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Actualités du marché des devises

juin 17, 2021 | Analyse du marché des devises

Thèmes globaux

La Fed fait vrombir le dollar... mais aussi le yuan (pic d'un an Vs. EUR)

Tendance du jour : les marchés se réveillent ce matin avec en tête les déclarations hier de la Fed et la surprise causée par une remontée plus forte que prévu des anticipations de hausse de taux avec deux hausses désormais anticipées par la banque centrale américaine à horizon 2023. Le dollar (1,20 $) se refait une santé et à l'inverse l'euro paie le prix de la mise dans la lumière en juin de divergences monétaires entre les Etats-Unis et la Zone Euro. Le yuan profite de la faiblesse de l'euro pour toucher un pic d'un an face à la devise européenne à moins de 7,70 ¥. Les devises pétrolières et certaines devises émergentes comme le rand voient d'un mauvais oeil le possible changement de cap monétaire aux Etats-Unis. À l'inverse le yuan accueille positivement un possible retour de la volatilité sur les marchés financiers. On suivra ce jeudi les réactions aux décisions monétaires en Suisse, Norvége et Turquie.

 
EUR/USD - La Fed fait vrombir le dollar : les marchés ne l'avaient pas vu venir. Alors que les regards se portaient principalement sur l'orientation du programme quantitatif et la légitimité de continuer à pomper chaque mois 120 Mds$ de liquidités via des rachats d'actifs, c'est finalement l'évolution des projections monétaires, ou "Dot Plot", qui ont créé la surprise. Pour rappel en mars dernier on recensait une petite minorité (7/18) de membres du FOMC qui tablait sur une première hausse de taux à horizon fin 2023. En juin, ils sont désormais deux fois plus à envisager ce scénario (13/18) et surtout une petite majorité (11/18) envisage même possiblement au moins deux hausses de taux d'ici 2023. Donc pas de "tapering" pour le moment ; même si de l'aveu du gouverneur central américain Jerome Powell le sujet a enfin été abordé en juin et que l'on peut imaginer que la Fed passe à l'action dès septembre ; mais une planification de resserrement monétaire plus rapide que prévu. En reconnaissant que les goulets d'étranglement sur les chaînes d'approvisionnement mondiales ainsi que les difficultés de recrutement dans certain secteur et le surplus d'épargne des ménages accumulé par les ménages durant la pandémie pourrait créer d'importants déséquilibres ente l'offre et la demande et causer finalement des pressions inflationnistes plus fortes et persistantes que prévu, Jerome Powell reconnaît à demi-mot qu'un ajustement de stratégie monétaire est nécessaire. À cet égard, on relèvera que la Fed a relevé ses projections d'inflation sur la période 2021-2023 et qu'elle voit la croissance des prix à la consommation être au-dessus de son objectif de long terme de 2% sur cette période (3,4% en 2021, 2,1% en 2022 et 2,2% en 2023). L'effet de surprise provoqué par ces nouvelles projections monétaires a fait bondir les taux souverains américains.  Les rendements à 10 ans ont ainsi bondi de +7pbs hier et atteint un pic d'une semaine à 1,57% tandis que les rendements 2 ans ont progressé de presque +4pbs et enregistré sa plus forte progression en séance depuis près de 4 mois. Le dollar a bénéficié d'un large regain de flamme des investisseurs et s'est apprécié de +1,1% face à l'euro, soit sa meilleure performance journalière depuis mars 2020. Le taux EUR/USD a glissé sous le seuil de 1,20 $ pour la première fois en 6 semaines et poursuivant son repli ce matin (1,1980 $). Les divergences de positionnement entre la Fed et la BCE sont flagrantes après les réunions de juin et indiquent clairement l'avance prise par la banque centrale américaine sur sa consœur européenne en matière de transition entre une politique ultra accommodante et un cycle de resserrement monétaire. Cela sera-t-il suffisant pour amorcer un nouveau repli de la paire EUR/USD comme celui observé au premier trimestre (-5%) ? On surveillera la dynamique du taux de change néanmoins la situation sanitaire en Europe est nettement plus stable qu'à l'hiver dernier aussi cela pourrait limiter (dans un premier temps) la magnitude de la correction.

 
EUR/GBP - la livre sterling titille ses plus hauts niveaux depuis 10 semaines : comme évoqué dans la note journalière hier, la livre sterling a positivement accueilli l'accélération de l'inflation au Royaume-Uni et le rebond de l'indice de croissance des prix à la consommation en mai à un niveau supérieur à l'objectif de long terme de la Banque d'Angleterre fixé à 2%. La hausse des prix pourrait en effet nourrir des débats autour d'une réduction des rachats d'actif puis possiblement d'une hausse de taux que les observateurs les plus optimistes anticipent pour 2022. La devise britannique a cassé hier le support de 0,8580 £ et oscille désormais à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 10 semaines face à l'euro. Amorphe depuis des semaines, la livre sterling semble reprendre un peu de poil de la bête mais il est encore trop tôt pour dire qu'une tendance se dégage. Tant que l'on n'assiste pas à une sortie du couloir de 0,85-0,87 £ on reste en position d'observation. Il n'y a pas de données économiques majeures à suivre ce jeudi au Royaume-Uni, aussi il faudra attendre demain et la publication des chiffres de ventes au détail pour voir possiblement la devise britannique s'emballer un peu.

