décevant des chiffres ADP dans le privé mercredi, les marchés ont peu réagi hier à la publication d'une baisse un peu plus importante que prévu des inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage (+340k vs. 354k la semaine passée et consensus à 345k). S'il s'agit tout de même du plus bas niveau enregistré depuis le début de la pandémie en mars 2020, au regard des investisseurs il ne s'agit pas pour autant d'un progrès assez important pour pousser la Fed à avancer son programme de tapering. La donne pourrait toutefois changer si les créations d'emploi sur août se révèlent meilleures que prévu et qu'en parallèle on observe une accélération des salaires susceptible de stimuler l'inflation. Le consensus mise sur 750k créations, soit un volume inférieur de celui de 943k recensé en juillet mais néanmoins bien supérieur aux résultats enregistrés sur le début de l'année. Le chômage pourrait lui reculer à 5,2% (vs. 5,4% en juillet) et ainsi toucher un nouveau point bas depuis mars 2020. Il n'y aura pas que l'emploi à surveiller ce vendredi mais aussi les enquêtes d'activité dans le secteur des services en Zone Euro (révision des indicateurs PMI) et aux Etats-Unis (enquête ISM), et les statistiques de vente au détail en Zone Euro.  Pour l'heure, l'EUR/USD débute timidement cette journée riche en chiffres économiques et se maintient sur ses niveaux de la veille.

 
EUR/GBP - La barrière de 0,86 £ tient bon (-0,2% hier) : pour la seconde séance consécutive, le taux EUR/GBP s'est cassé les dents sur la barrière de 0,86 £, et a en retour corrigé, lui qui restait sur trois séances consécutives de hausse. Cela fait maintenant 6 semaines que la paire de change oscille sous ce niveau qui fait figure de ligne médiane du couloir de 0,85-0,87 £ dans lequel le taux a passé le plus clair de son temps entre février et aujourd'hui. Depuis son creux de 18 mois touché fin août à 0,8450 £, l'EUR/GBP enregistre un mouvement correctif de +1,6%. Ce rebond est principalement tiré par une revalorisation générale de l'euro depuis deux semaines mais aussi la montée des doutes sur les impacts des goulets d'étranglement internationaux sur les chaînes de valeur au Royaume-Uni. La région est très dépendante de l'étranger pour l'approvisionnement de certains produits, notamment les pièces détachées industrielles ou encore les produits agricoles, or avec le durcissement des contrôles frontaliers avec l'Union Européenne depuis le Brexit et l'explosion du fret maritime en provenance d'Asie et de Chine (premier pays d'import du Royaume-Uni devant l'Allemagne) des tensions pèsent sur les approvisionnements. Si on commence à avoir des faisceaux de preuve des dommages collatéraux que provoque cette situation (à travers notamment des enquêtes de sentiment), le manque néanmoins de statistiques sur le sujet limite pour le moment les mouvements vendeurs sur la livre sterling. À suivre ce vendredi la publication outre-Manche des résultats finaux des enquêtes d'activité dans les services en août.

 
EUR/JPY - Les actions montent, mauvaise nouvelle pour le yen (+0,2% hier) : ce matin les actions japonaises sont tout feu tout flamme et bondissent à un pic depuis 1991 (indice Topix). Si l'environnement est récemment plus favorable aux prises de risque depuis notamment Jackson Hole où la Fed y a délivré un message plus prudent que prévu, ce n'est pas l'unique raison de l'excitation ce matin des investisseurs japonais. Ces derniers réagissent vivement à l'annonce surprise de la non-nomination du premier ministre japonais Yoshihide Suga à la primaire du Parti libéral démocrate (PLD), ce qui l'exclut automatiquement d'une possible reconduction à la tête du gouvernement après les élections législatives programmées cet automne au Japon. Les investisseurs y voient là une opportunité d'avoir un nouveau dirigeant qui conduira une politique sanitaire plus efficace que son prédécesseur. Le yen est une nouvelle fois pénalisé par la bonne performance des actions, lui qui évolue inversement avec la volatilité de cet actif en raison de son profil de valeur "refuge". Le taux EUR/JPY reste orienté à la hausse ce matin et oscille désormais juste au-dessus du seuil de 130,5 ¥, soit son plus haut niveau depuis presque 8 semaines (13 juillet 2021). Des chiffres de l'emploi mitigés aux Etats-Unis pourraient entretenir l'idée d'un maintien prolongé de conditions de crédit accommodantes, et donc entretenir le rallye des actions. Un tel scénario accentuerait les pressions sur le yen.

