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Actualités du marché des devises

mai 20, 2019 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

Séance du 20 mai 2019 – Sommaire :

  • Volatilité réduite sur les marchés des changes ce matin. Très léger regain d’appétit au risque en l’absence de nouvelles tensions entre la Chine et les Etats-Unis. Fort rebond du dollar australien après la victoire surprise ce weekend de la coalition dirigeante lors des élections législatives australiennes.
  • EUR/USD stable à $1,1150 ce matin. Pas de signes de redressement de la paire alors qu’on entame la dernière ligne droite avant les élections européennes qui auront lieu entre le 23 et 26 mai au sein des 28 pays membres de l’UE.
  • Légère correction de la paire EUR/GBP après avoir atteint un pic de 3 mois à presque £0,88 vendredi dernier après l’annonce d’une rupture des négociations entre le gouvernement et le camp travailliste.
  • Rebond de près de +0,9% du dollar australien face à l’euro à A$1,61 après la victoire surprise de la coalition dirigeante du premier ministre Scott Morrison aux élections générales alors que les derniers sondages lui prédisaient un revers.
  • Rebond de plus de 1% des prix du pétrole (Brent à $,73) et revalorisation des devises pétrolières : +0,2% pour le dollar canadien (C$ 1,4980), +0,3% pour la couronne norvégienne (NOK 9,79), +0,4% pour le rouble russe (RUB 71,9)
  • Rebond de plus de 1% de la roupie indienne face à l’euro (INR 77,5) après que les premiers rapports post-élection annoncent une victoire du parti du premier ministre N. Modi (BJP) aux élections générales

USD

USD – Minutes de la Fed (mercredi) : Mercredi soir, la réserve fédérale américaine publiera le compte rendu de sa dernière réunion monétaire qui s’est déroulée le 30 avril et 1er mai dernier, l’occasion pour les investisseurs d’observer si du côté de la banque centrale la question d’une pause monétaire cette année est un choix entériné qui ne bougera pas ou si, sous couvert d’une bonne performance prolongée de l’économie américaine, une nouvelle hausse de taux cette année est un scénario qui peut être envisagé. Les marchés sont pour le moment unanimes et estiment qu’aujourd’hui il existe une bien plus forte probabilité que la Fed réduise son taux directeur cette année qu’elle ne l’augmente. Sur les marchés à terme, les valorisations des contrats sur les taux de la Fed signalent aujourd’hui une probabilité de 70% d’un desserrement monétaire d’ici la fin de l’année 2019. Les investisseurs estiment que l’économie américaine arrive peu à peu au bout de son cycle de croissance et qu’une décélération est inévitable. Celle-ci pourrait d’ailleurs être accélérée par la multiplication des risques externes et plus particulièrement par un regain de tensions sur le volet commercial.

Orientation & Volatilité : Les marchés seront très attentifs au moins signal suggérant que la Fed ne ferme pas la porte définitivement à une hausse de taux cette année. Un tel positionnement viendrait quelque peu réduire les spéculations monétaires qui clairement, de manière unilatérale, anticipent une prochaine baisse de taux aux Etats-Unis et par conséquent alimenter de nouvelles pressions haussières sur le dollar. Cela sera-t-il suffisant pour conduire l’EUR/USD sur des nouveaux points bas annuels, sous $1,11 ? Fort possible, mais le maintien de la paire de change sur des niveaux de valorisation aussi basse (plus bas niveau depuis plus de 2 ans) dépendra du comportement en parallèle de l’euro.  