 
EUR/JPY - Le yen profite de la correction des actions : les annonces de la Fed ont fait chuter hier la bourse américaine, l'indice S&P 500 perdant -0,5% et l'indice de valeurs technologiques Nasdaq cédant -0,2%. Le spectre d'un changement de cap monétaire de la banque centrale américaine dans les prochaines semaines/mois fait craindre un arrêt soudain du rallye boursier débuté fin mars 2020. Le yen en a profité pour rebondir hier de +0,5% face à l'euro et se repositionné sous le seuil de 133 ¥. La chute ce matin des indices boursiers asiatiques pousse le yen vers le haut.et à un pic de 3 semaines face à l'euro (132,6 ¥) à la veille d'une réunion monétaire au Japon.

 
EUR/ZAR - Le rand sud-africain subit le contre-coup de la Fed : la devise sud-africaine a été pénalisée hier par une réduction de l'appétit au risque sur les marchés financiers après la décision de la Fed et la publication de projections monétaires indiquant un probable resserrement monétaire plus rapide que prévu en 2023. Le rand a abandonné -0,8% face à l'euro et clôturé la séance à son plus bas niveau depuis 3 semaines à hauteur de 16,80 ZAR. Ce matin, la devise sud-africaine regagne un peu de terrain mais les gains restent pour le moment très modestes.

 
EUR/BRL - Le réal brésilien casse la résistance de 6,10 BRL : sans surprise la banque centrale brésilienne a opéré hier soir une hausse de +75pbs de son taux directeur à 4,25% - sa 3ième hausse cette année (+225 pbs en cumulé) - et laissé entendre qu'elle pourrait ne pas s'en arrêter là dans son cycle de resserrement monétaire, la banque citant la problématique de l'inflation pour justifier de possibles nouveaux ajustements à venir. En marge de cette annonce, le taux EUR/BRL a cassé le seuil support de 6,10 BRL au-dessus duquel il oscille de manière permanente depuis le mois d'août 2020. Le réal brésilien reste orienté à la hausse ce matin et prend la direction de la barrière de 6,0 BRL, prochain obstacle majeur sur sa route qu'il n'a plus atteint depuis le mois de juillet 2020.

 
EUR/CNH - Un yuan à deux vitesses et un taux EUR/CNH à un plus bas depuis un an : comparé au dollar, le yuan se contracte vivement ce matin et cède presque -0,5% pour retomber à un creux de plus de 3 semaines à presque 6,43 ¥. La devise chinoise est en passe de subir sa pire séance depuis 4 mois à cet instant. Face à l'euro, on observe une dynamique totalement inverse. La devise chinoise engrange près de +1% de gains depuis hier et vient ce matin toucher un pic d'un an en venant franchir la barrière de 7,70 ¥. Celle-ci constituait un support majeur depuis le début de l'année, aussi son franchissement envoie le signal d'une nouvelle trajectoire baissière du cours EUR/CNH. Le retour sous les feux des projecteurs d'une divergence de dynamique monétaire entre l'Europe et les Etats-Unis bénéficie au dollar mais aussi dessert grandement l'euro. Ce dernier devait en partie sa bonne performance récente à la faiblesse récurrente de la devise américaine. Or le regain de vigueur depuis hier de cette dernière vient contrebalancer l'appétit pour l'euro. Cela semble la principale raison de ce mouvement de repli de la paire EUR/CNH car en regardant de plus près les nouvelles en provenance de Chine ne sont pas très bonnes. Hier, on a vu de nouveaux signaux de ralentissement de la reprise en Chine à travers la publication de statistiques de production industrielle (8,8% A/A Vs. 9,8% en avril) et de ventes au détail (12,4% A/A Vs. 17,7% en avril) en recul et en-dessous des attentes. La moyenne mobile 7 jours des nouveaux cas de contaminations recensés en Chine restent pour le moment à hauteur de ses plus hauts niveaux depuis 4 mois même si on est sur des volumes très modestes (25 nouveaux cas/jour en moyenne). On peut néanmoins penser que le rebond modeste de la bourse chinoise ce matin après trois séances consécutives de repli participe quelque peu à soutenir la dynamique de revalorisation du yuan face à l'euro. Le prochain support important pour la paire EUR/CNH se situe désormais au niveau de 7,65 ¥.


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