 
EUR/CHF - Un palier clé à l'approche (+0,1% hier) : sous l'impulsion d'un rebond généralisé de l'euro jeudi, le taux EUR/CHF a accentué sa revalorisation et clôturé la séance au-dessus du seuil de 1,0850 ₣ à un plus haut depuis quasiment deux mois. La paire de change est désormais à proximité du seuil clé de 1,0870 ₣ qui a joué plusieurs fois dans un passé récent un rôle de support/résistance. Approcher cette barrière pourrait avoir un impact psychologique et possiblement atténuer les pressions haussières s'exerçant actuellement sur la paire de change. C'est ce qui semble être le cas ce matin. La dynamique générale reste tout de même haussière, le franc et ses taux négatifs étant pénalisé par le regain d'intérêt des investisseurs pour les actifs risqués mais aussi la remontée depuis quelques jours des taux obligataires européens, bien que ces derniers aient observé un petit coup de mou hier. La publication par ailleurs de chiffres de croissance en Suisse un peu en-dessous des attentes au second trimestre (+1,8% T/T vs. consensus +2,0%) a possiblement également pesé sur la contre-performance du franc hier.

 
EUR/AUD- Le coup de froid du mois d'août quasiment oublié pour le dollar australien (-0,2% hier) : profitant de la hausse du sentiment des investisseurs et de leur nouvelle appétence aux risques, le dollar australien en profite pour se revaloriser lui que l'on avait vu chuter le mois dernier à un creux annuel face à l'euro. Dans la continuité des précédentes séances de la semaine, la bonne humeur des marchés mais aussi les récents bons fondamentaux économiques publiées en Australie (rebond plus fort que prévu du PIB au T2, surplus commercial record en juillet) ont entretenu un nouveau rebond jeudi du dollar australien face à l'euro. Celui-ci enregistre désormais un gain de plus de 2% sur les deux dernières semaines, ce qui lui permet aujourd'hui d'avoir quasiment effacé les -3% de pertes subies mi-août. Malgré la révision à la baisse ce matin du résultat de l'enquête PMI des services qui montre une contraction plus prononcée de ce secteur en août en Australie (plus faible performance depuis mai 2020), le dollar australien poursuit son rallye ce matin et le taux EUR/AUD teste actuellement le seuil de 1,60 A$ alors que l'on apprend ce matin que le gouvernement australien a sécurisé 4 millions de doses du vaccin Pfizer grâce à un accord conclu avec le Royaume-Uni. Avec moins de 30% de la population entièrement vaccinée, l'Australie est à la traîne sur la vaccination par rapport aux autres pays de l'OCDE.

 
EUR/ZAR - Une pause tout à fait naturelle du rand sud-africain (+0,6% hier) : la devise sud-africaine était en passe hier d'enregistrer sa 9ième séance consécutive de hausse face à l'euro et d'accentuer son gain cumulé à 5% sur cette période, or la dynamique s'est inversée dans la journée et la devise a finalement fini dans le rouge. Une telle série est impressionnante et n'avait été réalisée qu'à trois reprises depuis l'introduction de l'euro en 1999 (deux séries de 9 et une série de 10 séances consécutives de hausse du ZAR). L'aspect psychologique du franchissement de la barrière de 17,0 ZAR semble avoir eu raison des pressions haussières s'exerçant sur le rand. Il faut dire que cette barrière tient bon depuis mi-juillet et constitue un support important réfrénant les mouvements baissiers du taux EUR/ZAR. Les investisseurs ont très certainement saisi l'opportunité d'empocher leurs bénéfices sur ce niveau en attendant de revenir se repositionner sur des niveaux plus bas du rand. Une pause apparaît tout à fait naturelle après un mouvement d'une telle ampleur. Néanmoins le contexte de marché actuel est favorable aux actifs émergents offrant de hauts rendements comme le rand, aussi le potentiel correctif baissier sur la devise sud-africaine apparaît limité tant que les niveaux de volatilité générale restent bas.

 
EUR/COP - Correction brutale du peso colombien (+1,2% hier) : le peso colombien qui restait sur un rebond de plus de +2% en 7 séances et de +5% en moins de quatre semaines face à l'euro a subi jeudi une correction brutale de plus de 1%. Le taux EUR/COP était retombé mercredi à un creux de quasiment 2 mois à 4440 COP, un niveau du peso que les marchés ont jugé un peu trop élevé et qui peut expliquer la correction de la veille.


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