ZAR

ZAR – Fin de semaine chargée pour le rand : inflation (mercredi), réunion monétaire (jeudi) et note de crédit Standard & Poor’s (vendredi) : Déjà très volatile ces dernières semaines pour cause de retour des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, le rand sud-africain pourrait vivre de prochains jours très agités. Depuis la fin d’année dernière, l’Afrique du Sud a réussi à stabiliser son inflation et la ramener sous le seuil de 5% (4,5% en mars), cela en partie grâce aux efforts de la banque centrale sud-africaine (SARB) qui n’a pas hésité à remonter son taux directeur d’un quart de point (+25pbs, de 6,50% à 6,75%) en novembre dernier pour contenir de fortes pressions sur les prix qui pesaient lourdement sur la consommation domestique et constituait un véritable frein pour l’économie sud-africaine. Si les effets ont été immédiats, on remarque néanmoins un début d’accélération des prix sur les derniers mois qui laisse à penser que les effets de ce resserrement monétaire commence déjà à s’atténuer. Au regard des nouvelles statistiques d’inflation publiées mercredi en Afrique du Sud, les marchés seront surtout attentifs aux réactions des banquiers centraux qui découleront à l’occasion de la réunion monétaire de trois jours qui devrait vraisemblablement se conclure jeudi par un statu quo (consensus unanime). À la sortie de cette réunion, les investisseurs n’auront pas de répit et auront leur regard tourné en direction de la nouvelle note de crédit publié par l’agence de notation Standard & Poor’s. Dans un contexte de retour de la volatilité sur les marchés financiers mondiaux, de fragmentation du pouvoir en Afrique du Sud (représentation de l’ANC au sein du nouveau Parlement inférieure à 60% = 1ière historique depuis les première élections démocratiques de 1994) et de maintien d’un phénomène de chômage de masse dans le pays (taux de chômage de 27,6% au T1 2019), l’agence pourrait à nouveau soulever la menace d’une prochaine dégradation de la note de crédit du pays si celui-ci s’évertuait à ne pas accélérer son calendrier de réformes.  

Orientation & Volatilité : Les nouvelles frictions commerciales observées ces dernières semaines et la hausse des comportements d’aversion au risque que celles-ci ont entrainé sur les marchés financiers ont lourdement impacté les devises émergentes considérées par les acteurs de marché comme plus risquées que les devises développés, et notamment celles de pays aux économies actuellement très fragiles ou en convalescence. C’est le cas de l’Afrique du Sud et du rand d’où l’observation de l’EUR/ZAR sur de haut niveau de valorisation, la paire évoluant depuis 3 mois autour du seuil de ZAR 16,0 dans un couloir relativement large de ZAR 15,6 - ZAR 16,6 (+/- 6,4%). De nouvelles pressions baissières pourraient s’abattre sur le rand en cas de mouvement de ventes massives d’actifs émergents consécutif à un pic de volatilité sur les marchés financiers, de montée des craintes qu’une nouvelle hausse de taux en Afrique du Sud pourrait freiner l’activité de crédit ou émergence d’une menace de déclassement de la note de crédit de l’Afrique du Sud. Un repli du rand pourrait alors offrir un tremplin à la paire EUR/ZAR pour l’envoyer tester, dans un premier temps, la barrière de ZAR 16,25 sur laquelle elle plafonne depuis le mois d’avril. Une atténuation des craintes et un effet de soulagement pourrait au contraire offrir un peu de répit aux acheteurs de rand et ainsi entraîné une correction de l’EUR/ZAR sous le seuil de ZAR 16,0.

EUR

EUR – Fondamentaux économiques éclipsés par un contexte politique houleux ? (1) : Après avoir enchainé cinq séances consécutives de recul face au dollar américain, l’euro pourrait rester très fébrile à l’orée d’une semaine sous haute tension qui pourrait marquer un nouveau virage pour la devise. Le contexte général de regain de tensions entre la Chine et les Etats-Unis et de montée des inquiétudes, notamment en provenance d’Italie, à l’approche des élections européennes qui se tiendront à la fin de semaine (23-26 mai) au sein des 28 pays membres de l’Union Européenne (Royaume-Uni inclus) pèsent lourdement sur l’euro et sa valorisation. À nouveau valorisé à moins de $1,12 et non loin de son plus bas niveau annuel ($1,1110), l’euro menace sérieusement de décrocher à nouveau en cas de nouvelles turbulences et fractures politiques en Europe. À l’image de l’ensemble des récentes élections majeures qui se sont déroulés ces dernières années au sein de pays européens, ce scrutin pourrait être le théâtre d’une véritable percée de mouvements nationalistes aux opinions clairement eurosceptiques et parfois très peu rigoureux en matière de dépenses budgétaires (politique de relance expansionniste). Reste à savoir quel sera leur poids au sein du nouveau Parlement européen et leur pouvoir de nuisance (réelle capacité de s’unir ?) alors que jusqu’à présent ces formations étaient réparties dans plusieurs familles politiques au sein de l’hémicycle européen. Les récents sondages suggèrent qu’au total, ces partis pourraient s’emparer de près d’un tiers des sièges du nouveau Parlement, seulement l’histoire récente nous oblige à rester très prudents dans l’interprétation des sondages (encore le cas en Australie ce weekend). Les craintes actuelles ressenties sur les marchés des changes proviennent d’Italie depuis l’annonce faite la semaine dernière par le vice-premier ministre italien et leader de la Ligue du Nord (extrême-droite) évoquant une possible hausse des dépenses publiques en Italie et le non-respect des critères budgétaires européens (plafonnement des déficits publics à 3% du PIB et de la dette publique à 60% du PIB). Une large victoire de la Ligue du Nord lors de ces élections, avec une marge d’avance confortable avec son partenaire de coalition du Mouvement 5 Etoiles de Luigi di Maio, pourrait déséquilibrer l’équipe dirigeante actuelle en faveur du premier et relancer les spéculations de rupture du duo, laquelle entrainerait alors de nouvelles élections générales au sein de la 3ième économie de la Zone Euro. De manière générale, un Parlement européen sous influence de groupes politiques eurosceptiques serait un très mauvais signe envoyé à des marchés d’où se dégage actuellement une certaine dose de défiance vis-à-vis des actifs européens.

Orientation & Volatilité : Devant déjà se débattre tant bien que mal pour garder la tête hors de l’eau (au-dessus de $1,11), l’euro surveillera avec grande attention les résultats préliminaires des enquêtes d’activité au mois de mai et plus particulièrement le comportement de l’économie allemande au retour de tensions entre Pékin et Washington et à la dégradation de l’environnement économique global. Si l’euro parvient à se sortir indemne des obstacles qui se présentent à lui cette semaine, la devise pourrait bénéficier à la fois d’un effet simultané de décompression des peurs et de soulagement général sur lequel il pourrait s’appuyer pour se renforcer modestement, et pourquoi pas approcher le niveau de $1,13 (« seuil plafond » observé depuis la fin mars sur l’EUR/USD).

GBP

GBP - Fondamentaux économiques éclipsés par un contexte politique houleux ? (2) : Lors d’une semaine marquée par la publication mercredi des nouvelles statistiques d’inflation (mercredi) et des ventes au détail (vendredi), c’est très certainement une nouvelle fois l’actualité politique qui devrait fortement influencer la volatilité de la livre sterling. Sous couvert d’un contexte politique hautement incertain à l’aune de l’organisation au Royaume-Uni d’un scrutin européen jugé illégitime par un très grand nombre de partisans du Brexit, les fondamentaux pourraient une nouvelle fois être relégué au second plan. Faute d’accord trouvé entre le gouvernement et les travaillistes ces dernières semaines, les citoyens vont devoir se rendre aux urnes ce jeudi pour élire les nouveaux députés britanniques qui siègeront au sein du Parlement européen… du moins au plus tard jusqu’à fin octobre, date officielle à laquelle le Royaume-Uni est censé quitter définitivement l’Union Européenne. La situation est clairement ubuesque et Theresa May sent depuis quelques jours le vent tourner et ses jours à la tête du gouvernement semblent désormais compter. Allons-nous assister à une « fronde » contre la cheffe du gouvernement ? De nombreuses questions entourent le profil de son éventuel remplaçant ou l’éventualité en cas de départ prématuré de May d’une nouvelle élection générale anticipée dans le pays. Les investisseurs sont bien conscients que cela rebattrait fortement les cartes et la perspective d’un divorce brutal pourrait être considéré (à nouveau) comme un scénario potentiel à ne pas négliger. Rien n’est encore joué mais face à la montée des incertitudes politiques dans le pays, dans un contexte global déjà hautement dégradé par le retour de tensions commerciales mondiales, la livre sterling redevient dans le monde des devises le « vilain petit canard » dont il est préférable de rester à l’écart le temps que la situation se stabilise et l’horizon s’éclaircisse.

Orientation & Volatilité : Revenu la semaine dernière à un pic de 3 mois après un rebond de plus de 3% en deux semaines, la dynamique haussière de la paire EUR/GBP pourrait se voir freiner un temps par la présence d’un seuil de résistance au niveau de £0,8850. Toutefois, celui-ci pourrait rapidement céder en cas de nouvelles turbulences politiques ravivant les spéculations de « hard Brexit » ou divorce sans accord entre Londres et Bruxelles. Dans ce cas précis, le cours EUR/GBP pourrait prendre la direction du seuil de £0,90.


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